Les résistances caractérielles

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Les résistances caractérielles

Message par ananie le Ven 17 Fév 2012 - 8:44

Rappel du premier message :

Wilhem Reich, un psychanalyste disciple de Freud a développé toute une technique pour débloquer le travail thérapeutique.
Freud disait que pour vraiment guérir, il faut se souvenir des traumatismes, et en parler, mais en parler avec de l'affect, des émotions.

Wilhem Reich s'est rendu compte que bien souvent, les gens parlaient, découvraient des choses intellectuellement, mais n'avait pas vraiment accès aux souvenirs et aux émotions qu'ils contenaient.
Il explique cela en disant que nous avons tous une défense caractérielle, c'est à dire, un caractère, un comportement que nous avons construit, comme une défense, pour ne pas ressentir tout ce que nous refoulons.
Et cette défense caractérielle empêche tout travail sur soi.

Ainsi Reich explique que pour qu'une thérapie réussisse, il faut d'abord mettre à jour cette défense, et l'analyser en profondeur pour la défaire.
Une fois défaite, les affects et souvenir remontent d'eux mêmes facilement.

Cette défense a ses causes dans le passé, mais Reich dit qu'il ne faut au départ l'analyser que dans le présent. Les causes sortiront ensuite toutes seules.

Je trouve qu'il est très intéressant, dans le travail sur soi d'essayer de découvrir la défense caractérielle que nous avons mise en place pour refouler ce qui nous dérange.
- Pour certains, cette défense consiste à se positionner en victime : je me plains du fait que l'on me rejette, que l'on me dévalorise. Attribuer cette dévalorisation aux autres me permet de ne pas voir que je me sens moi même dévalorisé. Et cela m'empêche de travailler sur ce sentiment en moi.
- Pour d'autres se sera de se sentir supérieur : me sentir supérieur aux autres me permet de ne pas sentir ce sentiment d'infériorité ou de soumission que je porte au fond de moi.
- Pour d'autres se sera d'être extrêmement poli, gentil, trop même, quitte à se laisser marcher sur les pieds. Reich dit que ces personnes portent souvent énormément de colère en elle, et qu'être extrêmement poli leur permet de ne pas la ressentir.

Il y a une multitude de systèmes de défenses, mais si on veut vraiment avancer, je crois qu'il faut découvrir le sien, et se forcer un peu pour arrêter de le mettre en place. Cela va générer de l'angoisse, mais si on laisse faire, ce qui est refoulé apparaitra et on pourra travailler dessus pour s'en libérer complètement.

Autre précision : pour Reich ces résistances sont aussi associées à des zones de tensions musculaires dans le corps, et les relâcher permet aussi de relâcher les résistances et la défense caractérielle.

Pour aller plus loin lire "L'analyse caractérielle" de Wilhem Reich.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par ananie le Sam 19 Mai 2012 - 7:04

Jean-Yves a écrit:C'est bien naturel de chercher le dénouement des mécanismes d'enfermement, mais il est possible qu'ils aient aussi leurs raisons d'être. Je pense à ce m’apparaît comme étant la nécessaire progressivité du mécanisme d'éveil ou d'ouverture.
Effectivement.
Les résistances caractérielles sont des protections qui ont été mises en place à une époque (l'enfance) où elles étaient nécessaires pour maintenir l'équilibre psychique de l'enfant.
Le soucis c'est qu'à l'age adulte se caractère figé finit par nous nuire.
Car il s'agit bien du fait qu'il soit figé : c'est ça qui pose problème.

Wilhem Reich d'ailleurs ne parle pas d'abandonner pour toujours ses résistances caractérielles : son travail thérapeutique consistait avant tout à permettre à la personne d'avoir la possibilité de faire autrement.
Pour lui le caractère idéal (qu'il appelle génital parce qu'il est lié au fait d'avoir la possibilité d'avoir des orgasmes satisfaisants où tout le corps vibre) a la capacité de lâcher ses défenses et de les remettre au besoin.

Le problème des résistances caractérielles c'est l'impossibilité de faire autrement.
Par exemple : on a développé un caractère où l'on ne s'affirme jamais, et dans toutes situations on ne s'affirme pas, même lorsque l'on aurait voulu faire autrement.
Ou alors on a développé une défense par la colère, et en toutes situations difficile, on se met en colère. Là encore sans pouvoir faire autrement.

L'idéal pour Reich était d'acquérir la capacité à s'adapter de manière fluide aux situations : pouvoir se taire ou s'affirmer, rester calme ou exprimer une juste colère, selon ce qui est le plus juste dans chaque circonstance.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par lola83 le Dim 20 Mai 2012 - 9:42

j'aime bien cet idéal de Reich !
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Re: Les résistances caractérielles

Message par Sophie le Dim 20 Mai 2012 - 10:51

Je crois aussi que c'est le but de la guérison, ne pas remplacer un comportement figé par un autre mais dissoudre ce qui est figé et retrouver sa liberté de mouvement intérieure, et d'action, de choix de comportement, grâce au discernement selon les circonstances.

Si par exemple on transformait une habitude figée de tout le temps se taire en habitude de tout le temps s'affirmer systématiquement, cela serait tout autant une résistance caractérielle, dès l'instant qu'on adopterait un comportement auquel on ne peut plus déroger.

C'est en cela que je n'adhère d'ailleurs pas du tout à certaines pratiques qui consistent à "reprogrammer" des choses en nous, parce qu'en fait ça ne fait que remplacer un système figé par un autre, que le second soit plus "positif" que le premier, ça ne change rien à son caractère fixe et donc liberticide et enfermant pour l'être.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par ananie le Dim 20 Mai 2012 - 12:19

Oui la thérapie selon Reich, ou Lowen son successeur, ne consiste pas à enlever ou abandonner des capacités mais plutôt à en ajouter pour que notre palette de possibilités s'étende.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par lounaaa le Dim 20 Mai 2012 - 19:36

ca fait plusierus fois que je lis ce post sans trop savoir ce que je dois dire, lol.
en fait, je me demande si on est obligé de ressentir des choses face a des evenement que d'autres jugerait grave ou deprimant?
comment dire... il y a des choses que j'ai vécus, des "traumatismes" pour lesquelles je ne ressens absolument rien. J'en parle avec detachement, mais ca ne ma'atteint pas. tellment que plus jeune, je culpabilisais meme de ne rien ressentir. ca me laisse de marbre, aucune émotion... est ce une resistance caracterielles? ou il est possible de ne reellment rien avoir a sortir?
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Re: Les résistances caractérielles

Message par ananie le Dim 20 Mai 2012 - 21:00

C'est difficile à dire comme ça.

Tout dépend de l'évènement en question, de la manière dont on était impliqué affectivement dedans...etc.
Ce qui semble grave pour les autres ne l'est pas forcément pour nous.

On peut aussi vivre pleinement les émotions en rapport avec un évènement traumatisant sur le coup et dans les jours qui suivent et ensuite avoir tout sorti et être en paix avec ça.

Mais c'est vrai aussi que certaines personnes ont acquis une certaine capacité à se couper de leurs émotions et de leurs ressentis corporels (ça va ensemble : si on est coupé de l'un, on est coupé de l'autre). Ce qui est une résistance.
Et dans ce cas là on accumule les émotions sans les vider et elles nous manipulent sans que l'on s'en rende compte.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par lola83 le Dim 20 Mai 2012 - 21:28

je partage ton point de vue ananie , c'est très variable en fait
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Re: Les résistances caractérielles

Message par Jean-Yves le Lun 21 Mai 2012 - 17:07

ananie a écrit:
Jean-Yves a écrit:C'est bien naturel de chercher le dénouement des mécanismes d'enfermement, mais il est possible qu'ils aient aussi leurs raisons d'être. Je pense à ce m’apparaît comme étant la nécessaire progressivité du mécanisme d'éveil ou d'ouverture.
Effectivement.
Les résistances caractérielles sont des protections qui ont été mises en place à une époque (l'enfance) où elles étaient nécessaires pour maintenir l'équilibre psychique de l'enfant.
Le soucis c'est qu'à l'age adulte se caractère figé finit par nous nuire.
Car il s'agit bien du fait qu'il soit figé : c'est ça qui pose problème.



Oui Ananie je suis totalement d ‘accord avec toi. Mais à travers l’expression « les imperfections ont leur raison d’être » c’est une autre idée que je souhaitais évoquer. Il est vrai que les imperfections en soi ont leur propres causes, mais ce que je voulais dire c’est que les imperfections (en soi) ont elles-mêmes leur raison d’être dans « ici et maintenant » et qu’elles participent au maintien de cette réalité, là, présente. Sinon, si l’on n’a pas cette compréhension-là (perception), nous avons tendance à nous projeter dans une idée de perfectionnement de notre nature ; nous nous projetons dans un « devenir » et nous nous décalons par rapport à la totale acceptation. En d’autres termes, si nous percevons l’imperfection comme étant « imparfaite », nous nous tendons, peut-être d’une manière subtile et fine mais non moins réelle, vers autre chose, vers une idée de soi qui nous semble meilleure. Ce qui semble naturel bien sûr… l’idée de vouloir aller mieux…etc. ; rien de tout ceci n’est condamnable.

Mais on peut aussi envisager cette possibilité, ouvrir sur une notion qui me semble beaucoup plus large, et qui d’ailleurs est traduite dans différents enseignements, c’est que l’impureté elle-même (ou l’imperfection) est une partie intégrante et indispensable du réel.
Je pense à des enseignements comme « Le chant de l’immédiat Satori » (tradition Bouddhiste zen) où il est dit (J’ai oublié le nom de l’auteur désolé) :
« noir n’est pas noir et blanc n’est pas blanc… perfection et imperfection ne s’opposent pas mais se complètent, ils ne vont pas l’un sans l’autre, ils sont comme un pas en avant et un pas en arrière. »

Ou encore à travers les mots de Lao Tseu :
« Si les corbeaux sont noirs, ce n’est pas parce qu’ils peignent leurs plumes avec de l’encre de Chine… et si les colombes sont blanches ce n’est pas parce qu’elles prennent des bains de mer répétés. »
Ceci (ces mots) me semble intéressant pour qu’il y ait en soi réelle acceptation, sinon on accepte oui… mais pour quelque chose, on reste dans une projection, une attente.
Mais tout ceci ne change en rien la façon de vivre les choses, les émotions (ou autre structures mentales) qui s’élèvent en soi ; on vit ce qui est là.

Mais toutefois, cette compréhension (conscience- connaissance) fait que l’imperfection en soi (impureté) n’est plus l’ennemi et que nous n’avons pas besoin d’être tendu vers un perfectionnement incessant.
On peut alors se détendre, comme l’exprime cette strophe qui est tirée d’un enseignement bouddhiste (Mahamudra) et qui est je crois du Mahasiddha Dzalendara :
- Contempler avec recul l’apparence illusoire de la réalité.
- Se détendre dans la nature spontanée et illusoire.
- Pénétrer dans l’espace où rien n’est à faire.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par ananie le Lun 21 Mai 2012 - 22:41

Jean-Yves a écrit:Oui Ananie je suis totalement d ‘accord avec toi. Mais à travers l’expression « les imperfections ont leur raison d’être » c’est une autre idée que je souhaitais évoquer. Il est vrai que les imperfections en soi ont leur propres causes, mais ce que je voulais dire c’est que les imperfections (en soi) ont elles-mêmes leur raison d’être dans « ici et maintenant » et qu’elles participent au maintien de cette réalité, là, présente.
Je suis d'accord dans le sens ou la résistance maintient l'équilibre de la personne et il faut effectivement qu'elle puisse construire autre chose pour lâcher cette résistance sans s'effondrer.

En d’autres termes, si nous percevons l’imperfection comme étant « imparfaite », nous nous tendons, peut-être d’une manière subtile et fine mais non moins réelle, vers autre chose, vers une idée de soi qui nous semble meilleure. Ce qui semble naturel bien sûr… l’idée de vouloir aller mieux…etc. ; rien de tout ceci n’est condamnable.
Je ne crois pas, selon moi être dans le chemin qui va vers l'au delà de l'égo c'est accepter nos imperfections, les voir imparfaites, mais nous aimer et être pleinement dans l'ici et maintenant avec cela.
Le fait de se tendre vers autre chose que ce que l'on est ici et maintenant parce que l'on voit nos imperfections comme imparfaites suppose que l'on n'a pas renoncé à avoir une bonne image de soi-même.

Et tout le problème est là.
Le problème n'est pas de voir les choses comme parfaites ou imparfaites, le problème c'est de toujours vouloir avoir une bonne image de soi-même, et du coup ne jamais se voir comme imparfait.

Mais on peut éprouver une immense joie de voir ses pires imperfections tout en étant conscient qu'elles sont imparfaites.
C'est une joie emplie de l'Amour de Dieu, et le voir ainsi permet d'être pleinement dans l'ici et maintenant tout en entrainant un mouvement, une transmutation intérieure et une motivation pour la pratique spirituelle.

Je pense à des enseignements comme « Le chant de l’immédiat Satori » (tradition Bouddhiste zen) où il est dit (J’ai oublié le nom de l’auteur désolé) :
« noir n’est pas noir et blanc n’est pas blanc… perfection et imperfection ne s’opposent pas mais se complètent, ils ne vont pas l’un sans l’autre, ils sont comme un pas en avant et un pas en arrière. »
Je n'ai pas étudié profondément les enseignements zen, mais dans les enseignements du bouddhisme tibétain qui est philosophiquement assez proche du zen, il y a aussi ces notions là.
Et quand les lamas les expliquent, ce n'est pas du tout en ce sens là.
(et l'auteur doit être Deshimaru).

On voudrait souvent déduire de ces enseignements que tout en bien, qu'il n'y a ni perfection ni imperfection, mais ce n'est pas du tout ce que disent les bouddhistes.
Ce qu'ils disent c'est que tout chose contient une nature pure, et qu'il ne s'agit pas de rejeter l'imperfection, mais de l'accepter pleinement (comme une imperfection) jusqu'à entrer profondément en elle pour qu'elle se transmute et retrouve sa nature de perfection.
Ce qu'ils disent c'est que l'imperfection est de la perfection mal agencée pourrait-on dire.

Et Deshimaru dit bien ici que c'est comme un pas en arrière et un pas en avant.
Et si l'on fait un pas en arrière, on n'avance pas.
Pourtant un pas en arrière est toujours un pas, il ne s'agit pas de le rejeter, mais de le remettre dans le bon sens pour avancer. Mais si on ne le considère pas comme "pas dans le bon sens", on ne réajuste pas et on n'avance pas.

Voir ici sur les sagesses contenues dans les poisons de l'esprit selon le bouddhisme tibétain :
http://www.forumspirituel.fr/t36-les-5-poisons-et-5-sagesses?highlight=poisons

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Re: Les résistances caractérielles

Message par Sophie le Mar 22 Mai 2012 - 7:21

Décidément c'est l'époque de défaire les résistances pour ce qui me concerne...
Une autre qui était bien planquée était de systématiquement prendre les responsabilités des autres, au cas où ils ne les prennent pas (et pour me prémunir de la déception associée à ça).

Je n'ai pas encore remonté à la source de cette résistance, mais elle m'apparaît ce matin, et cette prise de conscience est très bénéfique.

Cet espèce de mécanisme de "au cas où" -> plutôt prévenir que guérir, prévoir le pire, m'en prémunir (illusoirement).

Eviter ainsi un certain nombre d'affrontements et de remises en question (chez moi, et chez l'autre).

Du coup, si je reprends en pratique ce que tu as évoqué ici Ananie :
Ananie a écrit:Je suis d'accord dans le sens ou la résistance maintient l'équilibre de la personne et il faut effectivement qu'elle puisse construire autre chose pour lâcher cette résistance sans s'effondrer.

Je peux confirmer dans le sens où effectivement, pour pouvoir toucher cette résistance et envisager de la lâcher, il a fallu d'abord que je construise ma force d'affirmation (sinon la peur du conflit me tétanisait tellement que je ne pouvais pas remettre ce mécanisme en question).

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Re: Les résistances caractérielles

Message par lounaaa le Mar 22 Mai 2012 - 19:37

Ce qu'ils disent c'est que tout chose contient une nature pure, et qu'il ne s'agit pas de rejeter l'imperfection, mais de l'accepter pleinement (comme une imperfection) jusqu'à entrer profondément en elle pour qu'elle se transmute et retrouve sa nature de perfection.
Ce qu'ils disent c'est que l'imperfection est de la perfection mal agencée pourrait-on dire.

Et Deshimaru dit bien ici que c'est comme un pas en arrière et un pas en avant.
Et si l'on fait un pas en arrière, on n'avance pas.
Pourtant un pas en arrière est toujours un pas, il ne s'agit pas de le rejeter, mais de le remettre dans le bon sens pour avancer. Mais si on ne le considère pas comme "pas dans le bon sens", on ne réajuste pas et on n'avance pas.

Pour ce qui touche la perfection et l'imperfection, je balance toujours entre "l'evolution" parfaite qui voudrait que l'une transmute pour l'autre, et la conviction que rien ne "devrait" etre parfait, mais equilibré.
Je ne crois pas sincerement à la neccesssité ou l'obligation de devenir meilleur, mais plutot de devenir complet, meme dans l'imperfection. L'idée de devoir se "sanctifier" envers et contre tout, ou d'atteindre une pureté de coeur et d'esprit me paralise un peu. D'abord parce que personnellement, j'y vois encore un de ces satané travail sur soi qui demande un remodellage complet de ce que j'estime etre la nature meme de l'homme, c'est a dire -comme sur terre ou dans l'univers- un equilibre de bien et de mal, de bon et de mauvais, de perfection et d'imperfection. Ces notions reste en fait pour moi une fois encore bien subjective, ce qui peut etre parfait pour l'un ne peut l'etre pour un autre.
C'est loin d'etre une conduite sage ou exemplaire, mais je m'epanouis aussi bien dans mes bons cotés que mes mauvais, toujours evidemment en tachant de ne nuire à personne. On a beaucoup tenté de me faire croire que mes imperfections devaient etre corrigées, mais je suis au contraire bien plus en accord avec moi meme et plus heureuse en les acceptant pleinement et en allant au bout d'elles.

le second passage par contre me pousse a une autre reflexion, quand il est dit qu'il faut avancer, je me demande au contraire si ce pas en avant et ce pas en arriere ne nous permet pas justement d'etre toujours "ici et maintenant", un peu dans le passé, un peu dans l'avenir, mais toujours au meme endroit : le present. faut que je medite un peu la dessus... scratch Very Happy

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Re: Les résistances caractérielles

Message par ananie le Mer 23 Mai 2012 - 19:25

Pour ma part je crois que le mal et l'imperfection ne sont pas dans la nature humaine, mais qu'ils sont une création de l'égo.
Les bouddhistes tibétains disent qu'à chaque instant notre esprit produit quelque chose de pur, mais que l'instant d'après notre égo s'en saisit pour le déformer.
Si on laissait notre esprit tel qu'il est dans son état entièrement naturel, se serait l'esprit d'un Bouddha.

Sinon je ne crois absolument pas à cet équilibre entre bien et mal.
Je crois en un équilibre nécessaire entre yin et yang, mais ce sont des principes qui n'ont rien à voir avec le mal.

De plus il faudrait voir ce que l'on appelle des imperfections.
Dans le contexte bouddhiste par exemple c'est l'orgueil (dans le sens de se sentir supérieur aux autres), l'attachement (dans le sens de la dépendance), la jalousie, l'ignorance (dans le sens d'avoir l'esprit obscurcit et de ne pas nous voir tels que nous sommes ainsi que la réalité qui nous entoure), la colère (dans le sens d'une colère destructrice et non d'affirmation juste).

Ce sont des défauts dans le sens où ils nuisent aux autres mais aussi à nous mêmes en nous éloignant d'un Bonheur stable car ils nous placent dans un mal être permanent.
Ils nuisent au but du chemin bouddhiste (et aussi de Wilhemn Reich) qui consiste à être pleinement heureux.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par lola83 le Mer 23 Mai 2012 - 23:04

je partage ta vision ananie

cet équilibre entre bien et mal qui serait normal ne me parle pas du tout , au pire ce serait plutôt une lutte entre le bien et le mal , mais on en revient encore aux définitions du bien , du mal , des imperfections ...
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Re: Les résistances caractérielles

Message par Sophie le Jeu 24 Mai 2012 - 4:45

J'ai pu me rendre compte - je ne parle pas de toi lounaa, c'est simplement un constat personnel - que lorsque j'essayais de "croire" à cet équilibre bien-mal en moi, c'était encore... une résistance caractérielle Laughing
C'était que certains défauts me gênaient tellement, même si je disais que je les acceptais, que je ne voulais pas trop les aborder en moi et les travailler, donc je me disais qu'ils avaient leur place dans l'ensemble, et que tout était bien comme ça.

Cela a fonctionné un moment, mais je suis arrivée à une sorte de stagnation au bout d'un moment, c'est à dire que je ressentais comme une limitation, intérieure, et que je percevais même presque physiquement.
La sensation d'évoluer entre des frontières figées, que je ne savais plus comment repousser.

Ca m'a fait cela notamment par rapport à l'égoïsme, que j'ai énormément eu de mal à commencer à travailler vraiment, il y avait une résistance due au fait que l'on m'avait beaucoup traitée d'égoïste (de manière injustifiée), ce qui m'avait blessée à répétition pendant longtemps, et du coup la simple idée de reconnaître l'égoïsme en moi était très douloureuse et je la rejetais spontanément.
Mais ça ne faisait qu'entretenir cette limite figée que j'évoquais plus haut.


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Re: Les résistances caractérielles

Message par Marie le Jeu 24 Mai 2012 - 5:46

Je pense qu'il y a des étapes différentes et successives. J'ai l'impression que pour certaines personnes à certains moments de leur vie, tant qu'ils ne sont pas passés par l'étape de l'acceptation sereine et aimante de ce qu'ils sont, il leur est encore impossible de changer (en mieux). Je l'ai constaté chez plusieurs personnes et je le constate chez moi par moment encore.
Du coup Sophie, je dirais que cette sensation de s'en sentir limitée que tu évoques, serait pour moi un indicateur que "je suis prête maintenant à changer ça ".


Dernière édition par Marie le Jeu 24 Mai 2012 - 10:57, édité 2 fois
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Re: Les résistances caractérielles

Message par Sophie le Jeu 24 Mai 2012 - 6:54

Oui je trouve ça assez juste comme vision Wink

Cela m'évoque le fait que tout le chemin vers soi-même consiste finalement à repousser encore et toujours les frontières qui limitent l'expression de notre être, jusqu'à ce qu'elles soient totalement dissoutes.
Et l'on peut repousser une frontière (changer quelque chose en soi), quand on la touche et qu'on la conscientise.


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Re: Les résistances caractérielles

Message par Greenman le Jeu 24 Mai 2012 - 12:01

Sophie écrit :

"Et l'on peut repousser une frontière (changer quelque chose en soi), quand on la touche et qu'on la conscientise. "

==> C'est parfaitement exact selon moi, et généralement, je fonctionne en grande partie comme ça. Cependant, n'oublions jamais qu'il y a d'autres possibilités. Je donne un exemple : on peut très bien aller à Dieu sans penser à nos particularités intérieures, en faisant preuve par exemple d'amour envers autrui et le monde, ou en méditant beaucoup, et cela attirera naturellement la Grâce divine qui nettoiera profondément des choses, des blessures, dont on n'avait que peu conscience, voire pas du tout conscience. Cela échappe au mental et provient non pas seulement de "nous" mais de "Tout" car une illusion ne peut effacer une illusion complètement, il faut l'aide de la Vérité pour nettoyer correctement, en profondeur, une illusion, et la Vérité dépasse le cadre du petit moi illusoire.
Concrètement, de même que notre "énergie vitale", je préfère dire Prana, s'est matérialisée à un certain niveau de "vibration", je préfère dire de subtilité, pour que l'on vive dans ce monde, de même, si ce prana élève sa fréquence et se purifie, en se mettant au diapason de ce qui est plus universel, et bien ce prana personnel attire alors un prana plus large bien plus fort et subtil, qui efface les couches illusoires du mental et nous permet alors de recouvrer peu à peu notre véritable conscience apurée, notre véritable identité, avec de moins en moins de limites.
(ce qui veut dire que les "couches" du mental, de l'ego, les blessures, etc, ne sont pas une réalité en soi mais une canalisation particulière, individualisée, limitée, de prana).

On peut très bien avoir les 2 cheminements, je pense même qu'ils sont en fait très présents chez tous...

bonne journée

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Re: Les résistances caractérielles

Message par Sophie le Jeu 24 Mai 2012 - 12:26

Il me semble que lorsque l'on a déjà contacté en soi la foi, assez fortement, on peut effectivement ne pas du tout comprendre ce qui est purifié et que ça se fasse quand même pour le mieux.
En revanche je dirais que lorsque subsiste trop de doute en nous, le nettoyage et la dissolution de nos frontières un peu trop "rapidement" et sans aucune conscientisation, peut donner parfois la sensation d'être fou, et réveiller beaucoup de peurs.


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Re: Les résistances caractérielles

Message par Greenman le Jeu 24 Mai 2012 - 13:13

Oui, c'est exact, Sophie, surtout pour la sensation d'être fou je trouve car il peut se produire une sorte de perception momentanée d'infini susceptible de désorienter la personne. Mais par contre, je pense qu'une des caractéristiques premières d'une grâce est de supprimer des couches de peur, ainsi, une grâce au sens religieux du terme n'arrive qu'en apportant un certain équilibre, une certaine harmonie, alors la peur de l'infini et la sensation de folie ne peuvent pas aller bien loin, et ne sont que secousses et péripéties provisoires, le Divin étant la Conscience aux actes parfaits.

Mais c'est sûr que si le nettoyage survient par certaines "techniques" où reste présente l'influence de notre ego, là, ça change tout et ça peut être dangereux.. folie, peur tenace, voire plus, maladie... et par conséquent je ne souscris pas du tout à ces bricolages en ce qui me concerne...
D'ailleurs, je crois que ces techniques ne purifient pas comme il faudrait, elles chamboulent tout, on remue le fond de la mare qui remonte, c'est vrai, mais le chercheur peut éventuellement se trouver démuni face à des forces qui lui échappe, car il a agit à partir d'un ego limité au lieu de s'abandonner au Tout omnipotent.

Enfin, c'est la vision que j'ai de la chose.. ça n'engage que moi..

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Re: Les résistances caractérielles

Message par ananie le Jeu 24 Mai 2012 - 13:22

Sophie a écrit:lorsque j'essayais de "croire" à cet équilibre bien-mal en moi, c'était encore... une résistance caractérielle Laughing
C'était que certains défauts me gênaient tellement, même si je disais que je les acceptais, que je ne voulais pas trop les aborder en moi et les travailler, donc je me disais qu'ils avaient leur place dans l'ensemble, et que tout était bien comme ça.
Exactement !!
J'ai aussi été dans la même situation.
Et en fait quand on croit à cet équilibre nécessaire entre bien et mal, c'est justement qu'on a beaucoup de mal à accepter de voir ce mal en soi. Et une manière de résister pour ne pas le voir, c'est de se dire que le mal en nous est parfait et harmonieux tel qu'il est.


Greenman a écrit:on peut très bien aller à Dieu sans penser à nos particularités intérieures, en faisant preuve par exemple d'amour envers autrui et le monde, ou en méditant beaucoup, et cela attirera naturellement la Grâce divine qui nettoiera profondément des choses, des blessures, dont on n'avait que peu conscience, voire pas du tout conscience.
Je crois que cela n'est pas du tout contradictoire avec ce que disais Sophie, parce la Grâce divine, avant de nous en libérer, ou en nous en libérant, nous fait prendre conscience de ces limitations et nous les rend inconfortables.
Cela passe aussi par cette étape, même si le point de départ est la Grâce et pas l'inconfort.

Pour ma part je fonctionne avec les deux points de départ : la Grâce quand je prie (qui ensuite fait apparaitre des choses), l'inconfort quand je vais en thérapie.
Et j'ajouterai aussi que la Grâce intervient en thérapie.
Il n'y a pas de libération de guérison véritable sans la Grâce.

D'ailleurs Reich qui était complètement athée et anti-religieux, parlait d'une énergie d'orgone qui circule en nous et est aussi une énergie cosmique, et qui se remet à circuler dans le corps quand on guérit des choses en thérapie.

C'était un thérapeute assez particulier, dans le style des analystes bioénergéticiens d'aujourd'hui : quand une personne était en colère, il l'invitait à se défouler en maltraitant le divan. Puis si au bout de plusieurs séances il se rendait compte que cette colère devenait elle même une résistance, il pouvait s'allonger à côté de la personne et mimer ce qu'elle faisait (genre taper des pieds et des mains sans arrêt) pour lui faire prendre conscience du fait qu'elle tournait en boucle.
Il obtenait de très bon résultat.

Cela illustre aussi le fait que quelque chose peut parfois être une libération, une guérison, mais qu'en la répétant sans cesse ça devient une résistance.
Avec la colère par exemple : pour Reich, les gens commencent à pouvoir guérir seulement quand ils arrivent enfin à vider leurs colères et à les accepter, mais s'il y a de nombreuses résistances qui bloquent la colère, la colère qui tourne en boucle peut elle aussi être une résistance.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par Greenman le Jeu 24 Mai 2012 - 14:10

Ananie écrit :

"Je crois que cela n'est pas du tout contradictoire avec ce que disait Sophie, parce la Grâce divine, avant de nous en libérer, ou en nous en libérant, nous fait prendre conscience de ces limitations et nous les rend inconfortables.(...) Il n'y a pas de libération de guérison véritable sans la Grâce."

==> je suis totalement en phase avec tout ça. Sage

Subtil ce Reich, dis donc ! excellent le coup de mimer pour faire prendre conscience au patient.
ça me rappelle une histoire en inde, dans un hôpital pour miséreux. Amma y était et a un peu "sermonné" ses swamis qui organisaient l'endroit sur la saleté des couloirs, etc, les gens crachaient par terre en particulier. Un swami a demandé : "mais qu'est ce qu'on peut faire, c'est permanent, laver ne suffit pas !?". amma a répondu : "pourquoi me poser la question, vous ne pouvez pas trouver par vous mêmes ? par exemple, mettez des grands miroirs sur les murs et vous verrez que les gens ne cracheront plus." Ainsi fut fait et les gens ne crachèrent plus !

ça ressemble beaucoup à ce que pratiquait Reich, je trouve..

Et ton histoire de résistance, elle, me rappelle une description de Swami Vivekananda (j'ai toujours un parallèle védantique dans ma besace Very Happy ), qui expliquait que donner libre cours à un désir ne suffisait pas à s'en libérer, que ça pouvait être sans fin. En fait, si on choisissait l'acte, il fallait libérer le désir par l'acte ET par la profondeur intérieure qu'on mettait dans l'acte, par l'abandon total, concentré et puissant à ce que l'on est, au divin, et en discernant ce qu'est l'acte, ses conséquences, sa portée profonde et réelle, etc...
la méditation était censé purifier l'esprit de telle façon qu'en agissant par la suite, on vivait l'acte de façon très subtile, en se détachant, en se libérant de l'esclavage. Il appelait ça " Bhoga ".
Donc, l'acte en lui-même ne parle pas vraiment, car il y a 2 façons de vivre les choses, avec ou sans profondeur intérieure, et ces 2 façons apportent des résultats très opposés.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par Sophie le Jeu 24 Mai 2012 - 14:46

Greenman a écrit:Oui, c'est exact, Sophie, surtout pour la sensation d'être fou je trouve car il peut se produire une sorte de perception momentanée d'infini susceptible de désorienter la personne. Mais par contre, je pense qu'une des caractéristiques premières d'une grâce est de supprimer des couches de peur, ainsi, une grâce au sens religieux du terme n'arrive qu'en apportant un certain équilibre, une certaine harmonie, alors la peur de l'infini et la sensation de folie ne peuvent pas aller bien loin, et ne sont que secousses et péripéties provisoires, le Divin étant la Conscience aux actes parfaits.

Je crois avoir expérimenté parfois ce dont tu parles, dans le sens que dans un moment de grâce, je sentais des choses s'en aller, se purifier, et je n'avais pas peur à ce mooment-là, j'étais baignée dans l'énergie divine.

Par contre, là où j'ai pu ressentir de la peur revenir, c'est après.

Je m'explique, tel que j'ai ressenti et compris cela :
dans le moment où la grâce se fait, c'est, comme son nom l'indique, un moment totalement harmonieux, qui même s'il est douloureux parfois dans le processus de transmutation, crée un sentiment de "reliance", de paix intérieure, d'expression de l'être, et de joie profonde même de sentir cette douleur s'exprimer pour être transmutée.
C'est des moments où je me sentais totalement en confiance dans les mains de Dieu.

Mais ces douleurs qui avaient fait partie de mon identité pendant longtemps, une fois parties, laissaient une sorte de "flou", identitaire.
C'est à dire que tant que je restais bien connectée au fond de moi, même les jours suivants, cela allait très bien, et je me sentais portée, très légère et apaisée, et en même temps beaucoup plus "dense" (dans le sens présente, centrée, vivante).

Mais dans le quotidien humain, il arrive un moment où pour x raison, x vicissitude ou problème à régler, la connexion intérieure s'amenuise un peu, l'attention se reporte sur autre chose, et l'ego reprend un peu plus de place, alors là la question identitaire revient.
Et j'ai vécu parfois comme ça en décalage de quelques jours, une assez forte déstabilisation, après avoir vécu ces moments de grâce.

Un peu comme si l'ego revenait dans une maison qui a changé entre temps, et un peu "comme un fou" se mettait à ruer dans les brancards, en demandant ce qui s'est passé.
Cela s'est manifesté par des grosses crises de doute, des sentiments de perte, ou d'errance intérieure, ne plus savoir pourquoi j'étais là tout d'un coup, ce que je faisais là.

Ca ne durait pas forcément longtemps, mais en fait ça dépendait beaucoup de comment j'y réagissais.
Les premières fois où ça m'est arrivé, ma foi était pas très grande, alors dès qu'il n'y avait plus la grâce, tout d'un coup j'étais totalement perdue.
Je mettais longtemps à intégrer les transformations qui s'étaient produites dans la prière.

Maintenant, ça va de mieux en mieux, c'est à dire que je commence à sentir mieux dans l'instant que c'est une sorte de "retour d'ego", mais que ça va passer, le temps que je m'habitue à ce changement intérieur.

C'est en gros ce qui correspond à ce que j'appelais "avoir l'impression de devenir fou", dans mon message précédent.

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Re: Les résistances caractérielles

Message par ananie le Jeu 24 Mai 2012 - 14:53

Greenman a écrit:En fait, si on choisissait l'acte, il fallait libérer le désir par l'acte ET par la profondeur intérieure qu'on mettait dans l'acte, par l'abandon total, concentré et puissant à ce que l'on est, au divin
Et Reich parlait de s'abandonner aux flux énergétiques naturels du corps.
C'est pour cela aussi qu'il a beaucoup insisté sur l'orgasme qui nécessite un abandon et un lâcher prise total.
D'ailleurs pour lui l'énergie de l'orgasme et l'énergie cosmique sont une seule et même chose.

Reich à même parlé de la structure en anneau de la cuirasse, avec 7 zones de blocages énergétiques, qui correspondent assez aux sept chakras.

Étonnant pour un anti-religieux Very Happy

ça me rappelle une histoire en inde, dans un hôpital pour miséreux. Amma y était et a un peu "sermonné" ses swamis qui organisaient l'endroit sur la saleté des couloirs, etc, les gens crachaient par terre en particulier. Un swami a demandé : "mais qu'est ce qu'on peut faire, c'est permanent, laver ne suffit pas !?". amma a répondu : "pourquoi me poser la question, vous ne pouvez pas trouver par vous mêmes ? par exemple, mettez des grands miroirs sur les murs et vous verrez que les gens ne cracheront plus." Ainsi fut fait et les gens ne crachèrent plus !
Excellent Sage

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Re: Les résistances caractérielles

Message par lounaaa le Ven 25 Mai 2012 - 20:13

C'était que certains défauts me gênaient tellement, même si je disais que je les acceptais, que je ne voulais pas trop les aborder en moi et les travailler, donc je me disais qu'ils avaient leur place dans l'ensemble, et que tout était bien comme ça.

justement, ceux que je reconnais, ne me gene absolument pas. Au contraire, je me permet d'aller au bout d'eux même pour ne pas avoir à en engendrer d'autre. Par exemple la colere. Je ne suis pas specialement colerique, mais je préfère péter ma durite franchement qu'être hypocrite. Peut être qu'ici il s'agit d'une forme d'émotion alors ça n'entre pas tout a fait dans le cadre d'une imperfection caracterielle à proprement parler, mais dans ce contexte, c'est ainsi que je préfère tout vivre a fond, que ce soit positif ou négatif.
Je suis égoiste et je me sens drolement mieux depuis que je l'assume! plus jamais je me force a dire oui quand je n'en ai pas envie, à rendre service jusqu'à me faire rogner la moelle, ou avoir peur de blesser les autres en allant contre mes propres envies.

c'est drole parce qu'a vous lire, j'ai l'impression que c'est moi qui est "un probleme", qui n'évolue pas, qui me contente de "ça"... alors que dans ma façon de voir les choses, qualifier quelque chose de "défaut" chez soi, c'est avouer ce qui est un défaut pour nous chez les autres. Rien ne me gene chez personne, (tant qu'on ne m'emmerde pas de trop près ou qu'on ne me crée d'ennui) du coup, c'est une évidence que rien ne me gene chez moi.
Quelque chose -pour moi- ne peut etre qualifié de bien ou mal, de parfait ou imparfait que de maniere égotique et personnelle.
Sans doute tout un tas de convictions nous amène à cette difference de point de vue.Cela n'altere en rien mon propre cheminement spirituel d'ailleurs, meme si ce n'est pas le meme que le votre!
Pour moi Dieu n'est pas la "pureté" ou la "sainteté" absolue, mais l'ENERGIE pure qui est en tout. Tout ce qui est EST dieu. Les interpretations et ressentis qui en découle sont propres à chacun, mais non à Dieu lui meme. Dieu pour moi n'est pas parfait ou imparfait, ni meme parfait ET imparfait, Dieu EST tout simplement.
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Re: Les résistances caractérielles

Message par Sophie le Ven 25 Mai 2012 - 22:24

Je pense qu'on parle de la même chose mais avec des mots différents en fait.

parce que ce que tu cites comme exemple pour moi n'entre pas dans les résistances caractérielles ou même les défauts.
Préférer exprimer son sentiment (de colère) plutôt qu'être hypocrite ; penser à soi et savoir dire non ; pour moi tout ça est plutôt sain en fait, et c'est même beaucoup plus en accord avec soi, donc avec le divin, que de mentir, tricher, être hypocrite, ou dire amen à tout pour ne pas déplaire.

plus jamais je me force a dire oui quand je n'en ai pas envie

Je crois que ça n'est pas ce que j'appelle de l'égoïsme, au sens où je l'entendais dans mon post.
Dans mon vocabulaire, cela semble correspondre à ce que j'appelle le respect de soi, savoir dire oui, ou non, savoir être disponible ou pas, et de toute manière on rend très mal service aux autres quand on a dit oui à contrecoeur.
Alors que quand on sait vraiment dit non et l'assumer, on peut vraiment dire oui aussi, et alors rendre service d'une manière beaucoup plus efficace et droite.

Ce que j'appelle de l'égoïsme est plutôt le fait par exemple de ramener les choses à soi en contrôlant les autres ; ou de vouloir absolument qu'une autre personne nous satisfasse sur quelque chose, ne pas pouvoir entendre un non, ou essayer de forcer ou manipuler une personne pour qu'elle fasse quelque chose où elle ne se respecte pas ou qui ne lui convient pas ; ou de s'accorder à soi-même certains "passe-droits" (façon de parler), par exemple s'autoriser un truc que l'on ne tolère pas des autres, en toute conscience mais en se trouvant une justification intérieure à cela, parce qu'on se dit qu'on est spécial ou qu'on a le droit parce que c'est nous, on est comme ça, etc...

Si on peut par exemple exprimer sa colère à quelqu'un, et aussi accepter que l'autre personne fasse de même, à mon sens on est honnête et non égoïste au sens où je l'entendais plus haut.
On considère l'autre comme son égal, et on lui reconnaît les mêmes droits qu'à soi-même.

Dans ce que tu dis, il me semble que tu désignes finalement quand même des défauts, en filigrane. Enfin je ne sais pas si j'ai bien interprété, mais quand tu dis que tu préfères péter une durite que d'être hypocrite, c'est bien que tu considères qu'être hypocrite est un défaut, dans le sens que c'est pas quelque chose que tu as envie de faire aux autres.
Enfin il me semble comprendre ça dans ce que tu dis.

Donc je pense que tout cela dépend ce qu'on appelle des défauts, mais je pense aussi que nous avons tous un système de valeurs, de référence, dans lequel nous considérons certaines choses comme des défauts, même implicitement et sans forcément le formuler clairement en soi tout le temps.
Nous avons une échelle qui hiérarchise les comportements que nous considérons comme acceptables, donc "bons", ou inacceptables, donc "mauvais".

Je pense aussi que nous réagissons sur le terme "défaut", parce que dans notre esprit on l'associe aux défauts qui nous ont été reprochés.
Et que tant qu'on n'a pas examiné soi-même son échelle de valeurs, on vit mal ce mot "défaut".
Alors qu'en fait quand on a étalonné soi-même ses valeurs, consciemment, et qu'on les assume, on n'a plus de problème avec le terme "défaut".
Parce qu'on ne le subit plus comme une accusation venant de l'extérieur et que l'on reproduirait en soi, mais on le vit en ayant conscience qu'on a choisi de considérer la vie comme cela.
Par exemple de considérer que tel comportement n'est pas chouette vis à vis de l'autre, ou que tel comportement est meilleur que tel autre.

Et après, je pense aussi que l'on peut s'appuyer sur certaines traditions spirituelles pour en revenir à des défauts principaux, desquels partent tous les autres.
Cela simplifie beaucoup les choses à mon sens, après cela n'engage que moi, mais intérieurement, quand je reviens par exemple à ces défauts dont parle le bouddhisme et que citait Ananie, ben je trouve que ça élague largement ma réflexion, et que ça suffit déjà pour travailler sur soi, et échelonner ses propres valeurs, en ayant bien réfléchi, médité, là-dessus, pour voir si on est en accord avec le fait que ce sont des défauts.

lounaa a écrit:c'est drole parce qu'a vous lire, j'ai l'impression que c'est moi qui est "un probleme", qui n'évolue pas, qui me contente de "ça"...

je n'ai pas du tout cette sensation, et ce n'est pas ce que je voulais exprimer, c'est du reste pourquoi j'ai repris ce que tu as dit en précisant bien que je parlais de moi.
Parce que je ne savais pas si cela pouvait s'appliquer à toi, et vu ton post là, je pense surtout comme je l'ai dit que l'on parle de choses similaires, mais pas avec les mêmes mots.


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Re: Les résistances caractérielles

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