Le Dieu Rien d'Angelus Silesius

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Le Dieu Rien d'Angelus Silesius

Message par Bruno C. le Mar 6 Mar 2012 - 18:24

Bonjour, je découvre la pensée de cet auteur, inspiré par maître Eckhart et qui invite à un détachement total et un abandon dans le Rien. Cela me semble passionnant.
Un texte issu de ce site :
http://spiritualite3.free.fr/silesius.html

Angelus Silesius
(1624 - 1677)

Angelus Silesius (de son vrai nom Johannes Scheffler) est né en Silésie dans une famille de la noblesse luthérienne.
En 1643, il va à Strasbourg (où il apprend la médecine, la politique, l'histoire), puis à Leyde en Holllande (où il découvre les oeuvres de Ruysbroeck, Eckhart, Tauler, Boehme), enfin il achève son cycle à Padoue où il reçoit le titre de Docteur en philosophie et médecine.
En 1649, il fréquente les cercles mystiques à l'intérieur desquels circulent les écrits de Jacob Boehme, il fait notamment la connaissance de Franckenberg, l'ami et l'éditeur du sage de Görlitz.
Il devient le médecin officiel du Prince de Ols.
Sa pensée spirituelle subit de profonds changements, ses lectures mais aussi sa vie intérieure le conduisent à se convertir au catholicisme le 12 juin 1653.

Silesius se retire durant trois années dans la solitude et rédige un recueil d'aphorismes et de distiques, intitulé "Le pélerin chérubinique", qui témoigne, dans un style lapidaire, taillé comme un diament, de la profondeur de sa vie spirituelle.
Nul doute qu'il atteint alors les sommets de la perspective unitive et connaît enfin, au terme de l'harassante épreuve apophatique, le visage de Celui qui jamais ne naît..
Son ouvrage paraît en 1657 alors qu'il est médecin à la Cour Impériale de Ferdinand III.

Le 29 mai 1661 il est ordonné prêtre et après la mort de son protecteur, Sebastien von Rostock, se retire dans la maison des Frères Portecroix où il mourra le 9 juilllet 1677.

La concision d'Angelus Silisius contribue à servir cette pensée abrupte qui percute de plein fouet le lecteur en lui ouvrant largement l'espace intérieur, obscur et vide, où l'âme mystique erre en pleine solitude.

Vivre sans pourquoi

Où se tient mon séjour ?
Où est ma fin ultime à quoi je dois atteindre ?
Où l'on n'en trouve point. Où dois-je tendre alors ?
Jusque dans un désert, au delà de Dieu même.



Angelus Silesius, à l'instar des grands mystiques, héritiers de la pensée destructrice de Denys l'Aéropagite, mine soigneusement toutes les tentatives d'approche intellectuelle ou religieuse qui consistent, peu ou prou, à s'approprier le dieu de son choix.
Comme Boehme qui inspira probablement son évolution spirituelle, il considère que la création est un jeu et que la créature n'est qu'un jouet entre les mains de Dieu. Cette certitude réduit nos efforts à néant ; il faut s'abandonner, lâcher prise, rendre les armes et plonger courageusement dans ce Rien qui s'ouvre sous nos pas maladroits et inconstants...
Silesius, qui a peut-être lu Jean de la Croix (" Un je ne sais quoi que l'on atteint d'aventure ") résume brutalement le non-objet de l'intériorité mystique.

Qu'est-ce l'éternité ? Ni ceci, ni celà,
Ni maintenant, ni chose, ni rien, c'est, je ne sais quoi.
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Re: Le Dieu Rien d'Angelus Silesius

Message par ananie le Mar 6 Mar 2012 - 19:48

Merci Bruno.
J'ai parfois entendu une ou deux citations de cet auteur, mais je ne l'avais pas regardé de plus prêt.

Il a l'air très intéressant effectivement.


Quelques citations d'Angélus Silésius.


Je ne crois en nulle mort; je meurs à toute heure
Et chaque fois je n'ai trouvé qu'une vie meilleure.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.61, Rivages poche n°464)


L'âme est un cristal et la divinité sa lumière :
Le corps où tu vis est l'écrin de tous deux.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.69, Rivages poche n°464)


Celui pour qui tout se vaut n'est touché par nulle peine
Même dans le cloaque du plus profond enfer.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.85, Rivages poche n°464)


Le ciel est en toi et aussi les tortures de l'enfer :
Ce que tu choisis et ce que tu veux, tu l'as partout.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.90, Rivages poche n°464)


La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu'elle fleurit,
N'a pour elle-même aucun soin, - ne demande pas : Suis-je regardée ?
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.126, Rivages poche n°464)


Fou l'homme qui boit à une flaque
Et ignore la fontaine qui jaillit dans sa maison !
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.129, Rivages poche n°464)


Le sage ne cherche qu'une chose, et c'est le bien suprême ;
Un fou aspire à mille choses - minuscules.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.247, Rivages poche n°464)


Ami, si tu es quelque chose, n'en reste pas là :
Il faut sans cesse aller d'une lumière à une autre.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.262, Rivages poche n°464)


Meurs avant de mourir, pour ne pas mourir
Quand tu devras mourir ; sinon tu périras.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.293, Rivages poche n°464)


Le cercle est dans le point, le fruit est dans la graine,
Dieu dans le monde : sage est celui qui L'y cherche.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.315, Rivages poche n°464)


Homme, ne montre pas trop haut et ne tire gloire de rien d'autre :
La plus belle sagesse c'est de ne pas être sage.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.349, Rivages poche n°464)


Tout bien n'est pas bon. Homme, ne te fais pas d'illusions :
Ce qui ne brûle pas de l'huile d'amour est une fausse lumière.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.365, Rivages poche n°464)


Le plus court chemin vers Dieu passe par la porte de l'amour ;
Le chemin de la science t'y mène très lentement.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.417, Rivages poche n°464)


Le sage qui s'est porté au-dessus de lui-même
Repose quand il court, agit quand il contemple.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.428, Rivages poche n°464)


Le sage est ce qu'il a. Si tu ne veux pas perdre
La petite perle du ciel, tu dois l'être toi-même.
(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.484, Rivages poche n°464)



Magnifique je trouve...

Source :
http://www.gilles-jobin.org/citations/?au=509

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Re: Le Dieu Rien d'Angelus Silesius

Message par Marie le Mer 7 Mar 2012 - 7:00

J'en pique une pour en faire ma signature. Merci . I love you
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Re: Le Dieu Rien d'Angelus Silesius

Message par Kenzo le Mer 7 Mar 2012 - 10:46

Merci Bruno de nous faire découvrir ce Mystique sunny
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Re: Le Dieu Rien d'Angelus Silesius

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