Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

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Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par ananie le Dim 25 Mar 2012 - 14:54

Rappel du premier message :

Selon la tradition chrétienne et Saint Augustin, le mal n'existe pas en lui même.
Il n'y a pas de principe mauvais.

Mais toutes choses sont bonnes par nature et le mal est une déformation de la nature véritable des choses.


On peut prendre cette comparaison pour illustrer :

Une maison n'est pas une création divine.
C'est une fabrication humaine.

Dieu crée la pierre, le bois, le métal...

Puis à partir de ces éléments de base qui sont tous bons par nature, l'homme fabrique une maison.

Si la maison est très mal construite, on pourra dire ici qu'elle représente le mal.
C'est à dire un mauvais agencement de choses qui sont bonnes par nature.

Il sera donc toujours possible de détruire cette maison, de récupérer les matériaux de base puis d'en reconstruire une nouvelle qui soit bonne.

Et c'est pareil pour nous :
Si l'on est habité par une agressivité destructrice, on peut sentir pleinement cette agressivité (pour qu'elle soit accessible au travail que l'on veut faire sur elle), la déconstruire, et en récupérer l'énergie de base pour en faire une juste force d'affirmation.

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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Hermann le Jeu 24 Mai 2012 - 22:37

Pour ma part, je ne fais pas de distinction morale entre le bien et le mal. C'est de toute façon une création humaine, dans un but de domination des esprits...

Pour moi, la césure se fait entre être en accord avec nous-même et ne pas être en accord avec nous-même.
Si on ne l'est pas, on ressent un malaise, on en paye les conséquences, et on n'évolue pas. Parce qu'on n'est pas en synchronicité avec nous-même et l'univers.

Etre en accord avec soi, ça parait tout simple et basique. Mais en fait, ça implique beaucoup de choses, car il s'agit d'être en accord en effet avec notre véritable nature, notre être profond, le Soi si on veut. Qui est en grande partie inconscient. Et lui n'a aucun principe moral, il ne fait pas la différence entre le bien et le mal. Il n'hésitera pas, si on n'est pas en accord avec soi, et pour nous obliger à l'être plus, à nous faire souffrir. Du moins, à faire souffrir une partie de nous, notre corps, notre moi (ou ego).
Et cette partie de nous inconscient, dont il nous faut devenir conscient le plus possible (ce qui se fait parfois dans la douleur, en tous cas ce n'est pas toujours léger), ce Soi, on peut dire en effet qu'il est d'essence divine. Et il est tout sauf isolé, puisque chaque inconscient individuel est relié aux autres par le biais de l'inconscient collectif.
Mais personnellement, je ne crois pas, de moins en moins, en une personne nommée Dieu dont il faudrait accomplir la volonté. En revanche, accomplir la volonté de notre nature véritable, devenir (ou redevenir) qui on est vraiment, au fond, et qu'on peut qualifier de l'adjectif divin, là oui.
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par ananie le Jeu 24 Mai 2012 - 22:44

Hermann a écrit:Pour moi, la césure se fait entre être en accord avec nous-même et ne pas être en accord avec nous-même.
C'est cela que j'entends par "bien" et "mal".
ça va plus vite à dire que de dire : "ce que l'on fait, dit ou pense en accord avec notre nature véritable et divine", et "ce que l'on fait, dit ou pense en désaccord avec notre nature véritable et divine".
C'est juste de la paresse en fait.
Oui je sais... la paresse c'est mal Very Happy

Mais personnellement, je ne crois pas, de moins en moins, en une personne nommée Dieu dont il faudrait accomplir la volonté. En revanche, accomplir la volonté de notre nature véritable, devenir (ou redevenir) qui on est vraiment, au fond, et qu'on peut qualifier de l'adjectif divin, là oui.
En fait aucune religion n'enseigne cela.
Certains qui se sont fait leur propre opinion sans connaître les enseignements spirituels pensent cela, mais ça ne veut pas dire que les traditions spirituelles l'enseigne.
St Augustin par exemple dit bien que Dieu n'a rien à voir avec un être mais qu'il est l'Être de tout étant (c'est à dire l'Être d'une personne, d'un animal, d'un caillou, du ciel...).
Les mots "Dieu" ou "faire la volonté de Dieu" sont des expressions encore une fois pour raccourcir, ou pour nommer l'innommable.

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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Hermann le Ven 25 Mai 2012 - 0:12

Tout à fait, mais ça passe mieux (et je ne parle pas de démagogie, mais d'universalité) de parler d'être en accord avec soi-même, que de parler de bien et de mal et de Dieu.

Parce que ces termes sont fortement connotés, les premiers sonnent moralisateur, le dernier sonne religieux. Et derrière ces notions, il y a des siècles de conflits...

Donc ça peut dissuader, ça peut exclure des gens, en les faisant bloquer, en provoquant en eux des résistances, ce qui peut les empêcher de s'engager dans un cheminement de connaissance de soi, de guérison, de réalisation.
Parmi eux, il y a par exemple tous ceux qui n'ont pas reçu d'éducation religieuse et à qui c'est étranger et même suspect ; et d'autres qui au contraire ont reçu une éducation religieuse qu'ils rejettent, soit parce qu'ils ont souffert de ses excès, soit parce qu'ils s'opposent ainsi, souvent inconsciemment, au modèle parental. Ce n'est donc pas métaphysique mais avant tout psychologique.

Tout le monde n'a pas étudié les Écritures saintes de manière approfondie et juste pendant de nombreuses années. Beaucoup de gens n'ont jamais ouvert la Bible et n'en ont aucune envie.
On peut le regretter, mais en tous cas, c'est un état de fait.
Donc cette approche ne leur parlera pas du tout, et au contraire les rebutera. Ce qui serait dommage. Donc ce n'est pas le bon angle d'attaque pour les inviter à s'intéresser à leur être intérieur.

J'ai constaté cette réticence d'emblée de la part de beaucoup de gens à l'évocation de mots tels que Dieu, divin, âme, et même foi et spiritualité, ou bien et mal, positif et négatif, depuis un an et demi que j'ai commencé à m'intéresser à la spiritualité, au début j'avais tendance à être déçu et trouver que ces gens n'étaient pas assez ouverts ou profonds, mais maintenant je peux comprendre leurs réticences.

Parce que ce sont des mots qui ont une forte charge dans l'inconscient collectif (comme des égrégores si on préfère). Parler de bien et de mal, de Dieu, ce n'est jamais anodin, et ce n'est pas qu'une question de vocabulaire et de forme, il y a quelque chose de plus puissant derrière, qui remue des choses.

Ce qui ne veut bien sûr pas du tout dire que je réprouve personnellement l'usage de ces termes...
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Marylo le Ven 25 Mai 2012 - 3:54

Quelle discussion !

Le "mal" m'a toujours posé un problème, de même que cette notion d'ange déchu... Je m'explique : pour moi le Divin étant la perfection : il est au-delà de notre conception humaine de ce que peut être un être "normal". Pour nous Dieu est inconcevable, mais au-delà du bien/ du mal.

Donc en raisonnant sur cette notion qui me pose un gros problème, j'en me suis demandée la chose suivante (un peu tiré par les cheveux, certes... mais je continue à y réfléchir) Very Happy

Lorsque l'Homme a réalisé qu'il voulait être responsable de sa vie et donc s'affranchir de la tutelle de Dieu (comme nos enfants le font vis-à-vis de notre autorité de parents), il s'est retrouvé livré à lui-même. Dieu étant toujours présent à l'intérieur, mais il fallait faire le chemin vers lui et ce, en vivant une vie dans laquelle chaque acte créateur était de notre responsabilité propre. Lorsque nous avons pris notre indépendance, nous sommes devenus des êtres de chair, avec nos doutes, nos errements, nos tentations et notre vulnérabilité. Nous avons donc appris à nous battre, à envier ce qu'avait autrui, à pleurer d'impuissance, à protester plutôt que d'agir. Mais au terme de toutes ces bagarres : intérieures et extérieures, nous avons aussi appris à relativiser, à aimer notre prochain, à tendre la main, à investir dans un futur plus souriant.
Parallèlement à ce départ, Lucifer a décidé de partir également de la tutelle de son Père. Or, j'ai beaucoup de mal à intégrer cet ange "mauvais" et "déchu". Quelque part, je me demande si ces deux départs ne sont pas liés : comme si cet ange avait décidé qu'il accompagnerait les hommes sur leur route. Et s'il était l'aiguillon qui nous obligeait à aller au plus profond de nous-mêmes ? A révéler notre nature divine cachée au plus profond de nous-mêmes. Rien de plus qu'un révélateur ? Un agent extérieur du changement en nous ?
Voilà, j'en suis là de mes reflexions. Loin de moi l'idée de devenir une idolâtre de Lucifer Evil or Very Mad mais il me semble qu'il y a une cohérence qui m'échappe dans ce monde, et cette cohérence est nécessaire pour que je puisse avancer sans entraves.

Je vous embrasse, quelle belle manière de commencer une journée
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par tijani le Ven 25 Mai 2012 - 19:30

Hermann a écrit:Donc ça peut dissuader, ça peut exclure des gens, en les faisant bloquer, en provoquant en eux des résistances, ce qui peut les empêcher de s'engager dans un cheminement de connaissance de soi, de guérison, de réalisation.
Parmi eux, il y a par exemple tous ceux qui n'ont pas reçu d'éducation religieuse et à qui c'est étranger et même suspect ; et d'autres qui au contraire ont reçu une éducation religieuse qu'ils rejettent, soit parce qu'ils ont souffert de ses excès, soit parce qu'ils s'opposent ainsi, souvent inconsciemment, au modèle parental. Ce n'est donc pas métaphysique mais avant tout psychologique.

Tout le monde n'a pas étudié les Écritures saintes de manière approfondie et juste pendant de nombreuses années. Beaucoup de gens n'ont jamais ouvert la Bible et n'en ont aucune envie.
On peut le regretter, mais en tous cas, c'est un état de fait.
Donc cette approche ne leur parlera pas du tout, et au contraire les rebutera. Ce qui serait dommage. Donc ce n'est pas le bon angle d'attaque pour les inviter à s'intéresser à leur être intérieur....

trés belle analyse !! ....

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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par tijani le Ven 25 Mai 2012 - 20:18

Marylo a écrit:Le "mal" m'a toujours posé un problème, de même que cette notion d'ange déchu...

satan n'est pas le mal , le mal existait bien avant lui ...
satan est le contraire , de l'homme , et donc de dieu
satan n'a jamais été un ange ,..... un ange est un etre sans libre arbitre , qui ne peut se rebeller
c'est un etre de feu ("feu subtil ", "flamme sans fumée ": coran) , archetype des etres éthériques (djinns) , c'est l'Adam des peuples étheriques
il possede la science de l'ange qu'il inverse contre la race adamique et la race étherique
sa ruse consiste à faire croire à sa non existence
sa voie est le mental . il n'a aucun pouvoir sur les coeurs
son but substituer son culte à l'homme ; au culte de dieu
son culte est le culte solaire , Moise affronta Ré d'égypte , et Jesus fut persécuté par Soli invictus (soleil invaincu) des romains , pour Mohammed il changea ses plans
tout comme les anges , la race des démons nous est invisible ; ainsi qu'aux etres éthériques ...
sa manifestation actuelle est dans l'intelligence artificielle

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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Lamdi le Ven 25 Mai 2012 - 20:39

air a écrit:
tijani a écrit:le mal est un accident des étres crées
son origine est dans le libre arbitre des étres intelligibles
Cette description correspond tout à fait à ma propre conception du mal.

Le terme "accident" me parle, car je me demande s'il n'y en aurait pas eu un , dans un passé très lointain, qui nous aurait séparés de notre nature divine et de la Loi "naturelle" de Un en nous donnant la possibilité d'y déroger (ce que l'on appelle - sans doute à mauvais escient - le libre arbitre). Cet accident ayant engendré le mythe de la chute. C'est un thème qui m'intéresse beaucoup et je pense que j'écrirais un jour quelque chose à ce sujet.

J'ai entendu dire que cet accident est à mettre en rapport avec l'atrophie du thymus qui intervient généralement entre l'âge de 5 ans et 7 ans. Je ne sais pas s'il en est de même pour tout le monde mais j'ai un souvenir de vacuité lié à la tendre enfance.
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par tijani le Ven 25 Mai 2012 - 20:50

Lamdi a écrit:[J'ai entendu dire que cet accident est à mettre en rapport avec l'atrophie du thymus qui intervient généralement entre l'âge de 5 ans et 7 ans. Je ne sais pas s'il en est de même pour tout le monde mais j'ai un souvenir de vacuité lié à la tendre enfance.

lol
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par lounaaa le Ven 25 Mai 2012 - 20:56

excusez moi, hors sujet :

c'est drole que tu pose cette réponse tijani, je cogitais il y a tres peu de temps sur la nature d'Ibliss, assez flou dans mon interpretaion du Coran (si mauvaise interprétation il y a)
Dans la sourate 7 v 11, il est dit :
"Nous vous avons crées puis, Nous vous avons donné une forme, ensuite Nous avons dit aux anges : "prosternez vous devant Adam". Ils se prosternèrent a l'exception d'Iblis qui ne fut point de ceux qui se prosternèrent"
suivi de (S7v12) "...qu'est ce qui t'empeche de te prosterner quand Je te l'ai commandé?"il répondit:"je suis meilleur que lui: Tu m'as crée de feu alors que lui Tu l'as crée d'argile" et l'on sait que les djinns sont fait de feu...
Ta mise en lumiere par rapport au libre arbitre m'éclaire sur ce point, merci! Rose
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Lamdi le Ven 25 Mai 2012 - 21:16

tijani a écrit:
Lamdi a écrit:[J'ai entendu dire que cet accident est à mettre en rapport avec l'atrophie du thymus qui intervient généralement entre l'âge de 5 ans et 7 ans. Je ne sais pas s'il en est de même pour tout le monde mais j'ai un souvenir de vacuité lié à la tendre enfance.

lol

Je sais pas comment interpréter ton lol mais si tu veux me faire profiter de ta sagesse, je t'en prie Wink
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par air le Ven 25 Mai 2012 - 21:18

ananie a écrit:
Air a écrit:Je ne vois pas les choses ainsi pour ma part. Selon moi, le libre arbitre est à l'origine de l'ignorance (des bons choix à faire), qui implique le fait de commettre des erreurs, qui implique à son tour la souffrance, dont la conséquence est l'apparition du mal.
On n'a pas la même définition du mal je crois.
J'ai une définition chrétienne : est appelé le "mal" ce qui n'est pas en accord avec la volonté de Dieu et notre véritable nature.
Dans ma définition l'erreur et l'ignorance font partie de ce que j'appelle le mal.
Effectivement. Ce que j'appelle "mal" pour ma part est beaucoup plus ciblé, c'est une énergie noire qui obscurcit le coeur des hommes.

Lorsque je pense au mal, me viennent immédiatement en tête des souvenirs d'entités dans l'astral qui venaient m'importuner il y a quelques années, qui sont capables d'incarner plus que les humains ces énergies sombres. Mais on les retrouve également chez les humains. La cruauté est par exemple très proche de cette énergie du mal.
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par tijani le Ven 25 Mai 2012 - 21:35

oui Lounaaa

ibliss ( satan ) etait un ange d'un point de vue fonctionnel et non archétypal ;
il fut régent et messager de dieu sur terre pendant plus de 6000 ans , bien avant la création d'adam , les peuples éthériques existant se soumirent à sa loi et d'autres non ...
il a certains pouvoirs voulus par dieu ...
il peut ressusciter des étres étheriques
il jouit de l'immortalité terrestre et ce; jusqu'au jour du jugement
il peut s'incarner en humain , comme un ange (rappelez vous des anges qui vinrent à abraham sous forme humaine . Et OUI le corps humain est vecteur de beaucoup de choses Twisted Evil )

le démon est un etre vaporeux qui penétre par les 5 orifices humains ( oreille , nez , bouche anus , méat urinaire ), a notre insu , notre sang l'absorbe , ou par perspiration , ou par respiration et il nous inspire ce qu'il veut , par l'alchimie de son etre sur notre cerveau ...

tu comprends le sens des ablutions qui concerne ces 5 orifices; avant les 5 prieres musulmanes ...et surtout le rite qui consiste a tuer l'animal par égorgement ( cascher ou hallal) ainsi on libere l'entité qui pourrait exister dans l'animal en question , car le feu de la cuisson ne les tue pas , il sont eux meme fait de feu ...

le démon superieur ne possede jamais , cette tache appartient aux plus petits ; les maitres cohabitent toute une vie avec une personne , cela peut etre un scientifique , un chef d'etat (hitler et tous les tyrans de la terre ) , un prétre , un imam , leur maitre prend toujours l'aspect d'un sage vénérable qui infiltre les religions ( genre khomeny par exemple pour l'islam ..) je ne citerai pas pour les autres cultes pour ne pas heurter ...

satan vout une haine particuliere pour les juifs et les arabes ( fils d'isaac et fils d'ismael) ...

bon je vais m'arretter sinon , on va me piquer et me mettre un camisole

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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par tijani le Ven 25 Mai 2012 - 21:50

Lamdi a écrit:Je sais pas comment interpréter ton lol mais si tu veux me faire profiter de ta sagesse, je t'en prie Wink

2 fois lol ...

lol frappe

Sleep trop crevé a demain pti frére ...


Dernière édition par air le Ven 25 Mai 2012 - 22:26, édité 1 fois (Raison : Correction des balises de citation)
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Lamdi le Sam 26 Mai 2012 - 0:44

À demain. Mon nouvel avatar ne t'incitera pas à dire lol une troisième fois Very Happy
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Marylo le Sam 26 Mai 2012 - 5:29

Hermann,

Tout à fait d'accord avec toi et ton analyse (bonne équipe tous les deux Very Happy ). Je le vois autour de moi, pas dans ma famille où nous sommes allègrement perchés et marchant aux côtés de Dieu depuis des lustres. Mais au niveau de mes amies, je n'ai jamais caché mon côté spirituel et je me rends compte que cela les fait sourire, comme une marotte pas bien méchante. Mais dès que nous commençons à parler vraiment Divinité intérieure, alors là : branle bas de combat... Soit je ne suis pas comprise, soit je suis contrée (gentiment certes) et on m'oppose systématiquement le Dieu Humain pour contre cette parcelle de divinité à l'intérieur dont je leur parle. Alors, si je commençais à théoriser : là, je pense qu'il y aurait comme un fossé qui se creuserait entre nous. Mon cheminement personnel est également très lent, je conçois donc qu'il en est de même pour les autres. Et concernant le mal, le malin, le diable, etc... il est plus facile d'envisager cela comme extérieur à nous (de même que pour Dieu d'ailleurs) parce qu'ainsi, notre responsabilité n'est pas entièrement engagée... Je sais qu'il faut y aller tranquillou avec les autres et la meilleure façon que j'ai trouvée est d'être sincère et intègre dans ma démarche personnelle : je suis totalement moi, spirituelle et "perchée" selon certaines de mes amies, "bisounours" selon les autres mais petit à petit, je déteins sur elles Very Happy et pour un très petit nombre, nous avons des discussions passionnantes sur la spiritualité. Il faut être patient pour ouvrir les portes et se rappeler comment nous étions au début de notre démarche spirituelle : hésitant et craintif... Ce n'est pas toujours facile de se trouver face à Dieu en nous Rose

Je vous embrasse
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Lamdi le Dim 27 Mai 2012 - 15:04

tijani a écrit:
Lamdi a écrit:Je sais pas comment interpréter ton lol mais si tu veux me faire profiter de ta sagesse, je t'en prie Wink

2 fois lol ...

lol frappe

Sleep trop crevé a demain pti frére ...

Demain est passé.

J'ai des amis sur ce forum et je sais quand ils plaisantent ou non. Tu viens juste de t'inscrire Tijani et nous ne nous connaissons pas encore. Ton manque d'explication me laisse à penser que ce sont des moqueries gratuites.

J'ai exprimé ma vérité, j'attends la tienne. C'est de la politesse élémentaire. Ceci afin d'éviter un malentendu entre nous dès le départ.

In lakech



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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par air le Dim 27 Mai 2012 - 16:50

Ca dépend, aujourd'hui est peut-être encore demain (Very Happy on se comprend Etoiles) si on considère que la journée commence à minuit !

Peut-être simplement a-t-il cru que tu plaisantais ?
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Lamdi le Dim 27 Mai 2012 - 17:34

Oui peut-être. Dans ce cas là tout s'éclaire.

Dans mon premier message, le "j'ai entendu dire" peut prêter à confusion, c'est vrai. Je m'y suis identifié car ça correspond à mon vécu et je suis attaché à ma personne.

Enfin voilà quoi... je suis très sérieux en ce moment Laughing
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par tijani le Dim 27 Mai 2012 - 18:10

oui air a raison , pour moi tu plaisantais , et meme j'ai y est vu un peu de moquerie de ta part , je comprens maintenant que non ,
je m'excuse de t'avoir identifier ; a certaines personnes qui a chaque fois qu' on parle des écrits bibliques ou coraniques , nous ressortent des explications scientifico- psycho- spirituelles ,
exemple : dans le topic des 7 péchers ,on a un droit a une pesudo vanne genre ca doit faire peur a tout le monde ; dans le registre de la psychananlyse qui n'a jamais guerit qui que se soit ....je m'excuse d'avoir réagi si vivemment dans ce topic , je regrette; mes mots ont dépasseé ma pensée , et je visais surtout pas le boudhisme , tradition primordiale de dieu au meme titre que les autres .

j'ai répondu par lol , parcque pour moi tu plaisantais , ( je suis médecin de profession ) et l'allusion au thymus m'a fait sourire c'est tout ...

voila lamdi, t'as pas l'air détre un méchant , moi non plus ....

Kiss voila ; ce smyley me pardonnera tout

une question : j'espere que t'as pas changer ton avatar a cause du lol ?

lol frappe


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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Lamdi le Dim 27 Mai 2012 - 18:27

Tu es sympathique Tijani, j'accepte tes excuses avec apaisement.
Désolé d'avoir perturbé le fil du sujet.

PS : Oui pour l'avatar. Est-ce que j'en parle à mon psy ? Laughing
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par tijani le Dim 27 Mai 2012 - 19:59

en rire est aussi une thérapie

Hi !
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Highlander le Sam 28 Juil 2012 - 15:59

ananie a écrit:Selon la tradition chrétienne et Saint Augustin, le mal n'existe pas en lui même.
Il n'y a pas de principe mauvais.

Mais toutes choses sont bonnes par nature et le mal est une déformation de la nature véritable des choses.


On peut prendre cette comparaison pour illustrer :

Une maison n'est pas une création divine.
C'est une fabrication humaine.

Dieu crée la pierre, le bois, le métal...

Puis à partir de ces éléments de base qui sont tous bons par nature, l'homme fabrique une maison.

Si la maison est très mal construite, on pourra dire ici qu'elle représente le mal.
C'est à dire un mauvais agencement de choses qui sont bonnes par nature.

Il sera donc toujours possible de détruire cette maison, de récupérer les matériaux de base puis d'en reconstruire une nouvelle qui soit bonne.

Et c'est pareil pour nous :
Si l'on est habité par une agressivité destructrice, on peut sentir pleinement cette agressivité (pour qu'elle soit accessible au travail que l'on veut faire sur elle), la déconstruire, et en récupérer l'énergie de base pour en faire une juste force d'affirmation.

S'inspirant probablement de St Augustin, c'est ce qu'explique René Guénon dans son chapitre consacré au Démiurge. S'il y a des intéressés(es), je peux poster ce chapitre, qui est relativement long...
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Le_Chat le Sam 28 Juil 2012 - 20:15

Highlander a écrit:S'inspirant probablement de St Augustin, c'est ce qu'explique René Guénon dans son chapitre consacré au Démiurge. S'il y a des intéressés(es), je peux poster ce chapitre, qui est relativement long...
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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par Highlander le Dim 29 Juil 2012 - 7:27

MELANGES

René GUENON

GALLIMARD

Première Partie

METAPHYSIQUE ET COSMOLOGIE


LE DEMIURGE


[ Nous reproduisons ici le premier texte, croyons-nous, qui ait été, sinon rédigé, du moins publié par René Guénon. Il a paru dans le premier numéro de la revue La Gnose, daté de novembre 1909 ]

Il est un certain nombre de problèmes qui ont constamment préoccupé les hommes, mais il n’en est peut-être pas qui ait semblé généralement plus difficile à résoudre que celui de l’origine du Mal, auquel se sont heurté comme à un obstacle infranchissable la plupart des philosophes et surtout des théologiens : « Si Deus est, unde Malum ? Si non est, unde Bonum ? »
Ce dilemme est en effet insoluble pour ceux qui considèrent la Création comme l’œuvre directe de Dieu, et qui, par suite, sont obligés de le rendre également responsable du Bien et du Mal.
On dira sans doute que cette responsabilité est atténuée dans une certaine mesure par la liberté des créatures ; mais, si les créatures peuvent choisir entre le Bien et le Mal, c’est que l’un et l’autre existent déjà, au moins en principe, et, si elles sont susceptibles de se décider parfois en faveur du Mal au lieu d’être toujours inclinées au Bien, c’est qu’elles sont imparfaites ; comment donc Dieu, s’il est parfait, a-t-il pu créer des êtres imparfaits ?

Il est évident que le Parfait ne peut engendrer l’imparfait, car, si cela était possible, le Parfait devrait contenir en lui-même l’imparfait à l’état principiel, et alors il ne serait plus le Parfait.
L’imparfait ne peut donc pas procéder du Parfait par voie d’émanation ; il ne pourrait alors que résulter de la création « ex nihilo » ; mais comment admettre que quelque chose puisse venir de rien, ou, en d’autres termes, qu’il puisse exister quelque chose qui n’ait point de principe ?
D’ailleurs, admettre la création « ex nihilo », ce serait admettre par là même l’anéantissement final des êtres créés, car ce qui a eu un commencement doit aussi avoir une fin, et rien n’est plus illogique que de parler d’immortalité dans une telle hypothèse ; mais la création ainsi entendue n’est qu’une absurdité, puisqu’elle est contraire au principe de causalité, qu’il est impossible à tout homme raisonnable de nier sincèrement, et nous pouvons dire avec Lucrèce : « Ex nihilo nihil, ad nihilum nil posse reverti. »

Il ne peut rien y avoir qui n’ait un principe ; mais quel est ce principe ? Et n’y a-t-il en réalité qu’un Principe unique de toutes choses ?
Si l’on envisage l’Univers total, il est bien évident qu’il contient toutes choses, car toutes les parties sont contenues dans le Tout ; d’autre part, le Tout est nécessairement illimité, car, s’il avait une limite, ce qui serait au-delà de cette limite ne serait pas compris dans le Tout, et cette supposition est absurde.
Ce qui n’a pas de limite peut être appelé l’Infini, et, comme il contient tout, cet Infini est le principe de toutes choses. D’ailleurs, l’Infini est nécessairement un, car deux Infinis qui ne seraient pas identiques s’excluraient l’un l’autre ; il résulte donc de là qu’il n’y a qu’un Principe unique de toutes choses, et ce Principe est le Parfait, car l’Infini ne peut être tel que s’il est le Parfait.

Ainsi, le Parfait est le Principe suprême, la Cause première ; il contient toutes choses en puissance, et il a produit toutes choses ; mais alors, puisqu’il n’y a qu’un Principe unique, que deviennent toutes les oppositions que l’on envisage habituellement dans l’Univers : l’Être et Non-Être, l’Esprit et la Matière, le Bien et le Mal ?
Nous nous trouvons donc ici en présence de la question posée dès le début, et nous pouvons maintenant la formuler ainsi d’une façon plus générale : comment l’Unité a-t-elle pu produire la Dualité ?

Certains ont cru devoir admettre deux principes distincts, opposés l’un à l’autre ; mais cette hypothèse est écartée par ce que nous avons dit précédemment.
En effet, ces deux principes ne peuvent pas être infinis tous deux, car alors ils s’excluraient ou se confondraient ; si un seul était infini, il serait le principe de l’autre ; enfin si tous deux étaient finis, ils ne seraient pas de véritables principes, car dire que ce qui est fini peut exister par soi-même, c’est-à-dire que quelque chose peut venir de rien, puisque tout ce qui est fini a un commencement, logiquement, sinon chronologiquement.
Dans ce dernier cas, par conséquent, l’un et l’autre, étant finis, doivent procéder d’un principe commun, qui est infini, et nous sommes ainsi ramené à la considération d’un Principe unique.
D’ailleurs, beaucoup de doctrines que l’on regarde habituellement comme dualistes ne sont telles qu’en apparence ; dans le Manichéisme comme dans la religion de Zoroastre, le dualisme n’était qu’une doctrine purement exotérique, recouvrant la véritable doctrine ésotérique de l’Unité : Ormuzd et Ahriman sont engendrés tous deux par Zervané-Akérêné, et ils doivent se confondre en lui à la fin des temps.

La Dualité est donc nécessairement produite par l’Unité, puisqu’elle ne peut pas exister par elle-même ; mais comment peut-elle être produite ?
Pour le comprendre, nous devons en premier lieu envisager la Dualité sous son aspect le moins particularisé, qui est l’opposition de l’Être et du Non-Être ; d’ailleurs, puisque l’un et l’autre sont forcément contenus dans la Perfection totale, il est évident tout d’abord que cette opposition ne peut être qu’apparente.
Il vaudrait donc mieux parler seulement de distinction ; mais en quoi consiste cette distinction ? Existe-t-elle en réalité indépendamment de nous, ou n’est-elle simplement que le résultat de notre façon de considérer les choses ?

Si par Non-Être on entend que le pur néant, il est inutile d’en parler, car que peut-on dire de ce qui n’est rien ?
Mais il en est tout autrement si l’on envisage le Non-Être comme possibilité d’être ; l’Être est la manifestation du Non-Être ainsi entendu, et il est contenu à l’état potentiel dans ce Non-Être.
Le rapport du Non-Être à l’Être est alors le rapport du non-manifesté au manifesté, et l’on peut dire que le non-manifesté est supérieur au manifesté dont il est le principe, puisqu’il contient en puissance tout le manifesté, plus ce qui n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais manifesté.
En même temps, on voit qu’il est impossible de parler ici d’une distinction réelle, puisque le manifesté est contenu en principe dans le non-manifesté ; cependant, nous ne pouvons pas concevoir le non-manifesté directement, mais seulement à travers le manifesté ; cette distinction existe donc pour nous, mais elle n’existe que pour nous.

S’il en est ainsi pour la Dualité sous l’aspect de la distinction de l’Être et du Non-Être, il doit en être de même, à plus forte raison pour tous les autres aspects de la Dualité.
On voit déjà par là combien est illusoire la distinction de l’Esprit et de la Matière, sur laquelle on a pourtant, surtout dans les temps modernes, édifié un si grand nombre de systèmes philosophiques, comme sur une base inébranlable ; si cette distinction disparaît, de tous ces systèmes il ne reste plus rien.
De plus, nous pouvons remarquer en passant que la Dualité ne peut pas exister sans le Ternaire, car si le Principe suprême, en se différenciant, donne naissance à deux éléments, qui d’ailleurs ne sont distincts qu’en tant que nous les considérons comme tels, ces deux éléments et leur Principe commun forment un Ternaire, de sorte qu’en réalité c’est le Ternaire et non le Binaire qui est immédiatement produit par la première différenciation de l’Unité primordiale.

Revenons maintenant à la distinction du Bien et du Mal, qui n’est, elle aussi, qu’un aspect particulier de la Dualité.
Lorsqu’on oppose le Bien au Mal, on fait généralement consister le Bien dans la Perfection, ou du moins, à un degré inférieur, dans une tendance à la Perfection, et alors le Mal n’est pas autre chose que l’imparfait ; mais comment l’imparfait pourrait-il s’opposer au Parfait ?
Nous avons vu que le Parfait est le Principe de toutes choses, et que, d’autre part, il ne peut pas produire l’imparfait, d’où il résulte qu’en réalité l’imparfait n’existe pas, ou que du moins il ne peut exister que comme élément constitutif de la Perfection totale ; mais alors, il ne peut pas être réellement imparfait, et ce que nous appelons imperfection n’est que relativité.
Ainsi, ce que nous appelons erreur n’est que vérité relative, car toutes les erreurs doivent être comprises dans la Vérité totale, sans quoi celle-ci, étant limitée par quelque chose qui serait en dehors d’elle, ne serait pas parfaite, ce qui équivaut à dire qu’elle ne serait pas la Vérité.
Les erreurs, ou plutôt les vérités relatives, ne sont que des fragments de la Vérité totale ; c’est donc la fragmentation qui produit la relativité, et, par suite, on pourrait dire qu’elle est la cause du Mal, si relativité était synonyme d’imperfection ; mais le Mal n’est tel que si on le distingue du Bien.

Si on appelle Bien le Parfait, le relatif n’en est point réellement distinct, puisqu’il y est contenu en principe ; donc, au point de vue universel, le Mal n’existe pas.
Il existera seulement si l’on envisage toutes choses sous un aspect fragmentaire et analytique, en les séparant de leur Principe commun, au lieu de les considérer synthétiquement comme contenues dans ce Principe, qui est la Perfection.
C’est ainsi qu’est créé l’imparfait ; en distinguant le Mal du Bien, on les crée tous deux par cette distinction même, car le Bien et le Mal ne sont tels que si on les oppose l’un à l’autre, et, s’il n’y a point de Mal, il n’y a pas lieu non plus de parler de Bien au sens ordinaire de ce mot, mais seulement de Perfection.
C’est donc la fatale illusion du Dualisme qui réalise le Bien et le Mal, et qui, considérant les choses sous un point de vue particularisé, substitue la Multiplicité à l’Unité, et renferme ainsi les êtres sur lesquels elle exerce son pouvoir dans le domaine de la confusion et de la division ; ce domaine, c’est l’empire du Démiurge.

II

Ce que nous avons dit au sujet de la distinction du Bien et du Mal permet de comprendre le symbole de la Chute originelle, du moins dans la mesure où ces choses peuvent être exprimées.
La fragmentation de la Vérité totale, ou du Verbe, car c’est la même chose au fond, fragmentation qui produit la relativité, est identique à la segmentation de l’Adam Kadmon, dont les parcelles séparées constituent l’Adam Protoplaste, c’est-à-dire le premier formateur ; la cause de cette segmentation, c’est Nahash, l’Egoïsme ou le désir de l’existence individuelle.
Ce Nahash n’est point une cause extérieure à l’homme, mais il est en lui, d’abord à l’état potentiel, et il ne lui devient extérieur que dans la mesure où l’homme lui-même l’extériorise ; cet instinct de séparativité, par sa nature qui est de provoquer la division, pousse l’homme à goûter le fruit de l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, c’est-à-dire à créer la distinction même du Bien et du Mal.
Alors, les yeux de l’homme s’ouvrent, parce que ce qui lui était intérieur est devenu extérieur, par suite de la séparation qui s’est produite entre les êtres ; ceux-ci sont maintenant revêtus de formes, qui limitent et définissent leur existence individuelle, et ainsi l’homme a été le premier formateur.
Mais lui aussi se trouve désormais soumis aux conditions de cette existence individuelle, et il est revêtu également d’une forme, ou, suivant l’expression biblique, d’une tunique de peau ; il est enfermé dans le domaine du Bien et du Mal, dans l’Empire du Démiurge.
On voit par cet exposé, d’ailleurs très abrégé et très incomplet, qu’en réalité le Démiurge n’est point une puissance extérieure à l’homme ; il n’est en principe que la volonté de l’homme en tant qu’elle réalise la distinction du Bien et du Mal.
Mais ensuite l’homme, limité en tant qu’être individuel par cette volonté qui est la sienne propre, la considère comme quelque chose d’extérieur à lui, et ainsi elle devient distincte de lui ; bien plus, comme elle s’oppose aux efforts qu’il fait pour sortir du domaine où il s’est lui-même enfermé, il la regarde comme une puissance hostile, et il l’appelle Shathan ou l’Adversaire.
Remarquons d’ailleurs que cet Adversaire, que nous avons créé nous-mêmes et que nous créons à chaque instant, car ceci ne doit point être considéré comme ayant eu lieu en un temps déterminé, que cet Adversaire, disons-nous, n’est point mauvais en lui-même, mais qu’il est seulement l’ensemble de tout ce qui nous est contraire.

A un point de vue plus général, le Démiurge, devenu une puissance distincte et envisagé comme tel, est le Prince de ce Monde dont il est parlé dans l’Evangile de Jean ; ici encore, il n’est à proprement parler ni bon ni mauvais, ou plutôt il est l’un et l’autre, puisqu’il contient en lui-même le Bien et le Mal.
On considère son domaine comme le Monde inférieur, s’opposant au Monde supérieur ou à l’Univers principiel dont il a été séparé, mais il faut avoir soin de remarquer que cette séparation n’est jamais absolument réelle ; elle n’est réelle que dans la mesure où nous la réalisons, car ce Monde inférieur est contenu à l’état potentiel dans l’Univers principiel, et il est évident qu’aucune partie ne peut réellement sortir du Tout.
C’est d’ailleurs ce qui empêche que la chute se continue indéfiniment ; mais ceci n’est qu’une expression toute symbolique, et la profondeur de la chute mesure simplement le degré auquel la séparation est réalisée.
Avec cette restriction, le Démiurge s’oppose à l’Adam Kadmon ou à l’Humanité principielle, manifestation du Verbe, mais seulement comme un reflet, car il n’est point une émanation, et il n’existe pas par lui-même ; c’est ce qui est représenté par la figure des deux vieillards du Zohar, et aussi par les deux triangles opposés du Sceau de Salomon.

Nous sommes donc amenés à considérer le Démiurge comme un reflet ténébreux et inversé de l’Être, car il ne peut pas être autre chose en réalité.
Il n’est donc pas un être ; mais, d’après ce que nous avons dit précédemment, il peut être envisagé comme la collectivité des êtres dans la mesure où ils sont distincts, ou, si l’on préfère, en tant qu’ils ont une existence individuelle.
Nous sommes des êtres distincts en tant que nous créons nous-mêmes la distinction, qui n’existe que dans la mesure où nous la créons ; en tant que nous créons cette distinction, nous sommes des éléments du Démiurge, et, en tant qu’êtres distincts, nous appartenons au domaine de ce même Démiurge, qui est ce qu’on appelle la Création.

Tous les éléments de la Création, c’est-à-dire les créatures, sont donc contenues dans le Démiurge lui-même, et en effet il ne peut les tirer que de lui-même, puisque la création ex nihilo est impossible.
Considéré comme Créateur, le Démiurge produit d’abord la division, et il n’en est point réellement distinct, puisqu’il n’existe qu’autant que la division elle-même existe ; puis, comme la division est la source de l’existence individuelle, et que celle-ci est définie par la forme, le démiurge doit être envisagé comme formateur et alors il est identique à l’Adam Protoplastes, ainsi que nous l’avons vu.
On peut encore dire que le Démiurge crée la Matière, en entendant par ce mot le chaos primordial qui est le réservoir commun de toutes les formes ; puis il organise cette Matière chaotique et ténébreuse où règne la confusion, en en faisant sortir les formes multiples dont l’ensemble constitue la Création.

Doit-on dire maintenant que cette Création soit imparfaite ? On ne peut assurément pas la considérer comme parfaite ; mais, si l’on se place au point de vue universel, elle n’est qu’un des éléments constitutifs de la Perfection totale.
Elle n’est imparfaite que si on la considère analytiquement comme séparée de son Principe, et c’est d’ailleurs dans la même mesure qu’elle est le domaine du Démiurge ; mais, si l’imparfait n’est qu’un élément du Parfait, il n’est pas vraiment imparfait, et il résulte de là qu’en réalité le Démiurge et son domaine n’existent pas au point de vue universel, pas plus que la distinction du Bien et du Mal.
Il en résulte également que, au même point de vue, la Matière n’existe pas : l’apparence matérielle n’est qu’illusion, d’où il ne faudrait d’ailleurs pas conclure que les êtres qui ont cette apparence n’existent pas, car ce serait tomber dans une autre illusion, qui est celle d’un idéalisme exagéré et mal compris.

Si la Matière n’existe pas, la distinction de l’Esprit et de la Matière disparaît par là même ; tout doit être Esprit en réalité, mais en entendant ce mot dans un sens tout différent de celui que lui ont attribué la plupart des philosophes modernes.
Ceux-ci, en effet, tout en opposant l’Esprit à la Matière, ne le considèrent point comme indépendant de toute forme, et l’on peut alors se demander en quoi il se différencie de la Matière ; si l’on dit qu’il est inétendu, peut-il être revêtu d’une forme ?
D’ailleurs, pourquoi vouloir définir l’Esprit ? Que ce soit par la pensée ou autrement, c’est toujours par une forme qu’on cherche à le définir, et alors il n’est plus l’Esprit.
En réalité, l’Esprit universel est l’Être, et non tel ou tel être particulier ; mais il est le Principe de tous les êtres, et ainsi il les contient tous ; c’est pourquoi tout est Esprit.

Lorsque l’homme parvient à la connaissance réelle de cette vérité, il identifie lui-même et toutes choses à l’Esprit universel, alors toute distinction disparaît pour lui, de telle sorte qu’il contemple toutes choses comme étant en lui-même, et non plus comme extérieures, car l’illusion s’évanouit devant la Vérité comme l’ombre devant le soleil.
Ainsi, par cette connaissance même, l’homme est affranchi des liens de la Matière et de l’existence individuelle, il n’est plus soumis à la domination du Prince de ce Monde, il n’appartient plus à l’Empire du Démiurge.

III

Il résulte de ce qui précède que l’homme peut, dès son existence terrestre, s’affranchir du domaine du Démiurge ou du Monde hylique, et que cet affranchissement s’opère par la Gnose, c’est-à-dire par la Connaissance intégrale.
Remarquons d’ailleurs que cette Connaissance n’a rien de commun avec la science analytique et ne la suppose nullement ; c’est une illusion trop répandue de nos jours de croire qu’on ne peut arriver à la synthèse totale que par l’analyse ; au contraire, la science ordinaire est toute relative, et, limitée au Monde Hylique, elle n’existe pas plus que lui au point de vue universel.

D’autre part, nous devons aussi remarquer que les différents Mondes, ou, suivant l’expression généralement admise, les divers plans de l’Univers, ne sont point des lieux ou des régions, mais des modalités de l’existence ou des états d’être.
Ceci permet de comprendre comment un homme vivant sur la terre peut appartenir en réalité, non plus au Monde hylique, mais au Monde psychique ou même au Monde pneumatique.
C’est ce qui constitue la seconde naissance ; cependant, celle-ci n’est à proprement parler que la naissance au Monde psychique, par laquelle l’homme devient conscient sur deux plans, mais sans atteindre encore au Monde pneumatique, c’est-à-dire sans s’identifier à l’Esprit universel.

Ce dernier résultat n’est obtenu que par celui qui possède intégralement la triple Connaissance, par laquelle il est délivré à tout jamais des naissances mortelles ; c’est ce qu’on exprime en disant que les Pneumatiques seuls sont sauvés.
L’état des Psychiques n’est en somme qu’un état transitoire ; c’est celui de l’être qui est déjà préparé à recevoir la Lumière, mais qui ne la perçoit pas encore, qui n’a pas pris conscience de la Vérité une et immuable.
Lorsque nous parlons des naissances mortelles, nous entendons par là les modifications de l’être, son passage à travers des formes multiples et changeantes ; il n’y a là rien qui ressemble à la doctrine de la réincarnation telle que l’admettent les spirites et les théosophistes, doctrine sur laquelle nous aurons quelque jour l’occasion de nous expliquer.
Le Pneumatique est délivré des naissances mortelles, c’est-à-dire qu’il est affranchi de la forme, donc du Monde démiurgique ; il n’est plus soumis au changement, et par suite, il est sans action ; c’est là un point sur lequel nous reviendrons plus loin.

Le Psychique, au contraire, ne dépasse pas le Monde de la Formation, qui est désigné symboliquement comme le premier Ciel ou la sphère de la Lune ; de là, il revient au Monde terrestre, ce qui ne signifie pas qu’en réalité il prendra un nouveau corps sur la Terre, mais simplement qu’il doit revêtir de nouvelles formes, quelles qu’elles soient, avant d’obtenir la délivrance.
Ce que nous venons d’exposer montre l’accord, nous pourrions même dire l’identité réelle, malgré certaines différences dans l’expression, de la doctrine gnostique avec les doctrines orientales, et plus particulièrement avec le Védânta, le plus orthodoxe de tous les systèmes métaphysique fondés sur le Brahmanisme.
C’est pourquoi nous pouvons compléter ce que nous avons indiqué au sujet des divers états de l’être, en empruntant quelques citations au Traité de la Connaissance de l’Esprit de Sankarâtchârya.

« Il n’y a aucun autre moyen d’obtenir la délivrance complète et finale que la Connaissance ; c’est le seul instrument qui détache les liens des passions ; sans la Connaissance, la Béatitude ne peut être obtenue. »

« L’action n’est pas opposée à l’ignorance, elle ne peut l’éloigner ; mais la Connaissance dissipe l’ignorance, comme la Lumière dissipe les ténèbres. »

L’ignorance, c’est ici l’état de l’être enveloppé dans les ténèbres du Monde hylique, attaché à l’apparence illusoire de la Matière et aux distinctions individuelles ; par la Connaissance, qui n’est point du domaine de l’action, mais lui est supérieure, toutes ces illusions disparaissent, ainsi que nous l’avons dit précédemment.

« Quand l’ignorance qui naît des affections terrestres est éloignée, l’Esprit, par sa propre splendeur, brille au loin dans un état indivisé, comme le Soleil répand sa clarté lorsque le nuage est dispersé. »

Mais, avant d’en arriver à ce degré, l’être passe par un stade intermédiaire, celui qui correspond au Monde psychique ; alors, il croit être, non plus le corps matériel, mais l’âme individuelle, car toute distinction n’a pas disparu pour lui, puisqu’il n’est pas encore sorti du domaine du Démiurge.

S’imaginant qu’il est l’âme individuelle, l’homme devient effrayé, comme une personne qui prend par erreur un morceau de corde pour un serpent ; mais sa crainte est éloignée par la perception qu’il n’est pas l’âme, mais l’Esprit universel. »


Celui qui a pris conscience des deux Mondes manifestés, c’est-à-dire du Monde hylique, ensemble des manifestations grossières ou matérielles, et du Monde psychique, ensemble des manifestations subtiles, est deux fois né, Dwidja ; mais celui qui est conscient de l’Univers non manifesté ou du Monde sans forme, c’est-à-dire du Monde pneumatique, et qui est arrivé à l’identification de soi-même avec l’Esprit universel, Atmâ, celui-là seul peut être dit Yogi, c’est-à-dire uni à l’Esprit universel.
Notons en passant que le Monde hylique est comparé à l’état de veille, le Monde psychique est comparé à l’état de rêve, et le Monde pneumatique au sommeil profond ; nous devons rappeler à ce propos que le non-manifesté est supérieur au manifesté, puisqu’il en est le principe.
Au-dessus de l’Univers pneumatique, il n’y a plus, suivant la doctrine gnostique, que le Plérôme, qui peut être regardé comme constitué par l’ensemble des attributs de la Divinité.
Il n’est pas un quatrième Monde, mais l’Esprit universel lui-même, Principe suprême des Trois Mondes, ni manifesté ni non manifesté, indéfinissable et incompréhensible.

Le Yogi ou le Pneumatique, car c’est la même chose au fond, se perçoit, non plus comme une forme grossière ni comme une forme subtile, mais comme un être sans forme ; il s’identifie alors à l’Esprit universel, et voici en quels termes cet état est décrit par Sankarâtchârya.

« Il est Brahma, après la possession duquel il n’y a rien à posséder ; après la jouissance de la félicité duquel il n’y a point de félicité qui puisse être désirée ; et après l’obtention de la connaissance duquel il n’y a point de connaissance qui puisse être obtenue.

« Il est Brahma, lequel ayant été vu, aucun autre objet n’est contemplé ; avec lequel étant devenu identifié, aucune naissance n’est éprouvée ; lequel étant perçu, il n’y a plus rien à percevoir.

« Il est Brahma, qui est répandu partout, dans tout : dans l’espace moyen, dans ce qui est au-dessus et dans ce qui est au –dessous ; le vrai, le vivant, l’heureux, sans dualité, indivisible, éternel et un.

« Il est Brahma, qui est sans grandeur, inétendu, incréé, incorruptible, sans figure, sans qualités ou caractère.

« Il est Brahma, par lequel toutes choses sont éclairées, dont la lumière fait briller le Soleil et tous les corps lumineux, mais qui n’est pas rendu manifeste par leur lumière.

« Il pénètre lui-même sa propre essence éternelle, et il contemple le Monde entier apparaissant comme étant Brahma.

« Brahma ne ressemble point au Monde, et hors Brahma il n’y a rien ; tout ce qui semble exister en dehors de lui est une illusion.

« De tout ce qui est vu, de tout ce qui est entendu, rien n’existe que Brahma, et, par la connaissance du principe, Brahma est contemplé comme l’Être véritable, vivant, heureux, sans dualité.

« L’œil de la Connaissance contemple l’Être véritable, vivant, heureux, pénétrant tout ; mais l’œil de l’ignorance ne le découvre point, ne l’aperçoit point comme un homme aveugle ne voit point la lumière.
« Quand le Soleil de la Connaissance spirituelle se lève dans le ciel du cœur, il chasse les ténèbres, il pénètre tout, embrasse tout et illumine tout. »

Remarquons que le Brahma dont il est question ici est le Brahma supérieur ; il faut avoir bin soin de le distinguer de Brahma inférieur, car celui-ci n’est pas autre chose que le Démiurge, envisagé comme le reflet de l’Être.
Pour le Yogi, il n’y a que le Brahma supérieur, qui contient toutes choses, et hors duquel il n’y a rien ; le Démiurge et son œuvre de division n’existent plus.

« Celui qui a fait le pèlerinage de son propre esprit, un pèlerinage dans lequel il n’y a rien concernant la situation, la place ou le temps, qui est partout, dans lequel ni le chaud ni le froid ne sont éprouvés, qui accorde une félicité perpétuelle, et une délivrance de toute peine, celui-là est sans action ; il connaît toutes choses, et il obtient l’éternelle Béatitude. »


IV

Après avoir caractérisé les trois Mondes et les états de l’être qui y correspondent, et avoir indiqué, autant que cela est possible, ce qu’est l’être affranchi de la domination démiurgique, nous devons revenir encore à la question de la distinction du Bien et du Mal, afin de tirer quelques conséquences de l’exposé précédent.

Tout d’abord, on pourrait être tenté de dire ceci : si la distinction de Bien et du Mal est tout illusoire, si elle n’existe pas en réalité, il doit en être de même de la morale, car il est bien évident que la morale est fondée sur cette distinction, qu’elle la suppose essentiellement.
Ce serait aller trop loin ; la morale existe, mais dans la même mesure que la distinction du Bien et du Mal, c’est-à-dire pour tout ce qui appartient au domaine du Démiurge ; au point de vue universel, elle n’aurait plus aucune raison d’être.
En effet, la morale ne peut s’appliquer qu’à l’action ; or l’action suppose le changement, qui n’est possible que dans le formel ou le manifesté ; le Monde sans forme est immuable, supérieur au changement, donc aussi à l’action, et c’est pourquoi l’être qui n’appartient plus à l’Empire de Démiurge est sans action.
Ceci montre qu’il faut avoir bien soin de ne jamais confondre les divers plans de l’Univers, car ce qu’on dit de l’un pourrait n’être pas vrai pour l’autre.
Ainsi, la morale existe nécessairement dans le plan social, qui est essentiellement le domaine de l’action ; mais il ne peut plus en être question lorsqu’on envisage le plan métaphysique ou universel, puisque alors il n’y a plus d’action.

Ce point étant établi, nous devons faire remarquer que l’être qui est supérieur à l’action possède cependant la plénitude de l’activité ; mais c’est une activité potentielle, donc une activité qui n’agit point.
Cet être est, non point immobile comme on pourrait le dire à tord, mais immuable, c’est-à-dire supérieur au changement ; en effet, il est identifié à l’Être, qui est toujours identique à lui-même : suivant la formule biblique, « l’Être est l’Être ».
Ceci doit être rapproché de la doctrine taoïste, d’après laquelle l’Activité du Ciel est non agissante ; le Sage, en qui se reflète l’Activité du Ciel, observe le non-agir.
Cependant, ce Sage, que nous avons désigné comme le Pneumatique ou le Yogi, peut avoir les apparences de l’action, comme la Lune a les apparences du mouvement lorsque les nuages passent devant elle ; mais le vent qui chasse les nuages est sans influence sur la Lune.
De même, l’agitation du Monde démiurgique est sans influence sur le Pneumatique ; à ce sujet, nous pouvons encore citer ce que dit Sankarâtchârya.

« Le Yogi, ayant traversé la mer des passions, est uni avec la Tranquillité et se réjouit dans l’Esprit.

« Ayant renoncé à ces plaisirs qui naissent des objets externes périssables, et jouissant de délices spirituelles, il est calme et serein comme le flambeau sous un éteignoir, et il se réjouit dans sa propre essence.

« Pendant sa résidence dans le corps, il n’est pas affecté par ses propriétés, comme le firmament n’est pas affecté par ce qui flotte dans son sein ; connaissant toutes choses, il demeure non affecté par les contingences. »
Nous pouvons comprendre par là le véritable sens du mot Nirvâna, dont on a donné tant de fausses interprétations ; ce mot signifie littéralement extinction du souffle ou de l’agitation, donc état d’un être qui n’est plus soumis à aucune agitation, qui est définitivement libéré de la forme.
C’est une erreur très répandue, du moins en Occident, que de croire qu’il n’y a plus rien quand il n’y a plus de forme, tandis qu’en réalité c’est la forme qui n’est rien et l’informel qui est tout ; ainsi, le Nirvâna, bien loin d’être l’anéantissement comme l’ont prétendu certains philosophes, est au contraire la plénitude de l’Être.

De tout ce qui précède, on pourrait conclure qu’il ne faut point agir ; mais ce serait encore inexact, sinon en principe, du moins dans l’application qu’on voudrait en faire.
En effet, l’action est la condition des êtres individuels, appartenant à l’Empire du Démiurge ; le Pneumatique ou le Sage est sans action en réalité, mais, tant qu’il réside dans un corps, il a les apparences de l’action ; extérieurement, il est en tout semblable aux autres hommes, mais il sait que ce n’est là qu’une apparence illusoire, et cela suffit pour qu’il soit réellement affranchi de l’action, puisque c’est par la Connaissance que s’obtient la délivrance.
Par là même qu’il est affranchi de l’action, il n’est plus sujet à la souffrance, car la souffrance n’est qu’un résultat de l’effort, donc de l’action, et c’est en cela que consiste ce que nous appelons l’imperfection, bien qu’il n’y ait rien d’imparfait en réalité.

Il est évident que l’action ne peut pas exister pour celui qui contemple toutes choses en lui-même, comme existant dans l’Esprit universel, sans aucune distinction d’objets individuels, ainsi que l’expriment ces paroles des Védas : « Les objets diffèrent simplement en désignation, accident et nom, comme les ustensiles terrestres reçoivent différents noms, quoique ce soient seulement différentes formes de terre. » La terre, principe de toutes ces formes, est elle-même sans forme, mais les contient toutes en puissance d’être ; tel est aussi l’Esprit universel.

L’action implique le changement, c’est-à-dire la destruction incessante de formes qui disparaissent pour être remplacées par d’autres ; ce sont les modifications que nous appelons naissance et mort, les multiples changements d’état que doit traverser l’être qui n’a point encore atteint la délivrance ou la transformation finale, en employant ce mot transformation dans son sens étymologique, qui est celui de passage hors de la forme.
L’attachement aux choses individuelles, ou aux formes essentiellement transitoires et périssables, est le propre de l’ignorance ; les formes ne sont rien pour l’être qui est libéré de la forme, et c’est pourquoi, même pendant sa résidence dans le corps, il n’est point affecté par ses propriétés.

« Ainsi il se meut libre comme le vent, car ses mouvements ne sont point empêchés par les passions.

« Quand les formes sont détruites, le Yogi et tous les êtres entrent dans l’essence qui pénètre tout.

« Il est sans qualités et sans action ; impérissable, sans volition ; heureux, immuable, sans figure ; éternellement libre et pur.

« Il est comme l’éther, qui est répandu partout, et qui pénètre en même temps l’extérieur et l’intérieur des choses ; il est incorruptible, impérissable ; il est le même dans toutes choses, pur, impassible, sans forme, immuable.
« Il est le grand Brahma, qui est éternel, pur, libre, un, incessamment heureux, non deux, existant, percevant et sans fin.

Tel est l’état auquel l’être parvient par la Connaissance spirituelle ; ainsi il est libéré à tout jamais des conditions de l’existence individuelle, il est délivré de l’Empire du Démiurge.
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Highlander

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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

Message par lola83 le Dim 29 Juil 2012 - 8:32

Highlander merci d'avoir posté ce texte que je ne connaissais pas

mais je t'avoue je n'ai pas été jusqu'au bout car assez vite j'ai relevé des affirmations gratuites et le moins que je puisse dire c'est que je n'aime pas les affirmations gratuites

par exemple :

oui il est logique de dire que si Dieu est parfait il aurait du créer des êtres parfaits comme lui (pour moi c'est le cas )

le fait que ces créatures CHOISISSENT parfois de faire le mal ( encore que les notions de mal et de bien méritent d'être débattue aussi et ça a été fait par ailleurs sur ce forum ) ne veut pas dire qu'elles sont imparfaites mais qu'elles ne sont pas des robots qui n'auraient pas le libre arbitre

pourquoi décréter que le mal est synonyme d'imperfection et à l'inverse le bien synonyme de perfection ?

également je trouve que dans ces raisonnements il y a confusion entre le monde matériel (l'univers ) qui a eu un commencement et le préexistant de cet univers , univers crée par le Souffle (ou l'Energie ) de Dieu qui lui n'a pas de commencement ni de fin

enfin je pourrais tout reprendre points par points mais ce serait bien long et je n'en ai pas le gout

merci quand même , il est bien pour chacun de vérifier ses propres raisonnements en se confrontant à d'autres avis
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lola83

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Re: Le mal selon la tradition chrétienne et Saint Augustin

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