Le Discours de la servitude volontaire, de La Boétie

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Le Discours de la servitude volontaire, de La Boétie

Message par Sophie le Mar 8 Mai 2012 - 14:04

Bon si ça avait été que moi je l'aurais mis dans la rubrique Textes sacrés Laughing

M'enfin officiellement ce n'est ni religieux ni sacré, donc ça fait rien Very Happy

Tout ce que La Boétie a écrit en rapport à la servitude d'un peuple sous un tyran peut être transposé dans le chemin spirituel.
Si on prend comme base de départ que le tyran est l'ego (dans le sens de l'illusion de l'identification à la personnalité), et que le peuple, ben c'est nous, ce que l'on est vraiment.

Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.


Lorsque nous sommes à genoux, "serviles", devant l'ego, assujettis à lui, alors il est "grand", et il nous paraît vraiment très fort aussi.
Plus nous nous relevons, moins l'ego est fort, et j'imagine que lorsque nous sommes totalement debout spirituellement, alors il disparaît.

Pour moi, et cela sans renier l'aspect dévotionnel de la spiritualité, l'acte spirituel est un acte de rébellion, qui demande de se relever, d'arrêter d'être à genoux, serviles, devant nos tendances négatives (non divines), tout ce que nous croyons être nous et que nous croyons ne pas pouvoir lâcher ou changer, des illusions, des mensonges à soi-même (et aux autres).

Même la dévotion demande de la volonté, même si l'on pratique dans une voie dite "passive", le fait de se mettre en prière demande un acte, un geste, celui justement de se placer en position de prière et de dévotion.

A la base de toute démarche spirituelle à mon sens, il y a le fait de se relever par rapport à une servitude.

Que l'on demande à Dieu de dissoudre le tyran, ou que l'on agisse de manière plus volontariste, il n'empêche que le but est la libération du tyran.
C'est à dire lui faire perdre son pouvoir, et s'en délivrer complètement.

Extrait de wiki à propos du Discours :

L’une des raisons de ce maintien de la servitude est que les tyrans usent de plusieurs stratagèmes pour affaiblir le peuple. D'abord, le peuple est engourdi par le théâtre et les passe-temps ludiques. La Boétie condamne ainsi ces « drogueries » : Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. Le tyran allèche ses esclaves pour endormir les sujets dans la servitude. Il accorde des largesses à son peuple sans que celui-ci se rende compte que c'est avec l'argent même soutiré à ses sujets que ces divertissements sont financés. Ils font parfois, avant de commettre leurs crimes, de beaux discours sur le bien général et la nécessité de l'ordre public. D'autres utilisent l'artifice de la religion pour susciter la crainte du sacrilège, utilisant la tendance de l'ignorant à la superstition. La Boétie, dans un siècle pourtant marqué par les guerres de religion, distingue Dieu du pouvoir. Le pouvoir n’est pas d’origine divine, mais vient bien de la servitude des hommes.

On transpose tout ça en "langage spirituel", ça marche pareil. Very Happy

Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s'empêcher de le secouer ; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (...) Ceux-là ayant l'entendement net et l'esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l'avenir. Ce sont ceux qui ayant d'eux-mêmes l'esprit droit, l'ont encore rectifié par l'étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l'y ramèneraient ; car la sentant vivement, l'ayant savourée et conservant son germe en leur esprit, la servitude ne pourrait jamais les séduire, pour si bien qu'on l'accoutrât. Ainsi, même sous un régime totalitaire, il y en aura toujours pour résister.

Je prends ce passage toujours dans un sens intérieur.
C'est à dire qu'il existe en nous ces "hommes plus fiers et mieux inspirés", qui ne se soumettront jamais, et c'est la ressource que l'on peut appeler pour avancer dans son chemin spirituel, La Boétie évoque aussi le savoir et l'étude, ce qui rejoint le post sur la réflexion et l'étude des textes, pour nourrir son travail spirituel.
Il évoque le discernement, qui est une qualité essentielle à développer aussi.
Et cela évoque qu'en nous, si je transpose, le fait qu'il existe une part insoumise qui même en cas de totalitarisme (egotique), ne se soumettra jamais et luttera toujours pour se relever.

Air évoquait dans un post il y a quelque temps le fait qu'il faut être un peu "fou de Dieu" pour dépasser certaines difficultés du chemin spirituel.
Je pense que là ça rejoint dans le parallèle que je fais le fait qu'il faut être un peu révolutionnaire et fou de Dieu, insoumis, pour dépasser des obstacles en soi.
Pour ne pas se laisser emberlificoter à nouveau par les discours du tyran.

Voici le lien de la page wiki complète à propos du Discours :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire

Bon, on pourrait sans doute reprendre tout le texte et faire des parallèles, ça serait un peu long et après chacun peut le faire s'il a envie, moi perso ce texte me parle énormément parce que je trouve qu'il apporte un gros souffle de libération, quand on doute ou que l'on a peur.

Je voulais juste poser ça pour amorcer le parallèle possible avec la spiritualité.




Sophie

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