L'ego spirituel ?

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L'ego spirituel ?

Message par Jean-Yves le Jeu 31 Mai 2012 - 20:10

Bonsoir à tous...

Mon expérience sur le sujet :

La voie spirituelle s’établit dans la relation que l’on a avec soi-même, dans notre propre intimité. Pour qu’il y ait dépassement de l’ego spirituel il est nécessaire d’être honnête, franc avec soi-même.
Je ne pense pas que l’on puisse éviter en soi la présence de l’ego spirituel.
Lorsque l’on suit un cheminement d’ouverture intérieure, il s’anime en soi du bonheur mais aussi une sorte de satisfaction de réussir (ou d’avoir réussi).

Ici, à ce stade, on pourrait dire que cette satisfaction n’a pas lieu d’être (car cette part soi qui tire une fierté n’est en rien à l’origine de « la venue de plus de clarté » en soi.)
Mais en fait, c’est dans cette attitude-là que s’établit le verrouillage, le mécanisme de fermeture de l’ego qui gène l’approfondissement de soi. Car, dans ce cas, l’ego spirituel est refoulé et reste une part cachée de soi et ainsi, une division, une dualité s’installe en soi.

Et c’est là, que pouvoir, avoir la force de se regarder soi-même en toute honnêteté est essentiel. C’est en cela que se situe une sorte de « mise à genoux » en soi, dans cette reconnaissance.
Et ce mécanisme de fermeture intérieure se maintient aussi parce que cet « ego spirituel » nous apparaît comme une gène, un obstacle dans notre cheminement, dans la voie spirituelle.
Ce positionnement intérieur à travers lequel on voudrait éluder la présence de l’ego spirituel n’est pas justifié ; car cet état de libération intérieure est déjà une réalité en soi pour tous et cela quel que soit la clarté de notre propre conscience individuelle. Il n’y a donc rien à atteindre, rien qui ne soit déjà là.

Pour résumer ce que j’ai écrit ci-dessus je dirais :
Le verrouillage intérieur ne se situe pas dans la présence de l’ego spirituel (qui peut apparaître comme le vilain petit canard) mais dans sa « non reconnaissance » en soi. « Non reconnaissance » qui empêche ce qui est la véritable conscience (d’éveil) de se révéler. Véritable conscience qui est toujours, pour tous et pour chacun, libre par nature.

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Cobra-de-jade le Jeu 31 Mai 2012 - 20:22

Merci pour cette propa Jean-Yves Smile

Je suis bien d'accord avec toi : l'ombre grandit à l'ombre de la lumière consciente, c'est dans cette cave inconsciente et obscure qu'elle trouve sa nourriture pour subsister. Lorsque cette ombre (dont l'égo spirituel fait bien sûr partie) est exposé au soleil de la conscience, elle cesse d'être nourrie, perd de son pouvoir et fini par fondre comme neige au soleil... sunny
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Greenman le Jeu 31 Mai 2012 - 20:35

Oui, tout le monde se coltine ça, l'ego trouve toujours une manière de se faufiler. pig
Je trouve que la pratique du silence met à la fois le problème au grand jour, et en même temps, aide à le nettoyer... sunny

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Cobra-de-jade le Jeu 31 Mai 2012 - 20:41

Yep M'sieur vert de la feuille ! cheers

Pour ce qui est de la recherche de profit et de pouvoir de l'égo spirituel, je rejoins également Jean-yves. A mes yeux, il n'y a pas de différence de nature mais uniquement de degré entre celui qui cherche à accumuler richesse et "bons plans" et celui qui, animé par la même avidité, tente de collectionner les états de conscience assis sur son coussin de méditation comme s'il était assis sur la bourse de wall-street en attendant que le sort lui soit favorable. Comment se produit ce retournement, cette métanoia de l'avidité en lacher prise? C'est là pour moi l'essence même de la grâce. Animé par cette grâce, comme dirait le sage taoïste Tchouang tseu, la méditation devient une simple pratique où l'on ne fait que s'asseoir et s'oublier.
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Greenman le Jeu 31 Mai 2012 - 20:52

C'est bien dit, ça, Kundalini-de-jade Very Happy , la Grâce change les choses, et on n'a plus " qu'à " stabiliser le lâcher-prise...

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Cobra-de-jade le Jeu 31 Mai 2012 - 20:58

Greenman a écrit:C'est bien dit, ça, Kundalini-de-jade Very Happy , la Grâce change les choses, et on n'a plus " qu'à " stabiliser le lâcher-prise...

Même pas Wink ... il se stabilise "tout seul", ça aussi fait partie du processus de lacher prise.

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Re: L'ego spirituel ?

Message par air le Jeu 31 Mai 2012 - 21:03

Bonsoir,

Je ne suis pas certain de partager les derniers développements de cette discussion. S'il est question de résumer le travail sur soi à du lâcher-prise et à "attendre" que la grâce survienne, je crois que je ne vous suivrai pas sur cette voie.

Selon moi, pour parvenir à la Réalisation, il y a d'abord beaucoup de travail et ensuite, un peu de lâcher prise (en proportion). S'en remettre à la grâce pour aller au bout du chemin reviendrait un peu à dire, à mes yeux, que l'éveil est une sorte de loterie et qu'on ne peut pas s'en remettre à soi-même pour l'atteindre.

Mais peut-être (sans doute) qu'il s'agit uniquement de difficultés de compréhension entre nous.
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Cobra-de-jade le Jeu 31 Mai 2012 - 21:18

air a écrit:Bonsoir,

Je ne suis pas certain de partager les derniers développements de cette discussion. S'il est question de résumer le travail sur soi à du lâcher-prise et à "attendre" que la grâce survienne, je crois que je ne vous suivrai pas sur cette voie.

Selon moi, pour parvenir à la Réalisation, il y a d'abord beaucoup de travail et ensuite, un peu de lâcher prise (en proportion). S'en remettre à la grâce pour aller au bout du chemin reviendrait un peu à dire, à mes yeux, que l'éveil est une sorte de loterie et qu'on ne peut pas s'en remettre à soi-même pour l'atteindre.

Mais peut-être (sans doute) qu'il s'agit uniquement de difficultés de compréhension entre nous.

Attendre que la grâce survienne fait partie de l'avidité de l'égo et cette forme d'avidité est encore plus stérile et perverse car elle s'attend à tout recevoir sans jamais rien donner.

Je comprends ton point de vue, en apparence ce que je dis va dans le sens contraire, mais seulement en apparence parce qu' à moins d'être habité par une grâce tout à fait exceptionnelle, il est pratiquement impossible de parvenir à la réalisation sans une pratique spirituelle intense ET régulière ! Pour que le déclic de lacher prise, d'abandon profond se produise, il faut bcp donner de soi et parfois à la limite de l'épuisement un peu comme le sportif qui a été au bout de lui-même, et qui, au summun de son effort ressent que quelque chose en lui cède pour faire place à une énergie d'une tout autre nature, complètement impersonnelle, une sorte de graine de l'éveil dont l'écorce a cédé et qui deploie tout à coup sa lumière dans l'ensemble de notre structure. Après avoir prêché l'absolue spontanéité de l'être, unissant les prétendues opposition d'effort et de lacher prise, du faire et du non faire, le sage chinois Lin-tsi a dit : "que chacun effort, salut !"
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Re: L'ego spirituel ?

Message par air le Jeu 31 Mai 2012 - 21:29

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Cobra-de-jade le Jeu 31 Mai 2012 - 21:45

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Re: L'ego spirituel ?

Message par goonange le Ven 1 Juin 2012 - 8:10

Je dépose ici un texte de Khalil Gibran au sujet de la Liberté. J'ai essayé de lire avec coeur vos propos comme je l'avais fait il y a deux ans pour ce texte. Que je crois avoir compris simplement il y a peu...Notre recherche d'éveil, de lâcher prise ne nous enchaîne-t-elle pas au même titre que cette quête incessante que certains font de liberté...Et si atteindre l'éveil c'était simplement ETRE...triste, en colère, joyeux, fatigué, en forme, respirer, dormir, cueillir un fruit, AIMER...?
Je crois que la pratique spirituelle reviendrait à retrouver ce que les enfants font avec merveille, être dans l'instant et rire aux éclats et dans la seconde pleurer à chaudes larmes et hop rire aux éclats... Notre EGO fait partie de notre Etre et nous l'avons choisi comme tel...En tout cas cela fait partie de ma conception de départ à savoir que mon âme a choisi de vivre tout ce que je vis, seconde après seconde...


" Parle nous de la LIBERTE et il répondit : Je vous ai vu vous prosterner aux portes de la cité et dans vos foyers, et vous vouer au culte de votre propre liberté, Comme les esclaves qui s'humilient devant un tyran et le louent, alors qu'il les anéantit. Oui, dans le bosquet du temple et dans l'ombre de la citadelle, j'ai vu les plus libres d'entre vous porter leur liberté comme un joug ou des menottes. Et mon cœur saigna en moi ; car vous ne pouvez être libre lorsque vous forgez une chaîne du désir même de la liberté, et quand vous ne cessez de parler de la liberté comme d'un but et un accomplissement.

Vous serez libre en vérité non pas quand vous jours seront sans tourments et vos nuits sans un désir ou un chagrin, Mais d'avantage quand ces choses étrangleront votre vie, et que pourtant vous vous élèverez au-dessus d'elles, nu et sans entraves. Et comment vous élèverez-vous au-delà de vos jours et de vos nuits, à moins que vous ne rompiez les chaînes que vous-même, à l'aurore de votre entendement, avez fixé autour de votre âge mûr ?

En vérité ce que vous appelez liberté est la plus solide de ces chaînes, bien que ses anneaux scintillent au soleil et éblouissent vos yeux. Et à quoi voulez-vous renoncer dans votre quête de la liberté, si ce n'est à des parcelles de vous même ? S'il existe une loi injuste que vous voudriez abolir, cette loi fut écrite de votre propre main sur votre propre front. Vous ne pouvez l'effacer en brûlant vos tables de la loi, ni en lavant le front de vos juges, même si vous déversiez sur eux la mer toute entière.

Et s'il existe un despote que vous voudriez détrôner, voyez d'abord si l'image de son trône érigée en vous est détruite. Car comment le tyran peut-il régner sur les affranchis et les fiers, s'il n'existe une tyrannie dans leur propre liberté et une honte dans leur propre fierté ?

Et s'il existe un tourment que vous voudriez dissiper, le siège de cette crainte est dans votre cœur et non dans la main du tourment. Vraiment, toutes les choses se meuvent dans votre être en une continuelle étreinte fatale ; ce que vous désirez et ce que vous redoutez, ce qui vous attire et ce qui vous répugne, ce que vous poursuivez et ce que vous voulez fuir.

Ces choses se meuvent en vous comme la lumière et l'ombre, en couples enlacés. Et quand l'ombre se dissipe et disparaît, la lumière qui persiste devient l'ombre d'une autre lumière.

Et telle est votre liberté qui, quand elle perd ses entraves, devient l'entrave d'une plus grande liberté."
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Sophie le Ven 1 Juin 2012 - 9:31

Je ne sais pas si ce dont tu parles Jean Yves est ce que moi j'appelle l'orgueil spirituel.
C'est à dire considérer sa voie, ou son cheminement, ou ses connaissances supérieures à d'autres, ou aussi se considérer comme plus avancé que quelqu'un d'autre, se placer en position de supériorité sur le plan spirituel.

Le terme "ego spirituel" ne me parle pas trop, c'est pas pour "pinailler", c'est simplement que la définition de l'ego qui me parle est celle des bouddhistes, identification à la personnalité, et du coup avec cette définition de l'ego, pour moi il ne peut pas être "spirituel", de par ce qu'il représente.

A moins qu'il ne s'agisse d'une identification que l'on crée -> dans le sens d'inclure sa spiritualité dans sa personnalité et de s'identifier à cela.
Mais du coup il me semble que ça perd aussi son essence spirituelle -> c'est ramener quelque chose qui est lié à l'être dans le domaine de la forme, donc le pervertir finalement, en faire un instrument.

Castaneda évoque quatre ennemis sur le chemin d'un homme de connaissance, parmi eux sont la puissance et la clarté, qui à mon sens sont des émanations de cet orgueil spirituel.
(Les deux autre sont la peur et la vieillesse).


Lorsque l’on suit un cheminement d’ouverture intérieure, il s’anime en soi du bonheur mais aussi une sorte de satisfaction de réussir (ou d’avoir réussi).

Ici, à ce stade, on pourrait dire que cette satisfaction n’a pas lieu d’être (car cette part soi qui tire une fierté n’est en rien à l’origine de « la venue de plus de clarté » en soi.)
Mais en fait, c’est dans cette attitude-là que s’établit le verrouillage, le mécanisme de fermeture de l’ego qui gène l’approfondissement de soi. Car, dans ce cas, l’ego spirituel est refoulé et reste une part cachée de soi et ainsi, une division, une dualité s’installe en soi.

Je suis complètement d'accord avec cela.
Ca rejoint aussi il me semble ce dont on parlait avec Hirloe dans ce post :
http://www.forumspirituel.fr/t523-rapport-avec-soi-perception-de-soi-meme#13211

Quand on se refuse à reconnaître cette satisfaction en soi, cette reconnaissance, soit on développe l'orgueil (par des procédés assez tordus souvent inconscients, du genre "ah mais moi je suis vraiment humble parce que je ne me satisfais pas de mon avancée, je n'ai pas de sentiment de réussite, je suis vraiment détaché des résultats de ma pratique blablabla"), soit on est déjà dans l'orgueil, soit les deux, c'est à dire que l'on refoule déjà par orgueil et cela nourrit encore plus l'orgueil.

Je crois que le sentiment de réussite, de satisfaction, une fois reconnu et accepté, se dissipe comme un nuage, dans le sens où il ne vient rien nourrir, il ne vient pas gonfler l'orgueil spirituel, car la lumière de la conscience l'a complètement dissout (sur le moment du moins).
Ce qui n'empêche pas de rester vigilant.

En fait je crois que dès que l'on a des pensées du genre "je n'ai pas d'orgueil", on devrait encore plus y aller voir, parce que là est le gros piège.

Je crois aussi que l'on peut ressentir de l'humilité à certains moments, de manière très claire, mais que cela appartient au monde du divin donc de ce qui n'est pas descriptible.
Dès l'instant où on passe cela en pensées vraiment formulées, ou encore pire en paroles, on perd ce sentiment, on s'en éloigne.

Comme dit greenman, le silence est un grand bienfait dans ce domaine, car je crois que l'humilité appartient au monde du silence, extérieur comme intérieur.
Après tout, savoir si on est dans l'orgueil ou dans l'humilité, cela ne regarde que nous, et nous devrions je crois garder cela à l'intérieur de soi.

La seule chose qui véritablement aide à faire avancer dans la verbalisation, c'est de reconnaître que l'on a été orgueilleux lorsque ça a été le cas, et si l'on a blessé des gens de ce fait, de pouvoir s'en excuser et mettre cela en lumière.
C'est comme un cercle vertueux qui s'installer à la place d'un cercle vicieux, ou bien comme si la spirale se remettait à tourner "dans le bon sens" d'un seul coup.

L'orgueil spirituel semble une gêne dans le chemin et on voudrait souvent s'en débarrasser je crois, mais effectivement ça ne sert à rien d'en faire un vilain petit canard, et sa présence nous pousse à rester toujours vigilant.
Ce qui permet de ne pas s'écarter de sa route authentique.
Si je prenais l'image d'un chemin, je dirais que l'orgueil spirituel en est peut-être les épines de ronces qui parsèment ses bords, de ci de là, histoire que quand on commence à sortir du chemin, aïe, ça pique, -> revenir au centre du chemin, parce que c'est là que ça se passe.

Du reste, à mon sens, les épines de l'orgueil spirituel sont les plus douloureux, en comparaison de l'orgueil "classique" (placé sur des choses matérielles ou du domaine de la personnalité), parce qu'ils blessent directement ce à quoi ils sont associés, à savoir : notre spiritualité.

Il faut parfois de très grosses piqures de rappel pour revenir au centre.
De celles qui laissent une cicatrice nette en soi, qui même lorsque l'on en est guéri, nous rappelle toujours les écueils à éviter.

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Jean-Yves le Ven 1 Juin 2012 - 9:59

Bonjour à tous et merci pour les réponses...

Oui Sophie, l'expression "orgueil spirituel" me va aussi très bien ; la divergeance me semble uniquement être une question de vocabulaire qui ne change en rien ce que l'on veut dire.

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Loryan le Ven 1 Juin 2012 - 10:09

C'est vrai que comme souvent on ne s'accordent pas sur la signification du mot égo qui regroupe une nébuleuse de termes gravitant autour.
D'ailleurs en astrologie le soleil est souvent utilisé lorsqu'on parle d'égo, et je crois que l'analogie de gravitation s'adapte assez bien puisque toujours en astrologie les planètes symbolisent différents aspect de l'égo. (elles n'ont d'ailleurs au sens premier aucune existence ou identification sans le soleil).

J'aime assez le terme identification pour compléter le mot égo, je le trouve très parlant sur la naturel réelle de la problématique de l'égo.

Car finalement on aurait beau être le plus spirituel possible si on s'identifie à cet état on tombe toujours dans le même piège de la limitation de son existence.
Cette limitation elle même responsable de tous ces mots qu'on associe au "combat contre l'égo lors de la recherche spirituelle". (je le met entre "" car c'est plus une image à mon sens)

Qui dit identification dit donc limitation, dit donc frontières, propriétés, dualité, comparaisons, classements, sur et sous évaluation, fermeture d'esprit, etc...
Car lorsqu'on s'identifie notre principe d'existence devient la sauvegarde permanente de notre structure d'identification.... sans quoi on est (on a l'impression) de n'être rien.

Pour parler d'égo j'aime bien parler de l'enfant qui pleure parce qu'il a perdu son "doudou".
L'image du petit enfant nous renvoie très loin de "ces adultes" égotiques et méprisables et rend une réalité plus douce de ce qu'est réellement la personne devant nous où nous même.
L'image du "doudou" rend la même chose tout en associant l'importance que cela a pour l'enfant en même temps que la futilité de cette possession.
Le petit enfant intègre le doudou dans son identification, il en a besoin pour tout un tas de choses dans sa construction dans le sentiment de sécurité, de présence ou je ne sais quoi encore.
C'est tellement mignon et futile que bien peu de gens auront la pensée de blâmer l'enfant ou de s'imaginer un monstrueux égo en construction.

Pourtant les adultes que nous sommes faisons pareil avec des objets, des concepts, des émotions, des personnes, des communautés, etc..
Mais comme nous sommes adultes ça devient plus normal, plus sérieux, plus important, et plus coupable lorsque nous nous jugeons ou jugeons les autres.

Pourtant je trouve qu'il n'y aucune différence hormis peut-être que notre taille et notre maturité adulte transforme parfois la peur et les pleurs par de l'agressivité.

Les gens spirituels se plaisent où se complaisent à dresser un état de leurs egos en permanence.
Pourtant des gens simples et sans prétention sont souvent bien plus humbles et bien plus vivant de leur spiritualité même si ils n'en n'ont pas les arguments, la culture ou la connaissance.
On ne peut parler d'humilité vrai et encore moins l'évaluer parce que ce simple fait la place dans l'égo-orgueil. L'humilité en réaction de l'égo-orgueil provient de la même source sous des habits plus présentables.

Pour la spiritualité c'est pareil... plus on se croit spirituel plus on est dans l'égo, on change juste d'épaule et on se ment à soi même.







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Re: L'ego spirituel ?

Message par Sophie le Ven 1 Juin 2012 - 10:49

Très intéressant ton post Loryan Wink

J'aime assez le terme identification pour compléter le mot égo, je le trouve très parlant sur la naturel réelle de la problématique de l'égo.

Oui je crois aussi, et c'est pourquoi cette définition est celle qui me parle le plus aujourd'hui.
Parce que identification déjà signifie que c'est pas une "fatalité", si on est identifié, on peut se désidentifier. (Je dis pas que c'est toujours facile en claquant des doigts, mais c'est possible, donc la définition même de l'ego dans ce cas ouvre la porte sur la "solution" au problème).

Par ailleurs, la notion d'identification dédramatise l'ego.
Par contre pour l'orgueil, ça me semble différent. L'orgueil est appuyé sur l'ego, mais il est une excroissance plus nocive je crois, et un peu plus "retorse", dans le sens où se désidentifier ne suffit pas toujours pour se défaire réellement d'un sentiment d'orgueil.

Car finalement on aurait beau être le plus spirituel possible si on s'identifie à cet état on tombe toujours dans le même piège de la limitation de son existence.

Complètement d'accord.
D'ailleurs, le fait de penser "être spirituel" est déjà je pense une sorte de "distorsion" dans le sens où nous sommes tous des êtres spirituels, dans notre essence profonde.
Donc se croire spirituel, en sous entendant un peu que d'autres ne le sont pas, c'est déjà complètement faux.

Bon après peut-être que ce que tu disais s'appliquait plutôt à "croire que l'on agit de manière très spirituelle" par exemple, ou bien "penser que l'on est très sage et qu'on se comporte de telle manière".

Car lorsqu'on s'identifie notre principe d'existence devient la sauvegarde permanente de notre structure d'identification.... sans quoi on est (on a l'impression) de n'être rien.

D'accord aussi, et je crois d'ailleurs que c'est une des grosses failles qui peuvent se présenter à un moment quand on suit un chemin spirituel.
Quand on commence à travailler sur soi, à suivre un chemin spirituel, les premières choses que l'on voit, que l'on travaille, sont généralement la partie visible de l'iceberg, les choses les plus "faciles" en quelque sorte, les plus accessibles.
La spiritualité n'est pas encore "partout" dans notre vie, ça commence à s'y répandre, mais ça prend un peu de temps.
Et puis il me semble que plus on persévère dans ce choix, moins on peut dissocier sa propre vie de la spiritualité, et d'une certaine manière il se peut que tout ce qu'on a "enlevé" d'un côté se recristallise de l'autre si on ne fait pas gaffe.
C'est à dire que toutes les chaînes d'identification qu'on a défaites vis à vis de notre personnalité, nos "travers" et nos croyances "de bases" (si je peux dire), se reportent e quelque sorte sur le plan spirituel.
En gros ce qu'on s'imagine avoir "gagné" d'un côté, on commence à le "perdre" de l'autre, parce qu'on n'y fait pas attention.

Et on peut parfois se rendre compte au bout d'un moment, que l'on a bien avancé oui sur le plan psychologique etc... mais que l'on a complètement cristallisé ce faisant un masque spirituel, à notre insu, et il arrive un moment où on se le reprend "en pleine figure".

C'est d'autant plus facile et indécelable en soi de cristalliser ce masque, que notre spiritualité, notre travail intérieur, est aussi notre sauvegarde, dans le sens où cela nous "sauve" intérieurement, nous développons de la gratitude pour notre propre chemin je crois, notre propre pratique, tellement elle peut nous avoir soulagé, aidé, donné le sentiment d'être plus heureux, plus libre, et plus serein en nous-même et dans le monde.
Du coup, on développe une identification à cela comme on développe une identification à ce qui est "le plus important pour nous".
Et même cela doit tomber à un moment.
Parce que sinon ça nous bloque totalement, on atteint ces limites dont tu parles, et on ne bouge plus du tout, même si on a encore l'impression qu'on avance, en fait on "marche sur place".

Pour parler d'égo j'aime bien parler de l'enfant qui pleure parce qu'il a perdu son "doudou".
L'image du petit enfant nous renvoie très loin de "ces adultes" égotiques et méprisables et rend une réalité plus douce de ce qu'est réellement la personne devant nous où nous même.
L'image du "doudou" rend la même chose tout en associant l'importance que cela a pour l'enfant en même temps que la futilité de cette possession.
Le petit enfant intègre le doudou dans son identification, il en a besoin pour tout un tas de choses dans sa construction dans le sentiment de sécurité, de présence ou je ne sais quoi encore.
C'est tellement mignon et futile que bien peu de gens auront la pensée de blâmer l'enfant ou de s'imaginer un monstrueux égo en construction.

Pourtant les adultes que nous sommes faisons pareil avec des objets, des concepts, des émotions, des personnes, des communautés, etc..
Mais comme nous sommes adultes ça devient plus normal, plus sérieux, plus important, et plus coupable lorsque nous nous jugeons ou jugeons les autres.

Disons que l'enfant a au moins cette honnêteté de ne pas essayer de faire croire qu'il n'a pas besoin de son doudou Laughing
Alors que nous-adultes (en apparence du moins Laughing ), et je pense que c'est que réside une grande part de nos difficultés (liées à l'orgueil pour le coup -> ne pas vouloir paraître "faibles", ou ceci ou cela), prétendons souvent que nous ne sommes identifiés à rien.
Alors que l'identification se dissout dans la reconnaissance qu'elle existe bel et bien.

Quand on reconnaît un attachement, on fait déjà le premier pas pour le défaire je crois.
En tout cas c'est généralement nécessaire.
A moins d'être dans un chemin totalement dévotionnel, on avait évoqué cela avec Greenman dans un autre post, je ne me rappelle plus lequel (celui des résistances caractérielles je crois).

Les gens spirituels se plaisent où se complaisent à dresser un état de leurs egos en permanence.

Oui c'est clair Laughing
Mon guide en chamanisme m'avait un peu "prise de front" là-dessus un jour, en me disant "bon tu te rends compte que plus tu parles et tu dissèques ton ego (enfin il employait pas ce mot, mais ça revenait au même), plus tu le nourris ? Il vaut mieux apprendre à porter son attention sur autre chose, ce qui n'empêche pas de rester vigilant et conscient" Laughing

L'humilité en réaction de l'égo-orgueil provient de la même source sous des habits plus présentables.

A mon sens, l'humilité "orgueilleuse" c'est notamment ce qu'on appelle la fausse modestie par exemple.
Ou bien le fait de dénier certaines de ses facultés ou ressources, alors qu'elles existent bel et bien.
Je crois que l'humilité réelle n'est pas ni en "plus" ni en "moins" de quelque chose en soi, c'est peut-être simplement être soi, être à sa juste place, et c'est surtout un sentiment intérieur.
On peut être dans une attitude d'humilité intérieure tout en étant très connu et reconnu, avoir écrit des tas de bouquins, ou aider des tas de gens, même en étant hyper médiatisé.

Oser prendre des risques par exemple pour apporter ce qu'on sent pouvoir apporter, de manière juste et simple, je crois que cela développe l'humilité.
Car la peur de "paraître bête" par exemple, ou d'être incompris, ou d'être rejeté, peut vraiment émaner de l'orgueil, de la volonté de ne pas être "égratigné" ou dérangé dans notre vision ou image de nous-même, ou remis en question.



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Re: L'ego spirituel ?

Message par christian8 le Ven 1 Juin 2012 - 19:18

Merci pour ce post!( trés psychologique la Sophie!) (......) c'est vrai mais c'est étonnant de voir comment chacun traite l'affaire , c'était un bel échange, et ce sujet est capital parmis les chercheurs, je le sais, je ne veux rien ajouter de peur que cet ego spirituel se mette a revivre.... merci encore et a kalhil gibran , quel talent!

christian8

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Jean-Yves le Mar 19 Juin 2012 - 13:00

Bonjour à tous

Je reviens un peu sur ce sujet... qui je crois peut encore être développé...

Je crois que ce que l'on appelle "l'ego" est l'image (l'idée) que l'on a de soi-même ; pour certains l'ego est cette part de la conscience individuelle qui reste repliée sur elle-même et qui en ce sens refuse l'ouverture intérieure.

L'ego spirituel apparaît comme étant cette part de soi qui s'identifie à la Lumière révélée en soi... et comme il y a identification, il y a fermeture. Et à cela je crois qu'on ne peut pas y échapper car tout le processus d'évolution consiste en un raffinement progressif de la conscience individuelle par la venue de la Lumière en soi. Passage très difficile car la Lumière en soi peut créer une très forte identification. Si l'on ne voit pas plus loin que cela et que l'on croit que le processus d'évolution est achevé, on peut très bien en rester là et se prendre, d'une certaine façon, pour "un être de Lumière", ou un « envoyé de Dieu »...

Cette très forte identification provient du traumatisme passé dû à l'absence de la Lumière. Lorsqu'elle (la Lumière) vient à soi, c'est un tel bouleversement que l'on peut se croire au bout du chemin. Et cette croyance, "je suis la Lumière" maintient avec elle une très grande force l'idée d'être une "personne". Et comme il y a ici fermeture du fait même de la croyance en cette structure individuelle, la Lumière ne passe plus… Alors on peut rentrer dans une sorte d’imaginaire, « d’idée de Dieu », entretenant le souvenir de ce que l’on a vécu, se nourrissant de la reconnaissance des autres... Souffrance terrible. Car on n’accepte pas d’avoir « perdu » ce contact avec la Lumière, on veut la garder Elle... Elle nous apporte tant de bonheur…

Cette fermeture à ce stade est ce qui m’apparait comme le niveau le plus puissant de l’ego spirituel (image de soi en tant qu’être spirituel). C’est très insidieux, car même si l’on se dit que l’on « remet à Dieu » cela peut très bien être un processus mental. A ce stade on s’imagine que la Lumière est appelée à se diffuser sur le monde à partir de ce piédestal que nous sommes devenus. Et on peut rester ainsi, des mois, des années… Car ici on entretient nous-mêmes, par le fait de notre propre désir, les expériences spirituelles, les expériences de Lumière.
Mais le mécanisme « d’ouverture intérieure » est en route… et tant que cette force qui pousse à l’évolution en soi ne sera pas plus grande que l’attachement que nous avons à cette bulle dans laquelle nous sommes enfermés, nous vivrons dans cette bulle.

Le mécanisme d’évolution, nous l’avons-nous-mêmes impulsés, consciemment ou non, de par notre propre désir d’évolution, et c’est lui qui nous a conduit jusqu’ici, à ce niveau de perception en soi, à cette venue de la Lumière ; et il est comme un train en marche…

Pour nous libérer de cette bulle, il nous fait ressentir de la souffrance… non pas d’une manière continuelle, mais par séquence ; en d’autres termes, à certains moments ça va, et à d’autres il y a une souffrance très grande. Celle-ci sera pour nous l’opportunité qui nous est donnée de reconnaître la réalité de la bulle (de l’enfermement). Mais on peut résister encore… et ainsi renforcer la structure d’enfermement, devenir plus rigide, plus fanatique dans notre idée de transmettre la lumière, dans notre idée de « message à transmettre »… Et de part ce renforcement de la structure, l’ego a pris une autre attitude, plus fanatique encore.

Mais le mécanisme d’évolution est en marche, et en conséquence, les vagues de souffrance peuvent devenir encore plus intenses…
Seule issue ici, à mon avis, pour sortir de cette « prison » l’honnêteté avec soi-même, reconnaître que l’on souffre lorsque l’on souffre, surtout ne jamais devenir quelqu’un « d’achevé »… Et sans doute aussi, aspirer à y voir clair… appeler à être libéré.
On retrouve à ce sujet cette sorte d’insistance dans les écrits du Christianisme « Toi seul est Saint ! » (« Toi » mis pour le Christ). Sous-entendu « Toi » et personne d’autre… et sous-entendu ceux qui sont « Saints » ne le sont que par Lui.

Et le processus d’évolution continue avec l’acceptation de l’ombre en soi… mais c’est un autre sujet…

sunny


Dernière édition par Jean-Yves le Mar 19 Juin 2012 - 20:25, édité 2 fois
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Varnaf le Mar 19 Juin 2012 - 13:24

L'obscurité s'étend d'autant plus que la lumière croît. Pour se maintenir à niveau il faut sans cesse avancer sur le tapis roulant qui défile sous nos pas... "plus ça change et plus c'est la même chose...." Paradoxe de la Reine Rouge. Suspect
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Message par Jean-Yves le Mar 19 Juin 2012 - 18:11

VARNAF a écrit: "plus ça change et plus c'est la même chose....

Very Happy pour qui ?? tout dépend de l'oeil qui regarde... me semble-t-il... Douce soirée pour toi...
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Greenman le Mar 19 Juin 2012 - 19:32

Votre échange, là, est excellent, quel topic ! En particulier le post de Jean-Yves ci-dessus, même si tous les partages sont très biens I love you

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Varnaf le Mer 20 Juin 2012 - 3:05

Jean-Yves a écrit:
VARNAF a écrit: "plus ça change et plus c'est la même chose....

Very Happy pour qui ?? tout dépend de l'oeil qui regarde... me semble-t-il... Douce soirée pour toi...

Pour tout le monde. C'est lorsque l'on s'enchâsse dans des "situations" que de réels problèmes surgissent car rien n'est fixe et éternel dans ce que je pense être la "vie", l'œil même de l'observateur est en mouvement ... demande à la Reine Rouge.... queen
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Lamdi le Lun 16 Juil 2012 - 10:01

Il y a un truc que j'ai souvent remarqué, c'est qu'en général, plus les gens sont gorgés de savoir et de connaissance et plus ils se la racontent. Et paye ton égo ! Spirituel ou autre.

René Guénon par exemple, qui était un pur maître de la tradition, et est encore aujourd'hui LA référence sur le sujet, était quelqu'un de très imbu de lui-même au quotidien.

Heureusement, nous avons beaucoup de contre-exemples sur ce forum. Je pense notamment à Ananie. Je t'aime lol reviens !
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Re: L'ego spirituel ?

Message par Sophie le Lun 16 Juil 2012 - 10:06

Peut-être est-ce pour ça que lorsque l'on cherche à développer l'humilité, on engage un processus de dépouillement, des idées, du savoir.
Ca rejoint un peu ce que j'évoquais rapidement dans ton autre post Lamdi, je crois que l'orgueil est relié à une amplification, quelque chose qui "gonfle" comme les chevilles qui gonflent au passage Laughing donc dès qu'il y a accumulation, thésaurisation, (de savoir par exemple), il y a ce risque d'orgueil, car il y a cette notion de "quantité" qui apparait, et avec la notion de quantité, la notion de "plus" et de "moins", donc de comparaison à l'autre et d'orgueil sous-jacent.

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Re: L'ego spirituel ?

Message par Jean-Yves le Mer 18 Juil 2012 - 18:15

Bonsoir sunny

En fait, de mon point de vue, la conscience individuelle (notre « je » conscient) peut prendre différentes formes et je crois que l’on peut dire que toutes se valent. L’ego spirituel (l’idée de soi en tant que personne spirituelle qui peut être imbue d’elle-même) a ainsi une forme particulière. Mais cette forme qu’il prend est due à quelque chose qui est plus en profondeur en soi ; en ce sens il (l’ego spirituel) est un peu comme la partie émergée d’un iceberg : il vient (il se met en place pour) contrebalancer un sentiment de manque, d’insuffisance, ancré en soi ; (mais ceci, on n’en a pas forcément conscience) ce que je veux dire ici c'est qu'il n’est pas condamnable, car il trouve son origine dans une blessure intérieure.

Au fil de la vie, la conscience individuelle se transforme, elle s’approfondit, elle s’élargit, surtout si l’on suit une démarche spirituelle ; ce qui fait que l’on est au fil du temps, normalement, de plus en plus épanoui ; ce que je veux dire, c’est que la conscience individuelle, quelle que soit la forme qu’elle prend est tout ce qu’il y a de plus naturel.
Et en ce sens elle peut être acceptée, tout le temps, telle qu’elle est, et ceci quelle que soit la forme qu’elle prend. Le processus de dissolution (ou dépassement) de l’ego (spirituel ou autre) passe par l’acceptation ; et en fait, si l’on considère qu’il y a quelque chose de blâmable dans l’ego spirituel, même légèrement, on verrouille et on se ferme.

S’accepter tel que l’on est, c’est cela ; mais c’est un réel travail, (car ce n’est pas de la résignation) qui (pour moi) passe à travers le silence, car ce n’est pas mental. Si l’on reste assis confortablement, dans le silence (pas la musique à fond lol), ce que l’on est se révèle à soi.

Lao Tseu, d’ailleurs évoque ce mécanisme de dissolution dans le Tao Te King :
« Ce que tu veux voir disparaître, tu dois d’abord bien le laisser se dilater. »

Maintenant, s’accepter soi-même, cela ne signifie pas que l’on ne doit pas se remettre en question. Par exemple si quelqu’un nous dit que l’on a un très fort ego, on peut très bien se remettre en question et se demander : « N’a-t-il pas raison ? »
[Et ceci même si au final ce que l’on est ou ce que l’on n’est pas ne le regarde en rien, car chacun a bien le droit d’être ce qu’il est.]

Car il est toujours plus intéressant de se remettre en question (ce qui signifie voir et ressentir ce que cela fait bouger en soi et éventuellement réajuster dans notre comportement si l'on considère que c'est nécessaire) que de réagir d’une façon impulsive. [D’autant plus que ça n’empêche pas de dire ce que l’on peut avoir à dire.]

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Re: L'ego spirituel ?

Message par OKASAN le Jeu 19 Juil 2012 - 12:27



je suis bien d'accord avec ce que tu dis Jean-Yves, ça me parle complètement.

je ne fais pas de différence entre l'égo spirituel et l'Ego tout court.....

nous n'avons pas, à mon sens, différents égos....... le mot me fait trop penser à une sorte de "séparation" je dirais plus, différentes "parts" en nous et l'ensemble de ces parts nous constituent.... certaines sont plus fortes ou moins fortes, plus ou moins encombrantes, plus ou moins en souffrance etc............ et le travail sur soi, peu importe le chemin, permet de toutes les réconciliées, en les acceptant, en leur pardonnant....voire en les aimants !

c'est peut être juste une histoire de sémantique car le fond est le même

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