Lorsque l'on déplace sa responsabilité à l'extérieur de soi

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Lorsque l'on déplace sa responsabilité à l'extérieur de soi

Message par Sophie le Ven 11 Nov 2011 - 16:57

Je rebondis sur le post de Chrysoprase à propos d'avoir un avis, et de ce qu'Hermann a soulevé à propos de la mauvaise foi, pour parler d'un truc plus général à mon sens qui est le fait dans une discussion, de déplacer sa propre responsabilité à l'extérieur, généralement de la remettre en partie à la personne avec qui on discute.

Cela se passe lorsque l'on se met à agir non plus dans le centrage et la confiance en soi, et connecté à l'intérieur de soi, mais dans une projection vers l'extérieur, une demande même implicite, une attitude qui est dictée par un besoin dont nous n'avons pas forcément conscience, et que nous demandons à l'autre de combler.

C'est le cas par exemple de la mauvaise foi, ou du mensonge, lorsque l'on a une intuition ou une conviction très nette en soi que l'autre ment ou dissimule quelque chose, mais que l'on veut de lui qu'il le reconnaisse, d'abord pour se conforter soi-même et se confirmer à soi-même que l'on avait "raison", que l'on avait perçu correctement la situation.

Cela se passe dès que l'on agit ou parle dans le but, même inconscient, que l'autre fasse ou dise ceci ou cela, c'est à dire que l'on cherche à amener l'autre à une certaine action ou parole, dans un but personnel.

Ca peut être par exemple qu'une personne a dit quelque chose qui nous blesse, ce qu'elle émet nous blesse, mais comme nous avons du mal à reconnaître que nous sommes blessé et à l'assumer, nous demandons explicitement ou implicitement à l'autre de reconnaître qu'il nous a blessé, afin que nous-même puissions l'accepter.
Un peu comme dire implcitement à l'autre "dis, j'avais bien raison d'être blessé, pas vrai ? "
Quand on ne le fait pas avec la personne directement, mais qu'on le fait avec d'autres après, des amis par exemple, avec qui on va ressasser l'histoire, disant à quel point cette personne a été blessante, mais sans être dans une reconnaissance entière de sa propre blessure, cela revient au même.
C'est déplacer la responsabilité de reconnaître ce que l'on ressent à l'extérieur de soi, par l'approbation de quelqu'un d'autre.

Ca peut être aussi comme dans le post initié par Chrysoprase, lorsque l'on n'arrive pas à affirmer son avis, à l'assumer pleinement, et que l'on se place dans la discussion dans une position où finalement c'est le fait que l'autre soit d'accord qui va nous autoriser à assumer ce qu'on pense.

Dès qu'on rentre là-dedans, on entre dans ce qu'on peut appeler la "communication violente", dans le sens où l'entend Rosenberg le créateur de la Communication non violente.
C'est à dire que nos paroles ne sont plus destinées à exprimer et émettre notre réalité, notre vérité, ce que nous sommes en toute sincérité, mais deviennent un instrument de pouvoir, dont le but est d'amener l'autre à telle ou telle attitude parce que nous avons un certain besoin qui n'est pas satisfait en nous. (besoin de reconnaissance, de compréhension... ou autre...)

Y'a pas de de jugement ou de culpabilité à développer de ça, ça nous arrive à tous, et ça peut nous arriver particulièrement quand une blessure ou une faille de l'ego est touchée.
Je crois que l'important quand ça survient c'est surtout d'en prendre conscience et de revenir en soi le plus possible pour recommencer à s'exprimer depuis soi, et libérer l'autre de ses attentes et demandes implicites, afin de se libérer aussi soi-même (car les attentes qu'on porte à l'extérieur sont des attachements qui bloquent l'énergie à commencer par la sienne propre).

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Re: Lorsque l'on déplace sa responsabilité à l'extérieur de soi

Message par Hermann le Ven 11 Nov 2011 - 18:18

maïna a écrit:Je rebondis sur le post de Chrysoprase à propos d'avoir un avis, et de ce qu'Hermann a soulevé à propos de la mauvaise foi, pour parler d'un truc plus général à mon sens qui est le fait dans une discussion, de déplacer sa propre responsabilité à l'extérieur, généralement de la remettre en partie à la personne avec qui on discute.
Je me demande s'il ne s'agit pas plutôt de donner son pouvoir à l'autre, plutôt que lui faire endosser sa responsabilité... Ou les deux peut-être.

maïna a écrit:Cela se passe lorsque l'on se met à agir non plus dans le centrage et la confiance en soi, et connecté à l'intérieur de soi, mais dans une projection vers l'extérieur, une demande même implicite, une attitude qui est dictée par un besoin dont nous n'avons pas forcément conscience, et que nous demandons à l'autre de combler.
Oui, c'est bien sûr vrai.
Le manque de confiance en soi, d'estime de soi, les doutes (qui peuvent être fortement ravivés ou même déclenchés par l'attitude trop confiante, déstabilisante ou écrasante de l'autre, et sa mauvaise foi) conduisent à chercher l'approbation de l'autre, alors qu'en effet dans l'absolu ça ne sert à rien.
Un désir de reconnaissance qui découle du manque de reconnaissance de la part des parents.

maïna a écrit:Cela se passe dès que l'on agit ou parle dans le but, même inconscient, que l'autre fasse ou dise ceci ou cela, c'est à dire que l'on cherche à amener l'autre à une certaine action ou parole, dans un but personnel.
Ça me semble excessif.
Par exemple, dans le cas de figure que j'ai cité dans l'autre topic, je ne trouve pas que signaler à l'autre qu'il se contredit, parce qu'il vient de dire l'inverse quelques minutes avant (même s'il répond "je n'ai jamais dit ça"), ce soit le manipuler et chercher à exercer un pouvoir sur lui pour en tirer un profit.

maïna a écrit:Ca peut être par exemple qu'une personne a dit quelque chose qui nous blesse, ce qu'elle émet nous blesse, mais comme nous avons du mal à reconnaître que nous sommes blessé et à l'assumer, nous demandons explicitement ou implicitement à l'autre de reconnaître qu'il nous a blessé, afin que nous-même puissions l'accepter.
Un peu comme dire implcitement à l'autre "dis, j'avais bien raison d'être blessé, pas vrai ? "
Oui, c'est vrai, on fait tous ça.
Mais de toute façon, difficile de cacher qu'on est blessé, ou de n'être blessé par rien. Même si on ne dit rien, l'autre verra à notre attitude qu'on est blessé. Mais je ne trouve pas que ce soit le manipuler.
On n'a bien sûr pas raison d'être blessé, mais on n'a pas tort non plus, on est juste blessé.

maïna a écrit:Quand on ne le fait pas avec la personne directement, mais qu'on le fait avec d'autres après, des amis par exemple, avec qui on va ressasser l'histoire, disant à quel point cette personne a été blessante, mais sans être dans une reconnaissance entière de sa propre blessure, cela revient au même.
C'est déplacer la responsabilité de reconnaître ce que l'on ressent à l'extérieur de soi, par l'approbation de quelqu'un d'autre.
Ah oui, ça c'est très courant aussi.
Effectivement, plutôt que de dire qu'on a été blessé, ce qui serait un moindre mal (mais ce serait mieux de n'en parler à personne, je suis d'accord, mais c'est très dur), on va plutôt dire que l'autre a été blessant (pour rester poli), donc parler de lui et non de nous, et même pas seulement de son comportement lors de la situation en question mais de lui en général ("il est blessant" et non "il a été blessant").
"C'est déplacer la responsabilité de reconnaître ce que l'on ressent à l'extérieur de soi, par l'approbation de quelqu'un d'autre." : bien dit, oui.

maïna a écrit:Ca peut être aussi comme dans le post initié par Chrysoprase, lorsque l'on n'arrive pas à affirmer son avis, à l'assumer pleinement, et que l'on se place dans la discussion dans une position où finalement c'est le fait que l'autre soit d'accord qui va nous autoriser à assumer ce qu'on pense.
Oui, pour ma part je connais bien ce désir d'être rassuré dans ses convictions, ses ressentis, approuvé, ce besoin de confirmation, qui n'a pas lieu d'être, mais dont je n'ai vraiment conscience que depuis peu.

maïna a écrit:Je crois que l'important quand ça survient c'est surtout d'en prendre conscience et de revenir en soi le plus possible pour recommencer à s'exprimer depuis soi, et libérer l'autre de ses attentes et demandes implicites, afin de se libérer aussi soi-même (car les attentes qu'on porte à l'extérieur sont des attachements qui bloquent l'énergie à commencer par la sienne propre).
Merci pour ces conseils judicieux. sunny
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Re: Lorsque l'on déplace sa responsabilité à l'extérieur de soi

Message par Sophie le Ven 11 Nov 2011 - 18:51

Je me demande s'il ne s'agit pas plutôt de donner son pouvoir à l'autre, plutôt que lui faire endosser sa responsabilité... Ou les deux peut-être.

Pour moi les deux sont liés.
Notre pouvoir personnel est lié à la responsabilité que nous prenons ou pas de nos actes.

Ça me semble excessif.
Par exemple, dans le cas de figure que j'ai cité dans l'autre topic, je ne trouve pas que signaler à l'autre qu'il se contredit, parce qu'il vient de dire l'inverse quelques minutes avant (même s'il répond "je n'ai jamais dit ça"), ce soit le manipuler et chercher à exercer un pouvoir sur lui pour en tirer un profit.

Le signaler non, c'est une simple information dans la discussion.
Mais si l'on s'obstine, qu'on entre en conflit avec l'autre pour qu'il reconnaisse son tort etc... là ça peut basculer dans la "prise de pouvoir".
Ceci étant cette expression peut en effet sembler excessive, il faut pas non plus prendre ça comme un truc extrême, il y a des toutes petites prises de pouvoir, comme des très grandes.
Je traduis ça avec des mots parce que c'est ce que nous avons pour communiquer, mais pour moi c'est un mouvement énergétique, comme un "lien" ou une corde énergétique, qui tient l'autre, et soi-même avec.

Même si on ne dit rien, l'autre verra à notre attitude qu'on est blessé. Mais je ne trouve pas que ce soit le manipuler.

Ben je pense qu'il vaut toujours mieux être clair de toute façon.
Dire à l'autre "je me sens blessé", c'est pleinement prendre sa responsabilité et donc ne pas laisser planer de mystère ou de doute qui peut générer de la supposition ou de l'interprétation.

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Re: Lorsque l'on déplace sa responsabilité à l'extérieur de soi

Message par Hermann le Ven 11 Nov 2011 - 19:03

maïna a écrit:
Même si on ne dit rien, l'autre verra à notre attitude qu'on est blessé. Mais je ne trouve pas que ce soit le manipuler.

Ben je pense qu'il vaut toujours mieux être clair de toute façon.
Dire à l'autre "je me sens blessé", c'est pleinement prendre sa responsabilité et donc ne pas laisser planer de mystère ou de doute qui peut générer de la supposition ou de l'interprétation.

Oui, on est d'accord alors, j'avais dû mal comprendre où tu voulais en venir.
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