Le symbolisme du christianisme naissant et ses détournements religieux

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Le symbolisme du christianisme naissant et ses détournements religieux

Message par Cobra-de-jade le Jeu 4 Oct 2012 - 13:03

Au début de notre ère : Le symbolisme du christianisme naissant

De récentes découvertes archéologiques confirment l’importance des sources iconographiques hébraïque, grecque et égyptienne dans la symbolique judéo-chrétienne des trois premiers siècles.

L’iconographie symbolique judéo-chrétienne des trois premiers siècles se caractérise par la présence d’une source hébraïque à côté de thèmes plus vraisemblablement grecs et égyptiens. Ces thèmes permettent de rendre compte de conceptions courantes à l’époque, qui furent ensuite remaniées ou occultées car elles ne s’accordaient pas avec la nouvelle orthodoxie imposée au 4ème siècle par l’église catholique dont le dogme religieux soutenait la gestion d’état de l’empereur romain. Parmi les symboles grecs, on peut citer, dès le premier siècle, Hermes, le messager des dieux devenu le Bon Pasteur, et le poisson ( ichtus en grec ), symbole commun à la culture grecque et à la tradition biblique. Viennent ensuite les thèmes de la vigne et de l’arbre de vie ( symbole de l’incorruptibilité des corps ressuscités ), de la fête des Tabernacles ( symbole de la gloire des élus ), de la barque ( immortalité ), de l’eau vive ( l’Esprit sanctifiant ), de la charrue et de la croix ( ensemencement divin ), de l’étoile et du zodiaque ( avènement d’une lumière rédemptrice de tous les destins ). Parmi les altérations que ces symboles subirent, ce fut la croix qui subit la transformation la plus brutale : de croix lumineuse, elle devint croix de souffrance, quand, légalisant une pratique déjà présente dans certaines églises, le concile de Quinsexte ( en 692 ) ordonna d’y clouer des christs mortifiés, renversant ainsi totalement le message initial.



Développement

Jaillissant d’un jeu de miroir entre des thèmes grecs, égyptiens et hébraïques, les symboles du christianisme originel révèlent la connaissance d’un processus de transformation spirituel mettant en œuvre une influence supra cosmique et une structure communautaire propice à sa réception selon les ressources intérieures propres à tout être humain.
De récentes découvertes archéologiques iconographiques confirment l’importance des thèmes de source hébraïque dans la symbolique judéo-chrétienne des trois premiers siècles.

Parmi ces symboles, on peut citer :

La vigne et l’arbre de vie, sont des symboles fréquents dans le judaïsme contemporain des premiers chrétiens, mais c’est dans les manuscrits de la Mer Morte qu’on trouve la documentation la plus riche. Les justes sont comparés à des arbres de vie qui poussent près d’un fleuve. Dans la liturgie mandéenne, le baptême comprend la plantation d’une branche de saule dans le Jourdain. Le thème du Christ comme Arbre de Vie est fréquent, l’arbre désignant aussi l’âme et la croix, indiquant que dans le christianisme originel, la croix est avant tout l’arbre de vie dont le fruit est incorruptible, renvoyant au texte de Paul sur l’incorruptibilité du corps des ressuscités. Le thème du cep et des sarments est une variante du rejeton d’Isaïe. La communauté des justes d’abord comparée à une plantation, le fut ensuite progressivement à la Vigne.

La fête des Tabernacles, qui donna naissance au motif de la transfiguration ; la fête des Tabernacles était une fête des lumières. Les tabernacles, ou huttes de la paix, symbolisaient la protection divine dans le désert, mais préfiguraient aussi les Sukkot ( tentes en hébreux ) dans lesquelles les justes vivraient dans le nouveau monde. C’est dans ce sens que le symbole sera repris par les premiers chrétiens. Les tabernacles éternels sont l’habitation des justes dans le ciel, mais il faut les voir aussi comme les corps de gloire des ressuscités. De même, l’existence de couronnes de feuillages est attestée, dans les rites des Tabernacles, et dans les premiers rites baptismaux. Ces couronnes sont le symbole d’un nouveau corps de lumière qui se constitue. L’ascension d’Isaïe, un apocryphe du premier siècle, donne la couronne, associée au vêtement pur, comme symbole de la gloire des élus.

La nef salvatrice. L’église proto-catholique utilisait l’image du navire pour se désigner dés le 3ème siècle. Certes, le navire semble plus faire partie des motifs grecs qu’hébreux. Toutefois, il est bon de rappeler que les enseignements égyptiens considéraient l’arche comme un symbole d’immortalité et que l’arche de Noë s’inscrit aussi dans cette thématique. De récents travaux ont montré que le symbolisme cruciforme de la mâture, permettait aux premiers chrétiens d’associer le bois de la croix à celui de l’arche, comme moyen d’échapper à la mer des illusions de ce monde. L’ancre marine était aussi vue comme une représentation stylisée d’un navire et avait la même signification de sauvetage.

L’eau vive et les poissons. Jean est le premier auteur chez qui le rite judéo-chrétien du baptême d’eau et la mention de l’eau-vive comme Esprit-Saint sont explicitement liés, mais ce double thème est aussi présent dans les Odes de Salomon et dans les textes mandéens. On le trouve associé au temple dont jaillit l’eau vive qui fait pousser les plants que sont les justes. Comme les arbres de vie, le poisson est le vivant, le vivifié par l’eau vive sortie du temple céleste. L’eau vive, comme le Jourdain, symbolise l’effusion de l’esprit sanctifiant, guérisseur de la condition mortelle souvent représentée par un désert, que l’eau-vive jaillisse du flanc du Christ sur la croix de la vie, ou du rocher avec Moïse, ou du Temple de la Jérusalem céleste.

La charrue. Fréquemment illustrée dans les fresques archaïques, la charrue évoque le sarclage des mauvaises herbes et le nouvel ensemencement. Ce thème sera repris par les valentiniens. Là encore, la forme de la charrue, en sus de son usage, incite à l’interpréter comme symbole de la croix. A noter que ce n’est qu’à partir du concile de Quintexte ( 692 ) que fut ajouté une victime expiatoire sur la croix, renversant le sens symbolique de vie glorieuse en celui d’un bois du supplice. Et que ce n’est qu’à partir du 8ème siècle que cette représentation fut imposée dans les églises, non sans polémiques d’ailleurs.
L’Etoile. Un passage de l’Apocalypse XXII, 16 ( Moi Jésus [...], je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin ) montre que l’étoile était associé au motif du jour se levant. Elle représente l’avènement du Christ comme la destruction de la domination des étoiles zodiacales, des « éons ». Plus prosaïquement, elle fut aussi le symbole de la lutte d’influence entre l’enseignement sotériologique des Esséniens, nouvellement arrivés en Syrie, et les pratiques magiques des devins iraniens qui avaient pignon sur rue.

Le Zodiaque apostolique. On retrouve dans Clément d’Alexandrie cette mention : « Les Apôtres ont été substitués aux douze signes du zodiaque ». Le Zodiaque symbolisait déjà les douze éons dans les enseignements gnostiques, mais aussi l’institution hébraïque des douze Patriarches. Les douze Apôtres deviennent ainsi le nouveau zodiaque, rassemblés par le treizième éon, Christ, l’Etoile du Matin, témoignant de l’accomplissement même des symboles anciens, et de la chute des influences fatidiques. En ce sens, ils sont aussi les douze branches de l’Arbre de la Vie, qui s’épanouit dans l’eau-vive de l’Esprit-Saint.

Mais la symbolique la plus répandue était empruntée à la tradition grecque :
Le Bon Pasteur évoque la parabole de la brebis égarée et renvoie aussi à cette parole : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ». L’agneau qu’il porte sur ses épaules est aussi un symbole du christ nouveau-né, c’est l’agneau mystique de la vision de Jean. Le pasteur est représenté comme possédant la jeunesse éternelle ; la mort est absente de ces représentations. On trouve aussi ce berger, peint sous des traits très simples, tel un pédagogue ou un philosophe antique, assis en train de lire un parchemin, ou enseignant à des disciples une loi qui est la Révélation même.

Pour résumer les enjeux

Trop humaine, l’image du pasteur, pédagogue et philosophe, risquait d’encourager les conceptions décrétées hérétiques. Une fois l’empire romain devenu chrétien, la figure du christ s’est développée en relation étroite avec les modèles politiques impériaux. Jésus fut d’abord considéré, non plus comme un modèle, mais comme un personnage historique ; puis fut représenté en orateur antique, en chef des armées, avec une tenue de soldat, et même en empereur romain. Le jeune pasteur, imberbe, blond comme Hermès et enseignant, a laissé la place à ce qui deviendra en orient le christ Pantocrator, représenté avec une barbe et des cheveux longs. L’église grecque exploitera le gigantisme et la hauteur des coupoles pour signifier la souveraineté de son christ. En occident, au contraire, c’est l’image d’un christ souffrant qui finit par s’imposer. La nef cessera d’évoquer l’assemblée des ressuscités pour ne signifier que l’institution ecclésiale catholique ; le processus de transfiguration des douze éons zodiacaux par le principe de lumière christique, devient le douloureux chemin de croix en douze étapes d’un homme allant à l’agonie. La charrue et la fête des Tabernacles disparurent du paysage symbolique, l’arbre de vie fut transformé en croix de supplice. Plus rien ne restait du symbolisme des premiers chrétiens qui évoquait un chemin d’avènement du messie intérieur.

Bien à vous Rose


Dernière édition par Cobra-de-jade le Jeu 4 Oct 2012 - 21:34, édité 1 fois
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Re: Le symbolisme du christianisme naissant et ses détournements religieux

Message par tijani le Jeu 4 Oct 2012 - 15:05

quels sont les sources de ce texte ? pour qu'on puisse y répondre ..

Merci
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Re: Le symbolisme du christianisme naissant et ses détournements religieux

Message par Cobra-de-jade le Jeu 4 Oct 2012 - 15:11

Oups, j'ai oublié d'y joindre le lien source.... un oubli de ma part

http://www.rose-croix-d-or.org/td1-symbolisme-christianisme.htm

J'ai déjà retrouvé les mêmes idées dans d'autres ouvrages ici et là mais sur ce lien, je trouve que la synthèse était plutôt bien faite.

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Re: Le symbolisme du christianisme naissant et ses détournements religieux

Message par tijani le Jeu 4 Oct 2012 - 20:48

cobra de jade , je ne comprends pas pourquoi tu ajoutes " et ses détournement religieux " au titre de l'article cela préfigure d''un avis sur lequel que tu ne veux pas en dire plus ? Question
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Re: Le symbolisme du christianisme naissant et ses détournements religieux

Message par Cobra-de-jade le Jeu 4 Oct 2012 - 20:56

cela reflète simplement le contenu de l'article et non uniquement mon avis personnel.
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