Le bouddhisme quatre à quatre

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Le bouddhisme quatre à quatre

Message par Le_Chat le Ven 1 Fév 2013 - 18:15

Cet article a été écrit par Farel dans mon forum qui n'est plus actif.

Le bouddhisme quatre à quatre


Comme souvent dans la culture extrême-orientale, le bouddhisme utilise des chiffres pour désigner des idées de base. Et dans ces chiffres, le nombre quatre revient très fréquemment. C’est ainsi qu’il y a les « Quatre pensées fondamentales », les « Quatre incommensurables » et au tout premier chef, les « Quatre noble vérités », sur lesquelles je vais donner plus d’explications

Au VI° siècle avant J. C., dans le nord de l’Inde, Siddharta Gautama, fils d’un petit roi, quitte le palais de son père, où il avait jusqu’alors mené une existence à l’abri de tout besoin et chagrin. Ce jeune prince a décidé de partir vivre en ascète, pour comprendre le pourquoi de la souffrance. Au bout de sept ans de pratique méditative intensive, il atteint l’Eveil ou Nirvana, c’est-à-dire l’au-delà de la souffrance. Il sera désormais appelé bouddha (= l’éveillé parfait).
Puis, il décide de faire profiter les autres de son expérience. Mais, se pose à lui le problème de l’incompréhension qu’il risquait de rencontrer ou « comment expliquer un monde en couleurs à des gens qui ne voient qu’en noir et blanc », comme dit lama Puntso.
C’est pourquoi le bouddha Shakiamouni choisit un enseignement progressif, dont le premier stade, ce qu’on appelle « Le premier tour de roue du Dharma (=enseignement) », est constitué par les « Quatre nobles vérités », le premier des enseignements qu’il donna au Parc des gazelles à Bénarès.
La première vérité est celle de la souffrance
La seconde est celle de l’origine de la souffrance
La troisième est celle de l’extinction de la souffrance
La quatrième est celle du chemin vers de l’extinction de la souffrance

1) La souffrance
« O moines, tout est souffrance », a dit le bouddha Shakiamouni. On distingue traditionnellement au moins trois formes de souffrance. Premièrement ce qui est appelé la souffrance de la souffrance, c’est-à-dire la douleur physique ou psychique ; principalement à la suite de certains évènements : naissance, maladie, mort. Deuxièmement, la souffrance du changement, plus psychologique, due à la fugacité des choses des choses agréables; rien n’est durable, tout change et évolue en permanence et nous ne nous adaptons pas à ce changement. Troisièmement, la souffrance de toute existence conditionnée, le samsara qui est la façon dont notre esprit conçoit la vie : nous sommes constamment à la recherche d’un mieux ou d’un plus ou d’un encore, bref nous vivons dans l’insatisfaction continuelle.

2) L’origine de la souffrance
Très schématiquement, les différentes formes de souffrances sont due à l’illusion dans laquelle baigne notre esprit : la croyance à l’existence d’un « moi » individuel séparé des autres êtres. Cette illusion donne dans notre esprit des « émotions perturbatrices » dont les principales sont au nombre de six : l’ignorance (le fait de ne pas comprendre que nous sommes dans l’illusion), l’orgueil, la colère, le désir-attachement, la jalousie, l’avarice. Ces émotions amènent à commettre des actes nuisibles pour autrui. Il y a d’abords les trois actes liés au corps : tuer, voler, se livrer à l’inconduite sexuelle. Puis les quatre actes liés à la parole : mentir, tisser des intrigues, tenir des propos blessants, répandre des commérages. Enfin les trois actes liés à l’esprit : envier, avoir des intentions malveillantes et avoir des vues fausses sur la nature de l’esprit. Ces dix actes nuisibles vont augmenter notre karma négatif. Le karma est le résultat dans notre esprit de cette illusion d’un « moi » individuel. Le karma est ainsi une sorte de concrétisation et de mémoire des actes négatifs, ce qui conditionne notre esprit, un peu comme un programme d’ordinateur en constante modification.

3) L’extinction de la souffrance
Par son exemple, le bouddha Shakiamouni a montré qu’il est possible de mettre fin à la souffrance. Pour cela, il faut voir « le vrai visage de l’existence », c’est-à-dire les raisons pour lesquelles notre esprit est dans le samsara, car nous sommes dans l’illusion d’un « moi » individuel. La pratique ou absorption méditative permet cette extinction de la souffrance car elle amène à comprendre la véritable nature du samsara et du nirvana.

4) Le chemin vers de l’extinction de la souffrance
On l’appelle traditionnellement la voie, ou « octuple sentier », car on lui reconnaît huit aspects ou perfections. 1) La vue parfaite, ou réaliser les choses telles qu’elles sont. 2) La compréhension parfaite, il n’y a plus ni doute ni interrogation. 3) La parole parfaite, ou comportement parfaitement éveillé. 4) Le parfait épurement du karma, ou élimination des conséquences des actes négatifs. 5) La conduite parfaite, par suite de la précédente perfection, il n’y a plus d’actes négatifs. 6) L’effort parfait, ou énergie nécessaire pour atteindre l’Eveil. 7) La conscience parfaite, ou pleine conscience. Cool La méditation parfaite, qui permet d’arriver à ce résultat.

Voici, très schématiquement exposé, ce que sont les Quatre Nobles Vérités. Mais attention : Il ne s’agit pas toutefois de vérités à accepter de façon dogmatique, au contraire elles doivent être l’objet d’une réflexion personnelle. La démarche préconisée par le Bouddha se décompose en trois phases : il s’agit d’abords de prendre conscience de la vérité elle-même, puis de comprendre son sens profond, enfin de l’avoir assimilé. (Deshayes, Laurent, Lexique du bouddhisme tibétain, p.134). Le bouddha Shakiamouni a également dit « Ne croyez pas ce que je vous dis parce que c’est moi qui vous le dit, mais parce que vous l’aurez expérimenté »


Si vous voulez approfondir le sujet, des lectures à recommander : Chögyam Trungpa, La certitude de la voie, se libérer de la souffrance, Seuil, 2011., ou Yongey Mingyour rinpotché, Bonheur de la sagesse, Les Liens qui Libèrent, 2010.
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par air le Ven 1 Fév 2013 - 20:54

Merci Le Chat ! Rose
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par tijani le Sam 2 Fév 2013 - 7:01

limpide comme de l'eau de roche , simple a comprendre , et combien libérant , sans fioriture ; ni de logorrhées mystiques , accessible a tous ; y a qu'a appliquer et constater ...
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par Le_Chat le Sam 2 Fév 2013 - 8:20

air a écrit:Merci Le Chat ! Rose
De rien c'est surtout Farel qu'il faut remercier, c'est lui qui l'a écrit.
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par air le Sam 2 Fév 2013 - 17:06

Alors merci à Farel (qu'on n'a pas vu depuis un petit moment il me semble) de l'avoir écrit, et merci à toi de l'avoir posté !
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Sam 2 Fév 2013 - 22:36

et dire que le bouddha hésita à délivrer son enseignement...:

Ariyapariyesana Sutta.
La noble recherche.
D'après la traduction du Pali à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.


"Alors il me vint à l'esprit que, 'Ce Dhamma que j'ai atteint est profond, dur à voir, dur à réaliser, paisible, raffiné, au-delà de l'objectif de la conjecture, subtil, dont il faut que les sages en fassent l'expérience. [3] Mais cette génération se régale de l'attachement, est excitée par l'attachement, profite de l'attachement. Pour une génération qui se complaît dans l'attachement, qui est excitée par l'attachement, qui profite de l'attachement, cette conditionnalité et coproduction conditionnée sont dures à voir. Cet état, lui aussi, est dur à voir: la résolution de toutes fabrications, l'abandon de toutes acquisitions, la fin de l'envie insatiable; la dépassion; la cessation; la Libération. Et si je devais enseigner le Dhamma et que les autres ne me comprenaient pas, cela me serait fatiguant et générateur de problèmes pour moi.'

'Il suffit. Je n'ai pas à enseigner
ce que
seulement avec difficulté
j'atteignis.
Ce Dhamma n'est pas aisément réalisé
par ceux qui sont emportés
par l'aversion et la passion.

Ce qui est abstrus, subtil,
profond,
dur à voir,
qui va contre le courant --
ceux qui se complaisent dans la passion,
enveloppés dans la masse de l'obscurité,
ne le verront pas.'

"A réfléchir ainsi, mon esprit était enclin à rester tranquille, et pas à enseigner le Dhamma.
"



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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par Farel le Dim 3 Fév 2013 - 4:30

Merci à tous.
Pour l'instant, je vais déclarer, comme Mac Arthur : "je reviendrai"
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Mer 13 Fév 2013 - 11:58

le non soi par bouddha


"Ainsi ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux séjour¬nait parmi les Kuros, dans une bourgade des Kurus nom¬mée Kammasadamma, au pays des Kuros.

En ce temps-là, un jour, l’Āyasmanta Ānanda s’appro¬cha du Bienheureux. S’étant approché, il lui rendit hommage et s’assit à l’écart sur un côté. S’étant assis à l’écart sur un côté, il dit: «C’est merveilleux, Bienheureux, c’est merveilleux. Cette coproduction conditionnée est très pro¬fonde et s’avère une doctrine profonde. Cependant pOUr moi, elle est très claire, aussi claire que possible. »

« Le Bienheureux dit: “Ne dites pas ainsi, ô Ānanda, ne dites pas ainsi. La coproduction conditionnée est très profonde et s’avère une doctrine profonde. C’est juste¬ment à cause de l’inconnaissance de cette coproduction conditionnée, sans une connaissance pénétrante de cette doctrine, que l’existence des êtres individuels devient embrouillée comme un écheveau emmêlé, bourré de pustules, comme un mélange de deux types d ‘herbes tres¬sées dites ‘mummuja’ et ‘bubbuja’. C’est à cause de cette incompréhension qu’ils n’échappent pas à des situations infernales, à des états inférieurs, à des situations malheu¬reuses et à ce cycle de transmigration.”

« Ô Ānanda, si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il y ait la vieillesse et la mort ?”, ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “La naissance (jāti) est la raison de la vieillesse et de la mort.”

« Si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il y ait la naissance ?”, ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “Le processus du devenir (bhava) est la raison particulière de la naissance.”

« Si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il y ait le processus du deve¬nir?”, ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “L’appropriation (upādāna) est la raison particulière du processus du devenir.”

« Si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il y ait l’appropriation ?”, ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “La ’soif’ (tanhā) est la raison particulière de l’appropriation. “

«Si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il ait la ’soif’ ?”, ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “La sen¬sation (vedanā) est la raison particulière de la ’soif’.”

« Si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il y-ait la sensation ?”, ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “Le contact (phassa) est la raison particulière de la sensation.”

«Si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il ait le contact?” ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “Les phénomènes mentaux et physiques (nāma-rūpa) sont la raison particulière du contact.”

« Si quelqu’un vous pose cette question: “Y a-t-il une raison particulière pour qu’il y ait les phénomènes mentaux et physiques ?”, ô Ānanda, vous pouvez lui répondre “oui” et vous pouvez lui dire: “La conscience (viññāna) est la rai¬son particulière des phénomènes mentaux et physiques.”

« De cette façon, ô Ānanda, les phénomènes mentaux et physiques sont la raison de la conscience; la conscience est la raison des phénomènes mentaux et physiques ; les phénomènes mentaux et physiques sont la raison du contact; le contact est la raison de la sensation; la sensa¬tion est la raison de la “soif’; la “soif’ est la raison de l’appropriation; l’appropriation est la raison du processus du devenir; le processus du devenir est la raison de la nais¬sance; la naissance est la raison de la vieillesse et de la mort. Ainsi, se produisent les lamentations, les peines, le chagrin, les afflictions et les malaises. Telle est, ô Ānanda, l’apparition de tout ce monceau de *dukkha.

« J’ai dit, ô Ānanda, que la naissance est la raison de la vieillesse et de la mort. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas de naissance, quelle qu’en soit la sorte, quelle qu’en soit la qualité, quel qu’en soit l’indi¬vidu, quels qu’en soient les niveaux, c’est-à-dire comme dieux, gandhabbas, yakkahs, petas, êtres humains, ani¬maux, oiseaux, insectes - s’il n’y a pas de naissance de l’individu parmi lesdits groupes d’êtres vivants -, y aura¬-t-il un quelconque signe de vieillesse ou de mort?

Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement,l’origine et l’apparition de la vieillesse et de la mort, ce n’est autre que la naissance. En outre, j’ai dit, ô Ānanda, que le processus du devenir est la raison de la naissance. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas de processus du devenir quelle qu’en soit la sorte, quelle qu’en soit la qualité, quel que soit l’individu, quels qu’en soient les niveaux, c’est-à-dire, dans le domaine des désirs sensuels, ou dans le domaine des formes subtiles, ou dans le domaine de sans formes - s’il n’y a pas un processus du devenir de l’individu dans ces divers domaines -, y a-t il une naissance?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine et l’apparition de la naissance, ce n’est autre que le processus du devenir. En outre, j’ai dit, ô Ānanda, que l’appropriation est la raison du processus du devenir. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n y a pas une appropriation quelle qu’en soit la sorte, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, c’est-à-dire l’ appro¬priation des plaisirs sensuels, l’appropriation des diverses opinions, l’appropriation des préceptes et des pratiques rituelles, l’appropriation de la fausse idée du “Je “- s’iln’y a pas une appropration quelconque -, y Ānanda-t-il un processus du devenir?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine et l’apparition du processus du devenir, ce n’est autre que l’appropriation. En outre, j’ai dit, ô Ānanda, que la “soif’ est la raison de l’appropriation. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas de “soif ” quelle qu’en soit la sorte, quelle qu’en soit la qualité, pour une chose, c’est-à-dire la “soif’ pour les formes matérielles, pour les sons, pour les odeurs, pour les saveurs, pour les choses tangibles et pour les idées - s’il n’y a pas de “soif’ de ces choses -, y a-t-il l’appropriation ?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine et l’apparition de l’appropriation, ce n’est autre que la “soif “. En outre, j’ai dit que la sensation est la rai¬son de la “soif’. Voici comment cet énoncé doit être com¬pris: s’il n’y a pas de sensation quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, sur nulle chose, c’est-à-dire sur les sensations produites par la conscience visuelle, par la conscience auditive, par la conscience olfactive, par la conscience gustative, par la conscience tactile ou par la conscience mentale (par l’imagination) - s’il n’y a nulle sensation et s’il y a cessation de la sensation -, y a-t-il une “soif ” ?

- Certainement non, Bienheureux.

Ô Ānanda la base, le fondement, l’origine et l’appari¬tion de la “soif “, c’est la sensation. Lorsqu’il y a la sensa¬tion se produit la “soif’, lorsqu’il y a la “soif’ se produit le besoin de chercher; lorsqu’il y a le besoin de chercher se produit le gain; lorsqu’il y a le gain se produit le désir passionné [concernant ce gain] ; lorsqu’il y a l e désir passionné [concernant le gain] se produit l’attachement; lorsqu’il y a l’attachement se produit une possession; lorsqu’il y a la possession se produit la jalousie; lorsqu’il y a la jalousie se produit un besoin de protéger; lorsqu’il y a le besoin de pro¬téger se produit un besoin de porter des bâtons, de porter des armes, des querelles, des disputes, des calomnies et des mensonges et bien d’autres choses mauvaises et ineffi¬caces. J’ai dit qu’en raison du besoin de protéger se pro-duisent des attaques, des blessures, des querelles et bien d’autres choses mauvaises et inefficaces. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas un besoin de pro¬téger une chose ou une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’y a nulle chose à pro¬téger, à cause de la cessation de ce besoin de protéger, se produit-il bien d’autres choses mauvaises et inefficaces?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement,l’origine, l’apparition des attaques, des querelles, des dis¬putes, des calomnies et des mensonges et de bien d’autres choses mauvaises et inefficaces, c’est le besoin de proté¬ger. En outre, j’ai dit que le besoin de protéger se produit lorsqu’il y a la jalousie (maccariya). Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas de jalousie à pro¬pos d’une chose ou d’une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’y a nulle chose pour avoir une envie, à cause de la cessation de cette jalousie, se produit-il un besoin de protéger?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine, l’apparition du besoin de protéger, c’est la jalou¬sie. En outre, j’ai dit que la jalousie se produit lorsqu’il y a une possession (pariggaha). Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas possession d’une chose ou d’une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’y a nulle possession, à cause de la ces-sation de cette possession, se produit-il une jalousie?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, Ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine, l’apparition de la jalousie, c’est la possession. En outre, j’ai dit que la possession se produit lorsqu’il y a un désir passionné (Ānanda-rāga). Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas un désir passionné d’une chose ou d’une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’y a nul attachement, à cause de la cessation de ce désir passionné, se produit-il une pos¬session?

Certainement non, Bienheureux.

Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine, l’apparition de la possession, ce sont la volonté et l’attachement. En outre, j’ai dit que la volonté et l’atta¬chement se produisent lorsqu’il y a un désir passionné concernant le gain. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas un désir passionné concernant le gain pour une chose ou une autre, quelle qu’en soit la qua¬lité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’y a nul attache¬ment, à cause de la cessation de ce désir passionné concer¬nant le gain, se produit-il un attachement?

Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine, l’apparition de l’attachement, c’est le désir pas¬sionné concernant le gain. En outre, j’ai dit que le désir passionné concernant le gain se produit lorsqu’il y a un jugement. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas de jugement d’une chose ou d’une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’ y a nul gain, à cause de la cessation de ce gain, se pro¬duit-il un désir passionné concernant le gain ?

Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement,l’origine, l’apparition du désir passionné, c’est le jugement. En outre, j’ai dit que le jugement se produit lorsqu’il y a un intérêt (lābhō). Voici comment cet énoncé doit être com¬pris: S’il n’y a pas d’intérêt pour une chose ou pour une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la caté¬gorie, s’il n’y a nul intérêt, à cause de la cessation de cet intérêt, se produit-il un jugement?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement l’origine, l’apparition du jugement, c’est l’intérêt. En outre’ j’ai dit que l’intérêt se produit lorsqu’il y a un besoin d’e~ chercher un. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n ‘y a pas le besoin de chercher un intérêt, pour une chose ou pour une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’y a nul besoin de chercher, à cause de la cessation de ce besoin de chercher, se produit¬-il le gain?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine, l’apparition du gain, c’est le besoin de chercher. En outre, j’ai dit que le besoin de chercher se produit à cause de la “soif’. Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas de “soif’ d’une chose ou d’une autre, quelle qu’en soit sa qualité, quelle qu’en soit la caté-gorie, s’il n’y a nulle “soif’, c’est-à-dire ni la “soif’ pour les plaisirs sensuels, ni la “soif’ de l’existence, ni la “soif’ de non-existence, à cause de cette cessation de toute “soif’, se produit-il le besoin de chercher?

Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine, l’apparition du besoin de chercher, c’est la “soif’.

- Ainsi, ô Ānanda, ces deux aspects de la “soif’ ont les deux aspects de la sensation en tant que leur unique refuge. J’ai dit que la sensation est conditionnée par le contact (phassa). Voici comment cet énoncé doit être compris: s’il n’y a pas de contact d’une chose ou d’une autre, quelle qu’en soit la qualité, quelle qu’en soit la catégorie, s’il n’y a nul contact entre l’organe sensuel et les objets sensuels, à savoir vue, odeur, saveur, toucher et imagination, et à cause de la cessation de ce contact, se produit-il une sensation?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ainsi, ô Ānanda, sachez que la base, le fondement, l’origine, l’apparition de la sensation, c’est le contact. En outre, j’ai dit que le contact est conditionné par les phéno¬mènes mentaux et physiques. Voici comment cet énoncé doit être compris: ô Ānanda, en l’absence des formes, des marques, des signes et des indications par lesquels des phé¬nomènes mentaux et physiques sont décrits, pourrait-il se manifester un contact désigné dans le corpus des phéno¬mènes physiques?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ô Ānanda, en l’absence des formes, des marques, des signes et des indications par lesquels des phénomènes men¬taux et physiques sont décrits, pourrait-il se manifester un contact résistant dans le corpus des phénomènes mentaux?

- Certainement non, Bienheureux.

- Ô Ānanda, en l’absence des formes, des marques, des signes et des indications par lesquels le corpus des phéno¬mènes mentaux et le corpus des phénomènes physiques sont décrits, pourrait-il se manifester un contact désigné ou bien un contact résistant?

- Certainement non, Bienheureux.

- Alors, ô Ānanda, en l’absence de ces formes, de ces marques, de ces signes et de ces indications par lesquels le corpus des phénomènes mentaux et le corpus des phéno¬mènes physiques sont décrits, pourrait-il se manifester le contact?

Certainement non, Bienheureux.

- C’est justement, ô Ānanda, pourquoi les phénomènes mentaux et physiques constituent la raison, l’origine, l’ appa¬rition et la condition du contact. En outre, j’ai dit que lors¬qu’il y a la conscience se produisent les phénomènes mentaux et physiques. Voici, ô Ānanda, comment cet énoncé doit être compris: si la conscience ne fonctionne pas dans l’uté¬rus maternel, les phénomènes mentaux et physiques pour¬raient-ils se manifester dans l’utérus maternel?

Certainement non, Bienheureux.

- Si la conscience qui fonctionne dans l’utérus mater¬nel ne se développe pas vers les phénomènes mentaux et physiques, la naissance de cet être vivant pourrait-elle se produire?

- Certainement non, Bienheureux.

- Si la conscience ne se développe pas, pourrait-il se produire un progrès, un développement, une évolution des phénomènes mentaux et physiques chez ce jeune garçon ou cette jeune fille?

- Certainement non, Bienheureux.

- C’est justement, ô Ānanda, pourquoi la conscience constitue la raison, l’origine, l’apparition et la condition des phénomènes mentaux et physiques. En outre, j’ai dit que la conscience est conditionnée par les phénomènes mentaux et physiques. Voici comment cet énoncé doit être compris: si la conscience n’est pas fondée sur les phénomènes mentaux et physiques, l’émergence de la naissance, de la vieillesse, de la mort et du chagrin se manifeste-t-elle?

- Certainement non, Bienheureux.

«C’est justement, ô Ānanda, pourquoi la conscience constitue la raison, l’origine, l’apparition et la condition des phénomènes mentaux et physiques. Aussi longtemps que la conscience constitue la raison, l’origine, l’appari¬tion et la condition des phénomènes mentaux et physiques, ô Ānanda, on arrive à renaître, à vieillir, à mourir, à quitter [cette vie] et encore à devenir. Aussi longtemps la conscience constitue la raison, l’origine, l’apparition et la condition des phénomènes mentaux et physiques, aussi longtemps seulement il y a un processus de description , il y a un processus d’explication, il y a un processus de dési¬gnation, et il existe une sphère de compréhension, et il existe l’acte de tourner et de retourner. Pour faire connaître tout cela, disons qu’il existe un fonctionnement interdé¬pendant entre la conscience et les phénomènes mentaux.

« Celui qui soutient une théorie du Soi, ô Ānanda, com¬ment la soutient-il? Celui qui soutient un Soi limité dans ses formes matérielles soutient: “les formes matérielles constituent mon Soi limité”. Celui qui soutient un Soi illi¬mité dans ses formes matérielles, indique: “Les formes matérielles constituent mon Soi illimité.” Celui qui sou¬tient un Soi sans forme et limité, indique : “Mon Soi est sans forme matérielle et il est limité.” Celui qui soutient un Soi sans forme et illimité indique: “Mon Soi est sans forme et illimité.”

«Dans ce cas, ô Ānanda, celui qui soutient la théorie d’un Soi limité dans la forme matérielle limitée, fait réfé¬rence soit à cette vie, soit à une vie future et l’idée lui vient: “Le Soi étant ainsi, je serai réuni à Untel.” Ceci dit, il n’est pas injuste de dire qu’il soutient une opinion erronée telle que: “Le Soi a une forme matérielle et il a une limite.”

« En ce qui concerne celui qui soutient la théorie: “Un Soi illimité dans la forme matérielle illimitée”, il fait réfé¬rence soit à cette vie, soit à une vie future et l’idée lui vient: “Le Soi étant ainsi je serai réuni à Untel.” Ceci dit, il n’est pas injuste de dire qu’il soutient une opinion erronée telle que: “Le Soi a une forme matérielle et il est illimité.”

« En ce qui concerne celui qui soutient la théorie: “Un Soi limité sans forme matérielle”, il fait référence soit à cette vie, soit à une vie future et l’idée lui vient: “Le Soi étant ainsi je serai réuni à Untel.” Ceci dit, il n’est pas injuste de dire qu’il soutient une opinion erronée telle que: “Le Soi est limité et il est sans forme matérielle.”

« En ce qui concerne celui qui soutient la théorie: “Un Soi illlimité sans forme matérielle”, il fait référence soit à cette vie, soit à une vie future et l’idée lui vient: “Le Soi étant ainsi je serai réuni à Untel.” Ceci dit, il n’est pas injuste de dire qu’il soutient une opinion erronée telle que: “Le Soi est illimité et il est sans forme matérielle.”

«C’est de ces manières, ô Ānanda, qu’on soutient la théorie de Soi.

« Alors, ô Ānanda, quelles sont les manières de ne plus soutenir une théorie du Soi? Celui qui ne soutient pas une opinion telle que: “Mon Soi a une forme matérielle limi¬tée”, ou “mon Soi a une forme matérielle illimitée”, ou “mon Soi est sans forme matérielle limitée”, ou “mon Soi est sans forme matérielle illimitée”.

« En ce qui concerne celui qui ne soutient pas la théo¬rie d’un Soi limité possédant une forme matérielle, il ne fait référence ni à cette vie, ni à une vie future et l’idée ne lui vient pas: “Le Soi étant ainsi je serai réuni à Untel” Ceci dit, il n’est pas injuste de dire qu’il ne soutient pas une opinion erronée telle que: “Le Soi a une limite et il a une forme matérielle.”

« En ce qui concerne celui qui ne soutient pas la théo¬rie d’un Soi illimité possédant une forme matérielle, il ne fait référence ni à cette vie, ni à une vie future et l’idée ne lui vient pas: “Le Soi étant ainsi je serai réuni à UnteL” Ceci dit, il n’est pas injuste de dire qu’il ne soutient pas une opinion erronée telle que: “Le Soi est illimité et il a une forme matérielle.”

« En ce qui concerne celui qui ne soutient pas la théo¬rie d’un Soi limité et sans forme matérielle, il ne fait réfé¬rence ni à cette vie, ni à une vie future et l’idée ne lui vient pas: “Le Soi étant ainsi je serai reuni à Untel”. Ceci dit, il n’est pas injuste de dire qu’il ne soutient pas une opinion erronée telle que: “Le Soi est limité et il est sans forme matérielle. “

« En ce qui concerne celui qui ne soutient pas la théo¬rie d’un Soi illimité et sans forme matérielle, il ne fait réfé¬rence ni à cette vie, ni à une vie future et l’idée ne vient pas chez lui: “Le Soi étant ainsi je serai réuni à UnteL” Ceci dit, il est inutile de répéter qu’il ne soutient pas une opinion erronée telle que: “Le Soi est illimité et il est sans forme matérielle.” C’est de ces manières, ô Ānanda, qu’on ne soutient pas la théorie de Soi.

«Ô Ānanda, lorsque quelqu’un voit qu’il y a un Soi, il le voit dans quoi? Celui qui voit le Soi dans la sensation dit: “Mon Soi est la sensation”, ou il contredit: “Mon Soi n’est pas la sensation, mon Soi est insensible”, ou bien il dit: “La sensation n’est pas mon Soi et mon Soi n’est pas non plus insensible”, ou bien: “Mon Soi éprouve la sensation et il a la faculté de sentir.” C’est dans cet élément, ô Ānanda, qu’on voit un Soi, lorsque l’on voit qu’il y a un Soi.

«Ô Ānanda, lorsque quelqu’un prétend: “Mon Soi est la sensation”, il faut lui demander: “Ami, il y a trois espèces de sensations: les sensations agréables, les sensa¬tions désagréables et les sensations ni agréables ni désa¬gréables. Alors identifiez-vous votre Soi avec une sensa¬tion agréable ou bien avec une sensation désagréable ou avec une sensation ni agréable ni désagréable ?”

« Ô Ānanda, lorsqu’on sent une sensation agréable, à ce moment-là, on ne peut ressentir une sensation désa¬gréable ni neutre. On sent uniquement une sensation agréable. Lorsqu’on sent une sensation désagréable, à ce moment-là, on ne peut ressentir une sensation agréable ni neutre. On sent uniquement une sensation désagréable. Lorsqu’on sent une sensation neutre, à ce moment-là, on ne peut ressentir ni une sensation agréable ni une sensation désagréable. On sent uniquement une sensation neutre.

«En outre, ô Ānanda, la sensation, même si elle est agréable, est impermanente, elle une chose conditionnée, c’est une production conditionnée, elle a la nature de chan¬ger, elle a la nature de diminuer, elle a la nature de se sépa¬rer, elle a la nature de cesser d’exister. De même la sensa¬tion, même si elle est désagréable, est impermanente, elle est une chose conditionnée, elle est une production condition-née, elle a la nature de changer, elle a la nature de diminuer, elle a la nature de se séparer, elle a la nature de cesser d’exister. De même, la sensation, même si elle est neutre, est impermanente, elle est une chose conditionnée, elle est une production conditionnée, elle a la nature de changer, elle a la nature de diminuer, elle a la nature de se séparer, elle la nature de cesser d’exister. Si l’on pense: “Cela est mon Soi” à propos d’une sensation agréable, alors lorsque cette sen¬sation s’est estompée, on doit penser: “Mon Soi est parti.” Si l’on pense: “Cela est mon Soi” à propos d’une sensation désagréable, alors lorsque cette sensation s’est estompée, on doit penser: “Mon Soi est parti.” Si l’on pense: “Cela est mon Soi” à propos d’une sensation neutre, alors lorsque cette sensation est estompée, on doit penser: “Mon Soi est parti.” Cela veut dire que, ô Ānanda, celui qui considère que son Soi est la sensation croit en une chose qui est dans cette vie, impermanente, assujettie au bonheur et au malheur et qui a une origine et une fin. C’est pourquoi, ô Ānanda, il est impropre de penser: “La sensation est mon Soi.”

«Il est possible qu’on dise: “Non, mon Soi n’a pas de sensation, il n’est pas sensible.” Alors, il faut lui deman¬der: “Ami, lorsqu’il y n’a pas du tout de sensation, peut-¬on dire: ‘Je suis’ ?” La réponse serait: “Non, ô honorable.” C’est pourquoi, ô Ānanda, il est absurde de penser: “Mon Soi n’a pas de sensation, il n’est pas sensible.”

«Il est possible qu’on dise: “La sensation n’est pas mon Soi; mon Soi n’est pas dépourvu de sensation; mon Soi sent; mon Soi a la nature de sentir.” Alors, il faut lui demander: “Ami, lorsque toute sensation a cessé d’exister complètement, par conséquent, il n’y a point de sensation. Alors peut-on dire: ‘Je suis ceci’?” La réponse serait: “Non, ô honorable.” C’est pourquoi, ô Ānanda, il est absurde de penser: “La sensation n’est pas mon Soi; mon Soi n’est pas dépourvu de la sensation; mon Soi sent; mon Soi a la nature de sentir.”

« Lorsqu’un bhikkhu, ô Ānanda, ne considère pas le Soi sous ces divers aspects: “La sensation n’est pas mon Soi; mon Soi n’est pas dépourvu de la sensation; mon Soi sent; mon Soi a la nature de sentir”, alors il est libre de telles opinions et il ne s’attache plus à rien dans ce monde, et il ne tremble pas. Lorsqu’il ne tremble pas, il atteint la ces¬sation complète [des écoulements mentaux toxiques]. lors, il arrive à la compréhension: “Toute naissance nou¬velle est anéantie. La conduite sublime est vécue. Ce qui doit être achevé est achevé; plus rien ne demeure à accomplir.” À propos d’un bhikkhu ainsi libéré, il est absurde de dire qu’il a des opinions telles que: “L’être libéré existe après la mort”, ou “l’être libéré n’existe pas après la mort”, ou “à la fois l’être libéré existe et n’existe pas après la mort”, ou ” l’être libéré n’est ni existant ni non existant près la mort”. Pourquoi? Parce que, ô Ānanda, ce bhikkhu¬ là est libre de toute expression, de tout moyen d’expression, de tout moyen d’explication, de tout système d’explicat¬ion, de toute désignation, de tout système de désignation, de toute connaissance, de tout domaine de connaissance, de tout cycle de renaissances, et de toute durée que l’on doit traverser, car il les a bien compris. […]

« Il existe, ô Ānanda, sept domaines et deux Sphères où la conscience peut être installée. Quels sont les sept pre¬miers ? Il y a des êtres dont les corps physiques sont diffé¬rents et les conceptions différentes, savoir les êtres humains, certains dieux et les êtres dans les états malheu¬reux. Ceci est le premier domaine où la conscience peut être installée.

« Il y a, ô Ānanda, des êtres dont les corps physiques sont différents, mais dont les conceptions ne sont pas dif¬férentes, à savoir les dieux du monde des brahmas nommé Brahmakayika, qui y sont nés à la suite de la pratique du premier jhāna. Ceci est le deuxième domaine où la conscience peut être installée.

« Il y a, ô Ānanda, des êtres dont les corps physiques ne sont pas différents, mais dont les conceptions sont diffé¬rentes, à savoir les dieux du monde des brahmas nommé Ābhassarā. Ceci est le troisième domaine où la conscience peut être installée.

¬

« Il y a, ô Ānanda, des êtres dont les corps physiques ne sont pas différents, et les conceptions ne sont pas différentes, à savoir les dieux du monde des brahmas nommé Subhakina. Ceci est le quatrième domaine où la conscience peut être installée.

« Il y a, ô Ānanda, des êtres qui, ayant dépassé toutes les conceptions concernant les formes matérielles, en ayant fini avec les conceptions concernant les réactions des sens, ayant tourné le dos à toutes sortes de conceptions concernant la multiplicité et conscients seulement de l’idée “l’espace est infini”, demeurent dans la Sphère de l’espace infini. Ceci est le cinquième domaine où la conscience peut être installée.

« Il y a, ô Ānanda, des êtres qui, ayant dépassé complè¬tement la Sphère de l’espace infini, étant conscients seule¬ment de l’idée “la conscience est infinie”, demeurent dans la Sphère de la conscience infinie. Ceci est le sixième domaine où la conscience peut être installée.

« Il y a, ô Ānanda, des êtres qui, ayant dépassé complè¬tement la Sphère de la conscience infinie, conscients seu¬lement de l’idée “il n’y a rien”, demeurent dans la Sphère du Néant. Ceci est le septième domaine où la conscience peut être installée.

« Quant aux deux Sphères, la première est la Sphère sans perception et la deuxième est la Sphère sans percep¬tion ni non-perception.

«Ô Ānanda, concernant le premier domaine où la conscience peut être installée et où il y a des êtres dont les corps physiques sont différents et les conceptions diffé-rentes, c’est-à-dire les êtres humains, certains dieux et les êtres dans les états malheureux, pensez-vous que celui qui voit quel est ce domaine, quelle est l’apparition (samu¬daya) de ce domaine, quelle est sa cessation (nirodha), quelle est la jouissance de ce domaine, quels sont ses désa¬vantages et comment on peut s’évader de ce domaine, doit se réjouir de ce domaine?

- Certainement non, Bienheureux.

(La même question est posée en ce qui concerne les six autres domaines et les deux Sphères. L’Ayasmanta Ānanda donne la même réponse. Puis la discussion continue.)

-

” Ô Ānanda, concernant ces sept domaines où la conscience peut être installée et concernant les deux Sphères, pensez-vous que celui qui voit ce que sont ces domaines et ces Sphères selon la réalité, ce qu’est l’appari¬tion (samudaya) de ces domaines et de ces Sphères, ce qu’est la cessation (nirodha) de ces domaines et de ces Sphères, ce qu’est la jouissance de ces domaines et de ces Sphères, ce que sont les désavantages de ces domaines et de ces Sphères, et comment on peut s’évader de ces domaines et de ces Sphères, alors doit-il se réjouir de ces domaines?

*

Certainement non, Bienheureux.
*

*

Cependant, ô Ānanda, lorsqu’un bhikkhu les a compris selon la réalité tels qu’ils sont, quelle est l’apparition de ces domaines et de ces Sphères, quelle est la cessation de ces domaines et de ces Sphères, quelle est la jouissance de ces domaines et de ces Sphères, quels sont les désavantages de ces domaines et de ces Sphères, et comment on peut s’éva¬der de ces domaines et de ces Sphères, ce bhikkhu-là, Ānanda éliminé l’appropriation, devient libre, est appelé, ô Ānanda, “quelqu’un qui est libéré par la haute sagesse” .
*

« En outre, ô Ānanda, il y a huit types de dissociation

par rapport aux entraves. Quels sont-ils?

« Étant dans un état jhanique lié au monde des formes, on voit les formes [bleu, jaune, etc.]. C’est la première dis¬sociation.

« Étant dans un état jhanique lié au monde des non-¬formes intérieures, on voit les formes extérieures. Ānanda, c’est la deuxième dissociation.

« En voyant [par les yeux jhaniques] les images men¬tales pures.: on s’incline vers elles en se disant quelle beauté! 0 Ānanda, c’est la troisième dissociation.

« Ayant complètement dépassé la notion de formes, Par suite de la disparition des notions de réaction, par suite de l’absence d’attention prêtée aux notions relevant de la diversité, on arrive à l’idée “l’espace est infini”, et l’on demeure dans cette Sphère de l’espace infini . Ô Ānanda, c’est la quatrième dissociation.

«Ayant complètement dépassé la Sphère de l’espace infini, on arrive à l’idée “la conscience est infmie” et, Ānanda atteint la Sphère dite “la conscience est infinie”, on demeure dans cette Sphère de la conscience infinie 10. Ô Ānanda, c’est la cinquième dissociation.

«Ayant complètement dépassé la Sphère de la conscience infinie, on arrive à l’idée “tout est vide” et, Ānanda atteint la Sphère dite “tout est vide”, on demeure dans cette Sphère de “tout est vide” . Ô Ānanda, c’est la sixième dissociation.

« Ayant complètement dépassé la Sphère de “tout est vide”, ayant atteint la Sphère sans perception ni non¬-perception, on demeure dans cette Sphère sans percep¬tion ni non-perception . Ô Ānanda, c’est la septième dis¬sociation.

«Ayant complètement dépassé la Sphère sans percep¬tion ni non-perception, ayant atteint la cessation des sen¬sations et des perceptions, on demeure dans la Sphère de la cessation des sensations et des perceptions . 0 Ānanda, c’est la huitième dissociation. Tels sont, ô Ānanda, les huit types de dissociation.

«Lorsque, ô Ānanda, un bhikkhu est capable d’arriver et de demeurer dans ces huit dissociations d’un ordre ascendant et d’un ordre descendant, et aussi à la fois ascen¬dant et descendant, comme il les veut et quand il le veut, il entre et demeure dans ces dissociations, et il sort de ces dissociations, alors il demeure ayant atteint la libération de la pensée et la libération par la haute sagesse, à la suite de la destruction de ses écoulements mentaux toxiques et au moyen de sa propre connaissance surhumaine, à tel point qu’il est en mesure, dans cette vie même, d’entrer et de demeurer dans ces états mentaux purs . 0 Ānanda, ce bhikkhu peut être désigné par l’expression: “Celui qui est libre de deux côtés.” Cela est, ô Ānanda, la plus importante “libération de deux côtés”; il n’y a point d’autre libération de deux parties plus importante ou plus sublime que cette libération. »

Ainsi parla le Bienheureux. L’ Âyasmanta Ānanda, heu¬reux, se réjouit des paroles du Bienheureux.."

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par synthésis le Mer 13 Fév 2013 - 13:17

rirrou a écrit: le non soi par bouddha

...


Pas mal, j'ai finalement ma réponse concernant la notion de "vide" ou de "plein" de la conscience. C'est tout simplement les deux...

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par Hirloe le Mer 13 Fév 2013 - 13:34

Merci beaucoup d'avoir partager ce texte très instructif, Rirrou... sunny Sage
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Mer 13 Fév 2013 - 13:36

en fait synthésis c'est :

vide, non vide, vide et non vide, et pour finir, ni vide ni non vide...

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Mer 13 Fév 2013 - 13:37

Hirloe a écrit:Merci beaucoup d'avoir partager ce texte très instructif, Rirrou... sunny Sage

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par synthésis le Mer 13 Fév 2013 - 13:39

rirrou a écrit:en fait synthésis c'est :

vide, non vide, vide et non vide, et pour finir, ni vide ni non vide...

sunny

Oui, excellent! Sage

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Mer 13 Fév 2013 - 13:43

synthésis a écrit:Oui, excellent! Sage

je me réjouis synthésis... Sage sunny
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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Ven 29 Mar 2013 - 9:20

Réfuter une identité entre feu et combustible réels

"Si le feu était le combustible,
L'agent et l'action ne feraient qu'un.
Si le combustible était identique au feu,
Comment le combustible pourrait-t-il brûler,
Puisqu'il n'y aurait pas de feu autre que le combustible,
Et que le combustible a besoin de feu pour brûler? "


Réfuter une différence entre feu et combustible réels

"Si le feu était en essence autre que le combustible,
Il existerait sans combustible,
Et brûlerait continuellement tout en ne brûlant rien!
Il serait allumé sans cause, n'aurait aucun commencement,
Et sa préparation serait inutile.


Si le feu était autre que le combustible,
Alors il n'y aurait ni feu, ni combustible!
Comment existerait-il un feu sans combustible?
Comment le combustible brûlerait-il sans feu?"


Réfuter une dépendance entre feu et combustible réels

"Si le feu dépend du combustible,
Et le combustible dépend du feu,
Qui vient en premier?


Si le feu dépendait du combustible, on aurait un double feu:
Le feu dépendant du combustible
Et le feu dont le combustible dépend,
Ou alors on trouverait quelque chose qui brûlerait sans feu!


Si ce sur quoi une chose dépend
Est elle-même dépendante de cette chose,
Alors qu'est-ce qui dépend réellement de quoi?


Comment une chose réelle pourrait-elle être établie
En dépendance avant que son existence soit établie?
Comment une chose réelle pourrait-elle être établie
En dépendance après que son existence ait été établie?


Un feu dépendant du combustible n'existe pas en soi,
Pas plus qu'un feu indépendant du combustible.
Un combustible dépendant du feu n'existe pas en soi,
Pas plus qu'un combustible indépendant du feu."


Autre raisonnement

"L'analyse du mouvement accompli, inaccompli et en cours
S'applique au combustible:
Ce qui a déjà brûlé ne brûle pas;
Ce qui n'a pas encore brûlé non plus;
En dehors de ce qui a brûlé et ce qui n'a pas encore brûlé,
On ne trouve rien qui soit en train de brûler."


Conclusion

"Le feu n'est ni le combustible, ni autre que le combustible,
Le feu ne possède pas le combustible.
Le combustible ne se trouve pas dans le feu,
Et le feu ne se trouve pas dans le combustible.


Par l'examen du feu et du combustible,
On explique le soi et les agrégats,
Le pot et l'argile, le vêtement et le tissu, etc...


Quelle source de confusion que de concevoir
Une identité ou une différence
Vis-à-vis du soi et des phénomènes!"

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par Greenman le Lun 1 Avr 2013 - 21:37

Superbe Rirrou, quel passage !! Very Happy I love you

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Mar 2 Avr 2013 - 7:14

Greenman a écrit:quel passage !!

oui c'est clair! sunny

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Mar 2 Avr 2013 - 7:23

selon l'ornement des sutras :

"sachez que hors l'esprit, rien n'existe
et que l'esprit lui même n'existe pas.
sages, comprenez cette double irréalité
et reposez vous dans la dimension absolue de la non-dualité
"

maître Vasubandhu commente:

"comprenant que l'on ne peut rien apréhender d'autre que des représentations mentales, on réalise que l'esprit n'existe pas - car, sans réalité objective, il n'est pas de sujet qui apréhende quoi que ce soit. connaissant cette non dualité, on s'établit dans la dimension absolue, omniprésente, dépourvue de sujet et d'objet. Telle est la réalisation directe de la dimension absolue."

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Dim 7 Avr 2013 - 14:10

RAYONS DE LUNE

la coémergence des pensées

" la perception de la vacuité comme étant indisociable du mouvement des pensées, lui même inséparable de la vacuité, constitue la perception de la nature coémergente de la pensée. il est impossible de séparer l'eau des vagues, de même les pensées sont indissociables de leur nature vide."

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par ananie le Dim 7 Avr 2013 - 14:54

rirrou a écrit:" la perception de la vacuité comme étant indisociable du mouvement des pensées, lui même inséparable de la vacuité, constitue la perception de la nature coémergente de la pensée. il est impossible de séparer l'eau des vagues, de même les pensées sont indissociables de leur nature vide."
D'où l'intérêt dans la méditation bouddhiste de ne pas chercher à arrêter les pensées, car la vacuité n'est pas un vide de pensées, mais elle est en toutes choses, y compris dans la pensée.

La vacuité est en toute forme, et il n'est pas de vacuité là où il n'y a pas de forme.

Certains enseignements bouddhistes présentent les pensées et émotions qui se présentent dans la méditation comme du bois qui vient alimenter le feu de la vacuité.

"Grands méditants, vous souhaitez un état sans pensées, mais il n'est pas possible de les faire cesser. C'est de là que viennent toutes vos difficultés, grands méditants. Eh bien, de même que plus vous aurez de combustible et plus grand sera le feu, plus vous aurez de pensées et plus s'accroîtra la Sagesse Primordiale non-duelle. Demeurez fermement dans la contemplation des cinq poisons et des pensées, tels qu'ils sont, sans rien nier ni établir, sans rien fabriquer. Ceci est la Conscience Primordiale même, esprit de tous les Bouddhas des trois temps. L'Eveil que nous n'arrivons pas à reconnaître est cela et vraiment cela. Il n'existe aucun Eveil autre que cela même. " (Gampopa).

Source :
http://www.jutier.net/contenu/guendu12.htm
(La page source est une vraie mine d'or !)

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par Farenda le Dim 7 Avr 2013 - 18:56

Qui voit la ronde incessante des cinq khandas ou la ronde incessante de la co-production conditionnée voit la vacuité d'être propre. Non?

Les branches, le bois, le feu, les cendres c'est la même ronde.

Hola


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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par ananie le Dim 7 Avr 2013 - 21:09

Farenda a écrit:Qui voit la ronde incessante des cinq khandas ou la ronde incessante de la co-production conditionnée voit la vacuité d'être propre. Non?
Peut-être. Mais pour ma part je ne saurais pas répondre à cette question, parce que cela dépasse ma compréhension et mon expérience.

En tous cas, dans le bouddhisme tibétain, celui qui voit la vacuité est un boddhisattva. Il est délivré définitivement de l'égo et de toutes les émotions perturbatrices (attachement, orgueil, jalousie, colère, ignorance), toutes ses pensées, paroles et actions sont mues par la compassion et il ne désire plus rien pour lui même.
La joie et la souffrance sont pour lui félicité.

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par Farenda le Lun 8 Avr 2013 - 1:12

Ton humilité t'honore autant que mes aboiements me ridiculisent! jocolor

Mais la souffrance et la joie ont une même saveur...

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par ananie le Lun 8 Avr 2013 - 15:33

Je ne pense pas être humble... Embarassed


J'ai divisé la partie sur bouddhisme et christianisme pour la placer ici :
http://www.forumspirituel.fr/t273-bouddhisme-et-christianisme

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Re: Le bouddhisme quatre à quatre

Message par rirrou le Mar 9 Avr 2013 - 12:29

RAYON DE LUNE

l'esprit

l'esprit humain, habitué à sa perception de la réalité, panique dès qu'il découvre que les atributs conceptuels et les points d'appui auxquels il se raccroche, n'existent pas réellement.
le fait que l'esprit se plaise à percevoir des caractéristiques, l'attache aux concepts d'être et de non être, de "vide" et de "non vide", en engeandrant les souffrances du monde transitoire...



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